‹ Les seins dans l'histoireChapitre 46 sur 67 · SUH LE DÉ CO LL ET A (3 F · texte numérisé non relu

SUH LE DÉ CO LL ET A (3 F

rardini, épouse en troisièmes noces de Francesco di Bartolomeo <li Zanobi del Giocondo; c’est elle qui lui fournit le modèle de Joconj/e (fig. 142). Raphaël nous a montré le plus qu’il a pu des attraits de Jeanne d’Aragon; mais Xifo, favori de Léon X, qui les connaissait lous, nous en a laissé une description latine, aussi exacte que détaillée, traduite par Iioudoy(I).

Dans l’abside de Saint-Pierre, à Rome, du côté gauche, se trouve le tombeau de Paul III, par Guillaume de la Porte, probablement exécuté sous la direction de Michel-Ange. En haut, le pape donne la bénédiction ; en bas, à droite, la Prudence et, à gauche, la Justice. La première est le portrait de la mère du pontife (fig. 143), qui montre, complètement nue, une poitrine quelque peu ratatinée ; la seconde représente la sœur du pape ; primitivement elle exhibait de vigoureux appas, mais, par la suite, on, a caché sa nudité sous une robe en métal.

L’Arétin qui, tout en composant des sonnets sur les luxurieux dessins de Jules Romain, reprochait h Michel-Ange les nudités de la entendre, dans ses Rcigionamenti , que la courtisane, en dehors des exigences professionnelles, a horreur du décolletage ; nous reproduisons une médaille (fig. 144), gravée par Antonio Abondio,

(1) « Sur la poitrine large et dont les plans unis ne laissent apparaitre aucun os, s’arrondissent deux seins égaux, d’une dimension convenable, qui exhalent le parfum des fruits de la Perse auxquels ils ressemblent... L’ensemble de la poitrine a la forme d’une poire renversée, mais un peu comprimée, dont le cône est étroit et rond a sa section inférieure et dont la base se rattache au col, par des courbes et des méplats d’une ravissante proportion... Le ventre, les flancs et les charmes secrets sont dignes de la poitrine. » Ces indiscrétions d’un philosophe scolastique, qui affirme l'existence du beau dans la nature devant la perfection de Jeanne, rappellent la Paulérjraphie ou description des beautez d'une dame tholozaine par Gabriel de Minut, (Lyon 1587, in-8°) : à Toulouse, tout le monde courait sur le passage de la Belle Vaille de Yiguier, pour l'admirer. " L auteur, dit Gustave Brunet, décrit sans exception toutes les beautés du corps de Paule ; il entre naïvement dans les détails les plus scabreux. » Et par qui fut publié cet écrit, dédié à Catherine de Mêdicis ? Par une religieuse, Charlotte fie Minut, sœur de l’auteur et abbesse du couvent de Sainte-Claire à Toulouse.

Fig. 144. — De la collection du !)r Leler.

chapelle Sixtine, donne à

LES SEINS DANS l/lIISTOIHE

qui fait étalage des charmes d’une courtisane de l’époque, Catharina Riva, et proteste contre l’assertion du mordant et licencieux satirique.

Le musée de Vienne possède le portrait d’Isabelle Gonzague (fig. 1 4u), peint par le Titien ; la coquette ne risque que la moitié

Fig. 145.

de son torse pour éveiller le désir d’admirer le reste. Lne copie de ce gracieux tableau se trouve à l’Académie des beaux-arts de Budapest. Le pinceau du célèbre coloriste a reproduit la maîtresse d un jeune patricien de Venise — qui longtemps a passé pour Philippe II — ; le galant joue du luth et regarde avec complaisance la jeune beauté étendue sur un sopha. Cette figure, nue sans indécence, s’expose dans l’attitude la plus voluptueuse. La beauté des formes, l’élégance de la couleur, la vérité du détail, tout concourt à faire de ce tableau (fig. 14(1) un des plus séduisantsdu maître de

Dur. n'VÎSTK ET SA MAÎTRESSE

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Cadore. Le chef de l’école vénitienne nous a encore transmis les traits et les charmes de la maîtresse d’Alonzo di Avalos, marquis del Vasto ou du Guast, l’un des meilleurs généraux de Charles- Ouint, dans un tableau allégorique représentant Mars et Vénus (1), sujet pris et repris maintes fois, qui permettait aux artistes de sortir de la banalité des portraits de famille. Signalons enfin la

Fig. 146. — Gravure de J. Bouilliard.

Vénus à l'orgue , Vénus et Adonis et cette superbe créature (tîg. 147), si belle et si peu voilée qu’elle est, au dire du livret de Dresde, « en costume de Vénus » : autant de chefs-d’œuvre, peints de la touche à la fois vigoureuse et tendre, dont le maître avait le secret; tous sont des portraits, d’après Viardot.

Peintres et sculpteurs de la Renaissance ont représenté à l’envi la duchesse de Valentinois en Diane ; mais son attitude ni son costume ne rappellent la pudique sœur d’Apollon. Avec son faible pour le nu, que n’a-t-elle préféré les attributs de Vénus à ceux de la

(1) Curios. art., (ig. 86.

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