‹ Les Seigneurs de MunoChapitre 9 sur 15 · LE RUE · texte numérisé non relu

LE RUE

Lors de la reprise des négociations tant de fois interrompues entre la France et les Pays-Bas, pour lè règlement des limites, le due de Bouillon se présenta, comme il l'avait fait dans toutes les occasions semblables, et réelama la protection de la France contre les démembrements que son duché avait soufferts de la part du Luxembourg. Par l’art. 30 du traité du 16 mai 1769, la France abandonnait au gouvernement des Pays-Bas, ses prétentions sur Muno; mais, dans une déclaration en date du même jour et annexée au traité, le roi promettait d'intervenir par ses bons offices dans l’arrangement amiable que le due de Bouillon désirait de faire avec la cour de Vienne pour le règlement des frontières du duché.

Une longue suite de négociations s’ouvrit alors entre le duc et le gouvernement de Bruxelles. Celui-ci parut d’abord assez disposé à restituer Muno, en échange de quoi le duc offrait d'abandonner ses réclamations sur Saint-Hubert, Bertrix, etc. Mais bientôt la suppression de la société de Jésus fit changer ces bonnes dispositions. Le gouvernement avait confisqué les biens de l'ordre, et ce n'était plus un stérile droit de haute souveraineté qu'il fallait abandonner, c'était une propriété territoriale considérable.

Malgré les protestations du due, la vente de Muno fut annoncée pour le 20 août 1782. Mais le prix offert de 550,000 livres, porté au procès-verbal d’adjudication, n’ayant pas paru suffisant, la vente ne fut pas ratifiée (*). Le duc profita de ce sursis pour faire de nouvelles et inutiles démarches, tant à Bruxelles qu’à la cour de Versailles.

Ici s'arrêtent les documents que M. Ozeray a bien voulu mettre à notre disposition, avec une obligeance extrême et dont nous ne saurions assez le remercier.

Les archives de l'État, à Bruxelles et à Arlon, ne contiennent rien,

() Elle re l'était, du moins, pas en mai 1783.

à ce qu'il parait, concernant la vente du prieuré et de ses vastes domaines. On s’est, en vain, adressé à l’administration communale de Muno pour savoir quand? en faveur de qui? et à quel prix ? cette aliénation avait eu lieu. Ces questions, si faciles à résoudre pour une administration locale, sont restées sans réponse.

Tous ceux qui s'occupent d’investigations de ce genre ont pu remarquer que c’est, toujours, sur les époques récentes que l'on obtient des renseignements avec le plus de difficulté. Mais, aussi, comment persuader à des hommes d'affaires, à des gens positifs que de semblables questions n’ont d'autre motif qu'une curiosité désintéressée ; qu'il n’y a pas, là-dessous, quelque procès en herbe? Je gage qu'on s'imagine, à Muno, que je ne suis rien moins qu’un jésuite déguisé qui vient revendiquer la seigneurie et tracasser les propriétaires actuels — gens honorables et électeurs — dans leur possession paisible.

On

OUVRAGES ET DOCUMENTS CONSULTÉS POUR LA RÉDACTION DE LA | NOTICE SUR MUNO.

91 mai 1615. — Instructions et documens servans à l’esclaircissement des droitz de S. Altese et son chapitre de Liége. Ensemble des priviléges et libertez appartenantes aux communautéz de Muno et Bouillon et S-ries, juridictions, boys et forestz de Muno. (Volume manuscrit contenant 112 feuillets.)

47 et 25 février 1730. — Sentences rendues contre Thomas et Philippe Seignorel.

19 août 1750. — Avis d'avocats sur l'opposition formée par les habitants de Muno contre l’édit publié de la part des jésuites.

4 octobre 1750. — Arrêt de la cour souveraine de Bouillon, ordonnant à la justice de Muno de remettre, dans les trois jours, au greffe de cour, les procès des Seignorel.

26 octobre 1730. Garantie donnée par Malmédi aux juges des Seignorel.

2 décembre 1750. — Requête de la veuve Thomas Seignorel, à la cour souveraine de Bouillon.

6 décembre 1730. — Appel de la veuve de Thomas Seignorel, signifié au sieur Malmédi et autres.

Mai 1751. — Requête, avec un long mémoire y annexé, présentée par le recteur des jésuites de Liége, à Son Altesse Sérénissime le duc de Bouillon. — Réponse de la cour aux faits allégués dans le mémoire.

Janvier 1734. — Pièces relatives à l’enlèvement des registres de la commune de Muno, par le R. P. Golenvaux. Enquête ouverte à ce sujet.

17 février 4734. — Ordonnance du duc de Bouillon relative à ses droits * sur Muno.

96 mars 1734. — Protestation du R. P. de Wallers, recteur de Liége,

contre la citation à lui faite de comparoir par-devant la cour de Bouillon.

28 juin 4734. — Protestation du même, contre tout ce qui pourrait être fait de contraire à ses droits.

28 juin 4734.— Protestation du même, contre une ordonnance de la cour, en date du 25 mai précédent,

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