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III. — Façades et statues licencieuses

Certains monuments publics ou privés sont décorés d’académies, dépourvues de morgue académique, qui excitent la curiosité des uns et choquent la pudeur des autres; nous ne nous occuperons que de ceux qui ont quelque rapport, de voisinage ou autre, avec les ecclésiastiques ou les édifices religieux.

1° Statue de Colleoni. — A Venise (1), au seuil même de l’église San-Giovanni-el-Paolo, place de l’Hôpital-Civil, s’élève la statue équestre de Bartholomeo Coglioni ou Colléoni, de Bergame (fîg. 60), célèbre condottière, devenu général de la République ; modelée par André del Verrocchio, dont elle est la dernière œuvre, elle fut coulée en bronze par Al. Leopardo, qui en a exécuté aussi la remarquable base. C’est la première statue et ce fut longtemps la seule qu’on vit à Venise. Sur une face du haut et étroit piédestal de marbre sont gravées des armes parlantes (fig. 61), « malgré leur indécence, dit Lalande, qui ne permet pas de les nommer actuellement, mais que le nom du héros ne rappelle que trop. » Coglione , qui se prononce Collione, en italien, signifie testicules, génitoires; d’où le vocable vulgaire français coïon ou couillon, dans le sens de lâche, poltron, en contradiction avec son origine (2).

(1) Saint Jean-Baptiste, l’un des personnages du carillon extérieur de Saint-Marc, est couvert d’une peau de mouton, ou plutôt d’agneau, qui lui descend au nombril, de sorte qu’il montre ce que la toison devrait cacher (fig. 59 bis).

(2) Nous ne manquons pas non plus en France de célébrités qui portent un nom analogue et n’en ont jamais rougi. Couillard Antoine, sieur du Pavillon, littérateur français (né près de Lorris, mort en 1575) était un homme d’esprit, et un érudit. Il tenait à son vilain nom, « qu’il aurait bien dû changer », dit La Monnoye, car non content de le porter, il le prit pour devise : On t'a ci rendu loyal, anagramme d'Antoine Couillard.

Le chirurgien Joseph Couillard, et non Covillard, né à Montélimar, où il exerça, pendant la première moitié du xvne siècle, avait un nom prédestiné, car sa spécialité était la taille, qu'il pratiquait souvent avec succès.

Citons encore le général Lanusse, tué à Aboukir, et son homonyme, aumônier de l’École de Saint-Cyr; enfin le cardinal Couillé, actuellement (1906) archevêque de Lyon.

L’évêque de Meaux, Jean de Buz, avait aussi des armes parlantes : des ciseaux en sautoir, sur un champ d’azur, blason qui lui fut attribué, par ses héritiers, après sa mort, en témoignage de son supplice et de sa honte. Bassompierre en explique ainsi l’origine à Catherine de Médicis, lors de sa visite au château de Villemareuil, habité par cet évêque :

Cet évêque fréqueutoit un certain monastère qui esta trois lieues d’ici ou environ. Lesparensde la dame qu’il y voyoit, ayant averti ledit sieur de n’y plus aller, sinon qu’on lui feroit un très mauvais parti,

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Connaissant la parcimonie de la « Reine de l’Adriatique », il fit lui-même les frais de son monument, avant sa mort (1475); ce fut

l’une des premières statues que l’Italie éleva à ses grands hommes.

Anatole France fait allusion à cette particularité archéologique dans Y Orme du Mail :

1 ayant rencontré un jour entre Signv et Signet, qui en revenoit, le prirent, et le faisant descendre de dessus son mulet (car c’étoit là l’équipage de cet évêque); ils lui firent l’opération avec des forces , et le remirent sur son mulet, de façon qu’il vint mourir à Yillemareuil.

Cet évêque périt donc victime de l’opération imaginée par un autre épiscope, Fulbert, à l’intention d’Abeilard; juste retour des choses d’ici-bas !

