‹ Les seins dans l'histoireChapitre 48 sur 67 · COMME LE CERF RRV1T APRES · texte numérisé non relu

COMME LE CERF RRV1T APRES

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Fig. loO.

d’après ce portrait, se trouve aux estampes de la Bibliothèque nationale.

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Dans son inventaire de tableaux, M. Guifirey a oublié de mentionner le portrait de Diane de Poitiers, du château d’Anet, que nous empruntons à l’ouvrage de M. P. Houssel (1) (fig. 1 üO). Autres

Fig. loi. — D’après Devéria; Salon de 1834. Tirée de Y Artiste.

oublis : Diane de Poitiers et ses deux filles, en Parques (fig. loi), groupe en marbre de Germain Pilon, et la ! toilette de Diane de Poitiers , d’un peintre de l’Ecole de Fontainebleau, qui expose les attraits les plus intimes de la maîtresse de Henri II (2). N’est-ce

(1) Histoire et description du Château d' Ane t, gr. in-4°.

(2) C’est à tort que, dans nos Anecdotes historiques et religieuses, p. 193. nous

suit UE DÉC OU U ETAU. E

pas de cette académie que parle Mérimée, dans ses Lettres à une inconnue ? « Il est évident quelle a posé, et que, des pieds jusqu’à la tète, tout est portrait. Même, si j’ose le dire, il résulte de l’examen de ses jambes qu’elle attachait ses jarretières au-dessous du genou, selon la mode du temps, qui a été abandonnée, a ce que j’ai entendu dire. »

Fig. lo2.

Une des curiosités du musée communal de Bruxelles est un portrait satirique de Diane de Poitiers (fîg\ 152), attribué à Hubert Goltzius et offert par le père de M. Wilson, gendre du président Grévy. La figure est petite; les seins, au contraire, sont trèsdéveveloppés et d’une rondeur presque géométrique, qui rappelle la synonymie des mamelles « demi-cercles tangents », adoptée par les X de l’Ecole polytechnique. De sa main gauche, elle tient une balance dont les plateaux sont chargés, l’un, de deux mains entrelacées ; l’autre, d’une plume d’oiseau : la plume est la

avons rapporté à la duchesse de Valentinois un portrait de Gabrielle d’Kstrées. dont il sera question un peu plus loin.

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plus lourde ! Piquante allusion â la légèreté des serments d’amour « éternel! ». Ce tableau n’est d’ailleurs que la traduction picturale de la fameuse inscription gravée, dit-on, par François Pr, à la pointe du diamant qu’il avait au doigt, sur une des vitres du château de Chambord : Tonte femme varie { 1). Semblable allégorie est consignée et figurée (fig. 133) dans le théâtre des Bons Engins {2).

A M. Guiffrey, également, nous empruntons la liste des médailles et des émaux. La Bibliothèque nationale possède une médaille représentant Diane avec la gorge et les épaules nues.

Légende : DIANA. DUX.

VALEXTINORUM . CLA- R1SSIMA ; au bas du buste, AS ( An/w œtalis) vingtsix ans (3). Revers : une Diane chasseresse qui foule aux pieds l’Amour, avec cette légende : OMNIUM VICTOREM VICI. Ce n’est pas le type de beauté idéalisé par les artistes de l’époque ; c’est une femme bien vivante, d'un embonpoint respectable, aux formes accusées. La même médaille a été frappée à nouveau et modifiée sous le premier des Bourbons. Au-dessous de son buste, sur le revers, on voit une Junon, « la déesse aux yeux de bœuf », qui presse une de ses mamelles et arrose, du lait qui en sort, des lys épanouis; légende : Oritur et lacté virescit.

(1) On donne encore cette boutade rimée :

Souvent femme varie Mal liabil qui s’y lie.

Le « l’ère des lettres ! » qui, dans un moment d’humeur, supprima l'imprimerie, voire même l’imprimeur Dolet, semblable à ces amants qui étouffent en embrassant trop tendrement l’objet aimé, sacrifiait parfois aux Muses et a mérité le surnom de « roi troubadour ». Le royal syphilitique écrirait aujourd'hui : « Souvent femme avarie. »

(2) Janot, 1539, in-8°, pièce LXVI1I, et Bouchot, les Femmes de ltrantôme.

(3) Erreur ou flatterie d’artiste : £i cet ùge elle n’était pas encore duchesse de Valentinois.

SUa UE DÉCOLLETAGE

Ce revers appartient en réalité aux médailles de Henri 1\ cl parti culièrement à celles de Marie de Médicis (1).

Un émail de Léonard Limousin, commandé par le roi, vers \ 554, aurait été exécuté en forme de plat, d’après un dessin de Raphaël; sous les traits des dieux, sont reproduits : Henri II en Jupiter, Catherine de Médicis en Junon, Diane de Poitiers en Vénus (2). Autre émail du même artiste représentant Vénus, sous les traits d’une femme nue, étendue sur le gazon, se jouant avec Eros; son unique vestiture est une résille, comme la Venu. s z/r l’Assemblée des Dieux.

