‹ Les seins dans l'histoireChapitre 41 sur 67 · SUR UE T) É G OLLE T AGE · texte numérisé non relu

SUR UE T) É G OLLE T AGE

A une époque beaucoup plus rapprochée de nous, les organisateurs des bals des Quat'z'Arts, au Moulin Rouge et du Courrier français, â Trianon, en quête d’inventions originales et d’attractions* sensuelles et sensationnelles, ont imaginé un défilé des ateliers, dont M. Ernest Laut a fait une description complète, dans le

programme offert aux visiteurs de l’Exposition de 1900 par les « Bonshommes Guillaume ».

Nous ne retiendrons que les numéros les moins vêtus de ce cortège fameux. Voici, porté par des esclaves, le palanquin sur lequel une merveilleuse Cléopâtre, presque nue sous la résille aux mailles d’or et d’azur, est étendue immobile, en une pose alanguie et lascive, aux pieds d’Antoine (fig. 122). Sous le vol lourd des éventails, elle semble en extase, tandis que, autour d’elle, des jeunes filles au corps superbe, à demi voilé sous des flots de gaze, balancent les guirlandes fleuries et les cassolettes, où se consument les plus doux parfums de l’Orient (fig. 123). Après l’Egypte, Rome. Des légionnaires entourent des martyrs chrétiens ; des esclaves traînent une cage de fer où un lion énorme s’apprête à dévorer

deux jeunes martyres, toutes nues sous les flots de leurs longues chevelures.

E. Mesplès, dans une composition magistrale (fîg. 124), qui est en quelque sorte la synthèse de ces voluptueuses manifestations d’art et de jeunesse, a groupé en un grouillement échevelé, qui donne le vertige, tous les personnages marquants de ces mémo-

rables cortèges, avec leur costume plutôt atténué. Un autre dessin de E. Barcet, paru dans le Tulu, est comme un écho du bal des Quat'z’Arts, de janvier 1901 (fig. 125). Ces fêtes, que tout Paris voudrait voir, sont très fermées ; seul, le monde des artistes y est admis, et sur invitations personnelles. Quelques étrangers s’étant introduits, sans cartes, au bal des Quai' z' Arts, on prit ce prétexte pour exercer des poursuites, au nom de la morale outragée, contre l’organisateur, ■ le peintre Guillaume, et la magnifique Sarah Brown, le modèle des modèles, qui figurait Cléopâtre. Moins heureuse que Phrvné, dont les charmes désarmèrent les Héliastes, Sarah Brown se vit condamner par un tribunal français à trois mois de prison ! Il est vrai qu’elle n’osa pas recourir à l’argument irrésistible de sa devancière. En 1901, chaque semaine, le samedi, il y a — en hiver au Moulin-Rouge, en été au Jardin de Paris —

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