... La maison, connue sous le nom de maison de la reine Marguerite, avait été bâtie pour un notable bourgeois, nommé Philippe Tricouillard. Les archéologues de la ville qui conduisent les curieux devant ce logis, leur montrent volontiers, en saisissant le moment où les dames sont inattentives, les armes parlantes de Philippe Tricouillard, sculptées sur un écu, porté par deux anges. Ces armoieries que M. Terremondre a judicieusement rapprochées de celles desColeoni, de Bergame, sont figurées sur le corbeau qui se trouve au-dessus de la porte d’entrée, sous le linteau de gauche. Les figures en sont peu distinctes, et reconnaissables seulement pour ceux qui sont avertis.

Amelot de la Houssaie s’inscrit en faux contre la légende des « armes parlantes » symboliques, que nous avons relevées, à Venise, et qui existent encore, quoique un peu atténuées par le temps (fig. 61) .

Bartolo di Bergamo, Barthélemy, de Bergame, devenu général des Vénitiens, se donna le nom de Capoléone , et prit, pour armoiries, une tête de lion et, pour devise, ce mot : Faciès hominis faciès leonis : nom, armes et devise qui convenaient très bien à son courage. Le vulgaire toujours sujet à estropier ou à corrompre les noms propres, surtout quand ils sont nouveaux, Tappellait et l’appelle encore à Venise Coléone. Il est enterré dans le Dôme de Bergame et son palais sert de prétoire et d’arsenal à cette ville.

Amelot, à notre avis, erre, et la première version, conforme à la tradition et à l’éloquence des armes sculptées dans le marbre, nous paraît plus conforme à la vraisemblance.

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2° Palais Castiglioni. — Sur le corso Venezia, à Milan, deux statues du palais Castiglioni, symbolisaient dans un déshabillé audacieux, en pile et en face, le Repos et la Paix domestique. « Bref, raconte J. Grand-Carteret, dans Rire et Galanterie , qui nous a emprunté et à qui nous empruntons beaucoup, les protestations populaires

Fig. 63. — D’après la vignette de YUomo cli Pietra, de Milan, 23 mai 1903.

furent telles que ces deux sculptures, payées 11 000 francs, durent être retirées de la porte du palais. D’où les deux images de Y Uomo di Pietra , de Milan (fig. 63, 64). En patois italien du nord, le 16 voulant dire le c..., voici la traduction de la légende de la première gravure :

— C’est vraiment peu le 16! Avec un c... pareil, le 32 serait à peine suffisant !

— Quoi ! le 32 d’Egypte ? à peine le 48 pourrait-il faire l'affaire.

L’architecte italien semble s’être inspiré de ces deux strophes, tirées de Y Ode du propriétaire, de Louis Veuillot :

Sachant combien l’entrée importe. On vient de loin voir ces statues,

J’ai sculpté sur la fausse porte Libres et fièrement vêtues

Deux nymphes en superbe chair. De leurs seuls cheveux, — retroussés.

Par ordre supérieur, les deux demoiselles court vêtues durent quitter la voie publique. ICUomo di Pietra propose ironiquement de les

appliquer sur la façade d’un séminaire voisin (fig. 64), à côté de deux cariatides non moins vêtues, qui en ornent la porte d’entrée ; Tune symboliserait le Paradis , l’autre Y Enfer. « Le Paradis, ce serait, pour rappeler les célèbres comparaisons de Victor Hugo, dans une pièce ultra- légère qui figure en bonne place au Parnasse contemporain, l’« Ogive énorme »; l’Enfer, le « Plein cintre difforme » . Et ce seraient, pour ainsi dire, comme les allégories vivantes de ces deux modes d’architecture gothique. »

3° Hôpital del Ceppo. — A Pistoie, au voisinage de la Madonna del Letto , curieuse église qui possède un lit miraculeux, s’élève Y Ospedale del Ceppo . Ce vieil édifice, construit dans la seconde moi-

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Fig. 65. — Vue opposée à celle de la figure 5, de nos Aneccl. hist. et velig.

où figurent Y Annonciation, la Visitation , etc., tous sujets religieux, dûs au ciseau de Giovanni, Luca et Girolamo délia Robbia.

