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toutes les mains ; ses manœuvres simplifient la thérapeutique cl la ramènent à des tours de passe-passe vibratoires, Suédois ou autres. Où s’arrêtera le massage? Nouveau Gusman, il ne connaît pas d’obstacle et guérit les deux extrêmes : la maigreur et 1 obésité, l’anémie et la congestion, le nervosisme et 1 apathie, etc. Ne vienton pas de proposer, contre les maladies de la prostate et dos vésicules séminales, le massage de ces organes profonds à l’aide de l’index introduit dans le rectum ? A ce compte, les affections pro-
statiques devaient être inconnues de Sodome, Gomorrhe, Seboïm, Adama, détruites par le feu du ciel ; et Caligula, Henri III, le cvnique duc de Vendôme, ainsi que son astucieux secrétaire Alberoni, e tutti quanti , n’étaient après tout que des masseurs incompris.
Suivant Nattan-Larrier, les femelles des cobayes, quon empêche de manger leur placenta, ont moins de lait que les autres ! Que l’influence de ce « gâteau placentaire » se fasse sentir dans les vingt-quatre heures, en agissant comme un aliment de premier ordre, à la façon d’un bifteck saignant, nous l’accordons, mais croire à son action prolongée, « homme de peu de foi », nous en doutons. Sans conseiller aux femmes la placentophagie directe, M. Bouchacourt préconise, comme galactogène, des pilules d’extrait de placenta de brebis : « Une jeune femme qui, la veille, donnait 40 grammes de lait, assure cet accoucheur, en donne 300 le jour où elle absorbe le médicament ». Bien plus, l’extrait a fait venir du lait à une femme qui n’était point mère. « Demain, sans doute, observe ironiquement M. Henri de Varigny, le savant et spirituel critique scientifique du Temps, il en fera produire aux hommes, lesquels auront par là une carrière à laquelle ils ne s’attendaient guère. » C’est par l’action galactogène du placenta vivant que le même tocologue explique la présence du lait dans les mamelles des nouveau-nés. Nous craignons fort que notre vénérable confrère ne se fasse illusion sur la valeur de sa méthode opothérapique ; il y a beau temps que M. Nicolas Lemery a préconisé l’usage médical — intas et extra — de l’arrière faix des femmes : « On préfère, écrit-il, celui qui vient de la naissance d’un garçon à celui d’une fille. On doit le choisir nouvellement sorti d’une femme saine et vigoureuse, entier et beau. On l’applique tout chaud, sortant de la matrice, sur le visage pour en effacer les lentilles. On s’en sert aussi, intérieurement, étant séché et mis en poudre,
pour l’épilepsie, pour hâter l’accouchement. » La médecine des signatures, fort appréciée autrefois, préconisait ces poudres contre la stérilité ; et, dans l’antiquité même, ne servaient-elles pas à confectionner un philtre d’amour, l’hippomane ? Rien de nouveau sous le soleil.
De nos jours, les nourrices en détresse et crédules adressent une requête, accompagnée d’une offrande, au saint Antoine de Padoue du voisinage qui, on le sait, a la spécialité de faire retrouver les objets perdus, moyennant quoi, les nounous retrouvent leur lait... s’il doit revenir.
Francueil, le premier amant de l’épistolière d’Epinay, assure qu’il n’y a rien de tel que « de courir la poste pour faire passer le lait ». Cependant, au xvme siècle, il était d’étiquette, pour une nouvelle accouchée, de ne pas sortir avant six semaines.
Un préjugé, fort répondu dans le monde où l’on parle à tort et à travers, est de conseiller à une mère qui allaite, quand elle vient de courir, de boire un verre d’eau froide avant de donner le sein. Quel rapport l’eau introduite dans l'estomac peut-elle avoir avec la sécrétion lactée ? L’idée première de cette pratique a dû germer dans la cervelle d’une laitière, habituée à aqualiser son lait, pour le rendre plus léger à la digestion de ses clients.
Mme de Genlis conte qu’un Allemand, du nom de Weiss, avait trouvé la composition d’un spécifique certain pour les laits répandus des femmes en couches. Le succès était d’autant plus assuré que les laits répandus n’existent pas. Et voilà à quoi lient une réputation !
C’est pour tous les Hindous, sans distinction de caste, un article de foi que les louves volent des enfants nouveau-nés pour les allaiter et les élever ensuite comme des louveteaux ; aussi les Romulus et Rémus pullulent-ils dans l’Hindoustan. G. Labadie-Lagrave, qui a fait une étude approfondie de ces enfants-loups, donne une explication à peu près plausible de cette conviction hindoue : « Une louve s’empare d’un enfant et l’apporte à ses petits afin de leur procurer un repas de chair tendre et fraîche ; mais, au moment où elle leur offre ce festin, les louveteaux, déjà rassasiés, au lieu de dévorer le nouveau venu, se mettent à jouer avec lui. Le nourrisson, obéissant à un instinct de conservation, approche les lèvres de la mamelle de la louve et, à partir de ce moment, l’adoption est consommée. 11 existe entre les femelles de tous les mammi-