‹ Les Seigneurs de MunoChapitre 6 sur 15 · EE LES · texte numérisé non relu

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lequel ils établissaient un droit d'aubaine et de main-morte et plusieurs autres choses préjudictables aux habitants. Ceux-ci s’en plaignirent par requête au duc de Bouillon et au procureur général du parlement de Metz, qu'ils croyaient intéressé dans l'affaire, à cause des redevances que Muno payait au domaine du roi, à Sedan et à Mouzon.

Le 24 octobre 1730, le procureur général de la cour souveraine de Bouillon obtint, sur sa requête, une ordonnance portant injonction à la justice de Muno de remettre, dans les trois jours, au greffe de la cour les pièces des procès faits aux frères Seignorel. Le 2 décembre, la veuve de Thomas, tant en son nom que comme mére et tutrice de Jacques, Antoine et Olivier Seignorel, tous trois soldats dans le régiment de Champagne (1), et d’Anne Seignorel, fille mineure, appela en

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la même cour de la sentence rendue contre son mari, le 18 février

précédent. Mais Malmédi avait pris ses précautions. Immédiatement après l'exécution des deux frères, il s'était emparé de toutes les pièces de la procédure et avait mis ainsi la justice de Muno dans l’impossibilité de satisfaire à la réquisition de la cour. Ces pièces, à la mort de Malmédi, furent récueillies par les jésuites (2).

Voulant faire diversion aux poursuites intentées à Bouillon. le recteur de Liége s’adressa d’abord au duc en lui demandant un sursis, pendant lequel il lui serait possible de réunir les pièces et documents nécessaires pour établir ses droits. Il alléguait, dans cette requête, signée Adrien Lochtenbergh et portant la date de mai 1751, que la terre de Muno, ayant été jadis contestée entre le roi catholique, due de Luxembourg, et le prince de Liége, duc de Bouillon, ces deux puissances en avaient remis la haute juridiction, disputée, au recteur de Liége, seigneur de Muno; « qu'il lui était done impossible de s’assu- « Jettir à l’une sans encourir l’indignation de l’autre. » A cette lettre était joint un long mémoire écrit, dans lequel, confondant la souve-

() Ils avaient été réduits, dit la requête, à se faire soldats, après la mort de leur père, n'ayant plus d’autres ressources.

(?) Les pièces enlevées par Malmédi sont, évidemment, les interrogatoires el les dépositions qui n'ont pas été retrouvés, et qu'il ne faut pas confondre avec les registres du coffre de justice, pris par le P. Golenvaux, en mars 4734.

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