4° Fontaine ubérale de Nuremberg. — A la porte de la cathédrale de Saint-Laurent s’élève la fontaine en bronze des Vertus, théologales et cardinales, fondue, en 1589, par Benedict Wurzelbauer : six vierges laissent jaillir de leurs seins des filets d'eau ;

tié du xme siècle, porte à ses angles des chimères munies de seins fantastiques, en forme d’obus prêts à éclater (fig. 62) ; à côté, sur la frise, sont des bas-reliefs en terre cuite, représentant les Sept œuvres de la Charité , la Vierge et les Vertus , et au-dessous des médaillons

elles sont dominées par la Justice , perchée près d’une grue, « on ne pouvait choisir, dit un critique sévère, meilleur symbole ». Thémis a de plus, les yeux bandés et les plateaux de sa balance sont pipés, c'est-à-dire percés : le jet du sein gauche tombe dans l’un d’eux, qui laisse échapper le liquide.

5° Hôtels de Valois ou d’Ecoville et de Than. — A Caen, sur la place Saint-Pierre, en face l’église du même nom, l'hotel de Valois, devenu la Bourse actuelle, portait à son faîte un phallus protecteur, le précurseur du goupillon.

En face, au pignon nord de l’hôtel de Than, toujours en vue de l’édifice religieux, une femme accroupie lui tourne le dos et satisfait un besoin naturel, après avoir relevé ses jupes.

6° La statue de Desaix. — Sur la place de Jaude, à Clermont- Ferrand, s’élèvent, aux deux extrémités, l’église Saint-Pierre-des- Minimes et la statue de Desaix, par Nanteuil. L’érection de la statue eut lieu en 1848, et « persiste encore », disent en clignant de l’œil les Gaudissards de passage : le général fait un geste de la main qui, pour les esprits malintentionnés, prête à l’équivoque; son index, vu d’un certain côté, semble un tout autre organe. C’est une des curiosités de la ville, surtout au voisinage d’une église; rien n’est sacré pour les commis- voyageurs.

7° Groupe Carpeaux. — On connaît l’aventure du fameux groupe de la Danse de Carpeaux, devant la façade de l’Opéra (fig. 66) : après avoir soulevé d’ardentes polémiques dans la presse et jusqu’à la tribune de la Chambre, transformée pour la circonstance en chaire d’église, cette œuvre d’art fut l’objet d’une voie défait de la part d’un esprit pudibond et borné. Un vandale, sorti sans doute de l’école de la rue des Postes, jeta, la nuit, une bouteille d’encre, image de son âme, sur la hanche d’une des danseuses. C’est d’ailleurs une coutume essentiellement ultramontaine : quand on veut faire affront à quelqu’un, dans la Ville Eternelle, il suffit de jeter de l’encre contre les parois de sa maison ; ainsi Basile déposa sa signature sur le chef-d’œuvre de Carpeaux !

Les imbéciles ou les tartufes, écrit Félicien Champsaur, dans sa préface de YOrgie latine, qui jetèrent de l’encre sur le groupe des danseuses de Carpeaux, à l’Opéra, étaient des négateurs, des inconscients, je veux

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Fig. 66. — La Danse , de Carpeaux, avec la tache ; d'après la photographie

de E. Appert.

croire, de la Vie elle-même. La Sensualité n’est ni un vice ni un péché; c’est le but vers lequel convergent toutes nos aspirations, nos rêves, nos efforts, et c’est d’Elle que sort, dans l’univers, la perpétuation des espèces et des races.

