‹ Les seins dans l'histoireChapitre 20 sur 67 · FAITS I. KO E N 1) A I R K S ET HISTORIQUES · texte numérisé non relu

FAITS I. KO E N 1) A I R K S ET HISTORIQUES

contrepoison, aurait servi de véhicule à une substance toxique. Mais sur cet empoisonnement, et sur celui dont Madame elle-même aurait été victime, il n’existe que des conjectures. La « belle et la bête » duchesse de Fontanges semble plutôt avoir succombé aune affection de l’utérus ou de ses annexes, hypothèse que justifie le mot cruel de Mm0 de Sévigné : « Elle expira blessée au service du roi. » Quant à Marie-Thérèse, morte deux ans après, il n’y a pas d’erreur ; elle fut bel et bien « hémétiquée » par Fagon, secundum artem.

Mlle des Œillets et le régime lacté. — La mort de cette comédienne, de l’Hôtel de Bourgogne, survenue après une assez longue maladie, le 26 octobre 1670, fut annoncée à M. de Mérille, premier valet de chambre de Monsieur, par l’acteur Raimond Poisson, dans une lettre où les médecins de l’actrice sont fort malmenés : « Monsieur, j’ai, sur la foi des médecins, été prêt de vous régaler à Chambort de la convalescence de Mademoiselle des Œillets ; et puisque vous en êtes de retour, je vous diroi seulement qu’elle eût été bien aise de satisfaire à la passion qu’ellé avoit de vous voir encore.

Mais malheureusement elle vient de mourir.

Baralis et Brayer aboient la secourir...

Us tcnoient le coup sûr, leurs remèdes, leurs veilles,

Et ce qu’ils en disoient, promettoient des merveilles ;

Ce que depuis trois jours ils avoient projetté,

Nous assuroit de sa santé :

Tous deux, en la trouvant sans fièvre,

Dirent qu'elle prendroit huit jours le lait de chèvre,

Et que celui de vache après l’alloit guérir;

Surtout qu’il ne falloit lui donner que mi-tiède;

Je pense que c’étoit un excellent remède,

Mais malheureusemeut elle vient de mourir.

« Voilà, Monsieur, comme la mort trompe les gens et comme elle se rit des ordonnances et des pronostics de ces fameux médecins ! » Erreur e medicinn est.

Horreur du lait de vache. — La marquise de Créquy, parmi les mille et une « contasseries » de ses Souvenirs , signale une manie de M"" la comtesse de Blot de Chauvigny, dame d’atours de

LES SEINS DANS l.’HISTOiHR

la duchesse de Chartres, qui faisait l’admiration du Palais-Royal, sous la Régence. Cette adorable petite maîtresse observait une diététique éthérée des plus ridicules; c’était ce que l’on appelait alors une mijaurée et, plus tard, une minaudière, descendantes des précieuses ridicules du siècle précédent.

Mmo la comtesse ne voulait boire que du lait de brebis « qui sert pour alimenter les agneaux ». Elle avait horreur du lait de vache « avec lequel on nourrit les veaux, des êtres sans grâce et sans esprit». Elle ne pouvait souffrir l’idée d’avoir « une sorte d’intimité nutritive avec une vache ». Fi donc! D’une conversation qu’elle eut avec la maréchale de Luxembourg, nous épinglons cette perle : « Je disais l’autre jour à M. de Bulfon : « Puisqu’il faut du lait dans la nature, pourquoi les colombes ne nous en fournissent-elles pas? — C’était parler comme un ange, observe son interlocutrice. Oserai-je vous demander ce que M. de Buffon vous a répondu ? — Il a pris je ne sais pourquoi la chose en plaisanterie, il m’a conseillé de ne boire que du lait d’amandes. »

Le harem de Pierre le Grand. — Autre racontar de la marquise potinière. Lors de la visite du czar Pierre Ier, à Paris, la plupart des suivantes de la czarine allaitaient des poupons : « Lorsqu’on avait l’air d’y prendre garde, elles vous disaient à l’envi l’une de l’autre, avec un air de fierté jubilatoire : « — C’est Sa Majesté l’Empereur qui m’a fait l’honneur de me faire cet enfant-là. »

Le charpentier couronné et vicieux, qui usa sa vie par les deux bouts, était, en effet, à la hauteur de sa réputation et pouvait se prétendre, non sans raison, le vrai père de ses sujets.

Opinion de J. -J. Rousseau sur les seins. — A vingt ans, le « citoyen de Genève » était fort sensible à la beauté des seins : « Je ne crains rien tant dans le monde, disent ses Confessions, qu’une jolie personne en déshabillé ; je la redouterois cent lois moins parée. Mademoiselle de Menthon, chez qui j’allois l’aprèsmidi, l’étoit toujours, elle mefaisoit une impression tout aussi douce, mais différente... Elle avoit au sein la cicatrice d’une brûlure d’eau bouillante, qu’un fichu de chenille ne cachoit pas extrêmement. Cette marque attiroit quelquefois de ce coté mon attention, qui bientôt n’étoit plus pour la cicatrice. »

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