En 1869, un arrêté ministériel décida, sous la pression des cercles catholiques, que le groupe de Carpeaux serait retiré et remplacé par

un autre moins impudique, commandé à M. Gumery (fîg. 67). La guerre de 1870, dérivatif puissant, et surtout le changement de gouvernement calmèrent les pudeurs alarmées. En 1906, il a été question de placer le fameux groupe au Louvre, où il serait définitivement à l'abri des ravages du temps et des insultes des imbéciles ; mais la veuve du sculpteur, crainte de dégâts irréparables dans le transport, s'y est opposée ; c’est dommage !

8° Grand Hôtel du Palais, à, Poitiers. — Ce fastueux et confortable hôtel, construit sur le modèle des Palaces anglo-américains, portait sur sa façade dix cariatides soutenant le balcon du premier étage. Ces statues étaient des figures féminines ni plus ni moins voilées que la plupart de celles qui ornent les jardins publics et le frontispice des maisons. Or le grand séminaire se trouve aussi dans la rue Boncenne, un peu plus bas que l’hôtel; les abbés en herbe, pour se rendre aux églises, passaient toujours devant ces filles de marbre, sans corset. La rue leur fut interdite par le terrible évêque de Poitiers, Mgr Pie :

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées.

De plus, les autorités religieuses, appuyées par les R. P., firent des

Fig. 67. — Tirée de Parti (Hachette).

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démarches auprès du propriétaire de l’immeuble, pour enlever ou voiler ces statues, mais il leur fut répondu par une fin de non recevoir ; on leur fit seulement la concession de ne pas meubler les quatorze piédestaux du premier étage, toujours veufs de leurs statues ; aussi la façade demeure-t-elle boiteuse. C’est alors que ces représentants du dieu de pitié, ces familiers des Amen , non de l’aménité, mirent l’hôtel à l’index et le résultat de ce veto fut que le propriétaire du fonds de commerce qui, lui, ne pouvait rien, déposa son bilan.

Tant de fiel entre-t-il dans Tâme des dévots!

Bref, le propriétaire de l’immeuble fut obligé de céder et toutes les cariatides incriminées furent remplacées par des portraits-bustes des célébrités du Poitou : Besly, du Fouilloux, de Chasteigner, La Quintinie, de La Porte, Barnabé, Brisson, Scévole de Sainte-Marthe, François Viète, Descartes et Babelais, l’éternel railleur qui gouaille dans son sourire narquois les Poitevins dégénérés. Les exilées impudiques ornent maintenant une petite propriété de Saint-Benoît, près de Poitiers.

Ch. Sauvestre qui attribue cet exploit aux Jésuites, rappelle à ce propos le mot de Quinault l’aîné. Il dînait un jour avec Crébillon et trois pères jésuites ; la conversation tourna en une grave dissertation sur le genre masculin ou féminin du mot amour , d’un vers du Mithridate de Racine (1). Quinault soutenait que le mot est féminin. Les révérends prouvaient, par nombre d’exemples, qu’il était masculin.

Après une discussion à n’en plus finir . — « Allons, messieurs,. » s’écria tout à coup Quinault, « un peu de complaisance. Passons l’amour masculin en faveur de la Société, et qu’il n’en soitpîus question. »

C’est la traduction , en prose, de l’épigramme décochée aux R. P. séculiers, lors de la clôture du collège Louis-le-Grand, au xviiie siècle :

Vous ne savez pas le latin,

Ne criez pas au sacrilège,

Si l’on ferme votre collège,

Car vous mettez au masculin Ce qu’on ne met qu’au féminin.

Est-ce en raison de ce que nous avons appelé le vice a tergo que

(\) Et s’il faut que pour lui Monime prévenue,

Ait pu porter ailleurs une amour qui m’est due.

l’Académie, dans un accès d’éclectisme indépendant, a laissé le choix du genre pour le mol Amour, employé dans le sens d’attraction épidermique des deux sexes?

Le haut clergé de Toulouse et de Narbonne, villes catholiques par excellence, où ont été tenus un grand nombre de conciles, ne s’offusque ni des magnifiques statues accolées aux fenêtres de l’hôtel Las-

Fig. 68. — Hôtel Fig. 69. — Maison dite des Nourrices, à Narbonne,

de Lasbordes, à Toulouse (1515).

bordes, la meilleure œuvre de Bachelier (fig. 68), ni des cinq paires de mamelles monstrueuses de la Maison des nourrices (fig. 69).

9° Controverse entre 1 archiprêtre et le maire de Castelnaudary. — Le lendemain (1) de l’inauguration d’une audacieuse statue de Daphné , dans le costume de nymphe, sur la place de Castelnaudary, i’archiprêtre de la ville vint à passer : il se montra plus papiste que le pape Urbain VIII qui s’était rendu à l’atelier du Bernin pour admirer sa Daphné (fig. 54) ; frappé d’indignation à la vue de ce spectacle profane, il rebroussa chemin, en toute hâte, et rentré

(1) 21 Oct. 1906.

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en son presbytère, il écrivit au maire, le docteur Durand, cette philippique bien sentie :

En dehors et au-dessus de toute question de parti ou d’opinion, je tiens à vous faire parvenir ma protestation contre l’érection, — fi! le vilain mot — - sur une de nos places publiques de la statue de Daphné. Cette statue est un outrage à la pudeur publique.

Vous avez une fille, Monsieur le Maire, et je sais que vous tenez à ce qu’elle demeure pure. Oserez-vous la conduire, aujourd’hui, à l’inauguration de cette statue et, dans la suite, serez-vous bien aise que ses regards puissent la contempler?

Le mal est, hélas! déjà trop répandu dans nos jeunes générations. Ne serait-il pas plus sage de travailler à l’enrayer?

J’accomplis un devoir de ma charge pastorale en vous faisant parvenir cette protestation, et je prie Dieu qu’il ne châtie ni votre famille ni notre cité-, pour un acte qu’il eût été si facile de ne pas poser.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments attristés.

Guilhem, ch. h.

Le. « pauvre homme » admet la nudité provocante de Mme Putiphar, mais non celle de la nymphe païenne qui suit pourtant le vertueux exemple de Joseph !

Notre confrère, interloqué par cette menace du châtiment divin, suspendu sur sa famille, parce qu’on élevait une statue à la fille du fleuve Pénée, s’esclafa de rire, nous voulons le croire, et décocha cette fine ironie au Tartufe Audois :

En vous accusant réception de votre lettre, vous me permettrez de vous dire que je ne la comprends pas.

Il m’a semblé toutefois que vous vous éleviez contre la nudité de la statue : car je ne saurais admettre que vous blâmiez la légende de Daphné qui, pour rester vierge et pure, est transformée en laurier.

La légende écartée, il ne reste guère que la nudité de la statue. Alors je ne comprends pas. J’ai visité beaucoup d’églises et de cathédrales dans mes voyages et vous recommande spécialement les belles sculptures sur bois de Saint-Bertrand de Comminges et de la cathédrale d’Auch. Vous y verrez, Monsieur, des nudités de tous aspects et dans toutes les postures. D’ailleurs vous n’avez qu’à aller au Vatican où vous verrez par centaines des femmes nues de toutes formes, en pierre, en marbre, etc.

Tout est nu sur la terre, hormis l’hypocrisie,

Les tombeaux, les enfants et la divinité

Tous les cœurs vraiment beaux laissent voir leur beauté....

Le Beau, le Vrai, le Bien sont les trois termes qui, lorsque nous les com-

prenons, nous permettent de nous élever jusqu’à la conception de la Divinité.

Veuillez agréer, Monsieur l’archiprêtre, l’expression de mes sentiments distingués.

Docteur J. Durand.

Pour un archiprêtre, voilà un beau pas de clerc !

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