L’émail est daté de 1555 :

Diane avait alors cinquantecinq ans ; mais la réputation d’éternelle beauté, surfaite par les artistes et les littérateurs, explique la flatterie de l’émailliste. Les thuriféraires ne connaissent pas de bornes :

Olivier de Magny a célébré « la pudique et vertueuse » duchesse de Valentinois ; l’abbé de Remis, « la chaste » Mrac de Pompadour !

Le portrait de la belle Vénitienne, Véronique Franco, peint par le Tintoret pour Henri III, en souvenir de sa maîtresse de passage, était, paraît-il, fortement décolleté. Montaigne en parle dans son Voyage en Italie ; il fait aussi mention d’une célèbre -courtisane de la même ville, Blanche Cappello, née en 1548 : <( Cette duchesse, dit-il, est belle à l’opinion italienne, visage agréable et impérieux, le corset gros et de tétins à leur souhait. »

Le fécond Rubens, dans ses prodigieuses allégories sur Marie de Médicis — « la grosse banquière », selon Mlle d’Entraigues ou

(1) Voir nos Accouchements à la Cour , la figure 72 de la médaille frappée eu 1 honneur de la naissance de Louis XIII.

(2) On trouvera le fac similé de cet émail dans le livre de M. de Laborde, sur la Renaissance des Arts, 1. 11, p. 785.

« la balourde », d’après la Galigaï — se complaît à montrer le sein rebondi de la princesse florentine, organe particulièrement prisé de son volage époux ; mais en donnant à la souveraine, tantôt les attributs de Bellone, la déesse de la guerre chez les Romains, tantôt ceux de Pallas ou d’Athéné (1), la déesse de la sagesse chez les Grecs, le peintre oublie la tradition mythique qui lait de la fille de Zeus une des déesses les plus prudes de l’Olympe. Un portrait de la fille du grand duc de Toscane, peint par le maître flamand, et qui figure au Louvre (collection La Caze, n° 2109), la représente en costume civil, assise dans ses appartements, mais toujours un des seins en escapade (fig. 154).

Les portraits de Gabrielle d’Estrées sont trop nombreux pour qu’ils n’aient pas été copiés les uns sur les autres, car malgré le plaisir que la duchesse de Beaufort pouvait éprouvera faire étalage de scs charmes, il est peu probable qu’elle eût consenti à poser si souvent. Dans toutes les toiles, elle a les mêmes attitudes : elle se présente, debout plutôt qu’assise, dans une baignoire; soit seule (2), soit en compagnie de sa sœur, Diane, duchesse de Yillars, qui, par contraste ou modestie, s’efface et se contente de montrer ses épaules (fig. 155). Gabrielle ne porte pas la même coiffure que dans les tableaux du château de Chantilly (n° 278) et de la galerie de Versailles (3) . Ces peintures sont contemporaines de la naissance du duc de Vendôme, que sa nourrice allaite. M. de Maulde juge aussi ces portraits, « de l’école hydrothérapique », trop nombreux pour être authentiques; il les croit fabriqués. A son avis, les noms des personnages, inscrits sur la toile même, achèvent de caractériser le sens caustique de la composition. Ces légendes ne figurent pourtant pas sur toutes les représentations de cette reine de beauté. Ce critique signale, dans la collection du baron Pichon (n° 1 339 du catalogue), la même scène aquatique, mais cette fois avant la naissance de l’enfant : « divers symptômes révèlent l’attente de cette naissance ; nous nous bornerons à signaler la présence d’une femme qui, dans le fond de la toile, coud avec ardeur une layette. »

Dans le tableau du musée de Versailles, la belle Gabrielle re-

(1) Curios. art., lig. 82. Ce portrait fut fait à Paris, sur la demande de la reine, andis que dix-neuf toiles sur les vingt-une de la série furent exécutées dans, l’atelier d’Anvers.

(2) Anecil. hist., fig. 112.

(3) Anecd. hist., p. 193.

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prend ses exercices balnéaires, mais après la naissance de son second enfant, et offre une particularité toute spéciale : un anneau nuptial, arrêté à la seconde phalange de l’index, rappelle qu’elle fut fiancée à son royal amant et qu’elle était sur le point de l’épouser, quand la mort vint la surprendre si inopinément. M. Georges

Fig. 155. — Galerie de Mn° la vicomtesse de Janzé

Guiffrey(l) veut absolument que ce tableau, peint par Henri Lehmann, et celui du château de Ghenonceaux, représentent Diane de boîtiers dans le bain et, auprès d’elle, les enfants de France • il ne trouve pas le moindre rapport entre la figure de ces toiles et la maîtresse de Henri IV; mais il n’explique pas la position significa- ■ve de la bague. Cet auteur retrouve la coiffe traditionnelle les traits caractéristiques de Diane et la carnation maladive des enfants < e Henri II ; il voit, dans les ornements de l’ameublement, le style

(I) l.oc. cil.

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de l’époque, et jusqu’à une licorne, représentée sur le dossier d’une chaise en tapisserie, concourt à le confirmer dans son opinion : la duchesse de Valentinois ne croyait-elle pas à l'efficacité d’une préparation où la poudre de cet animal passait pour souveraine contre les convulsions (1) ?

Gabrielle avait mis le nu à la mode, au moins dans la peinture : nombre de dames de qualité, et môme de jeunes filles, se firent portraiturer en nymphes ou déesses court vêtues. M. de Maulde, dans son étude documentée sur Quelques pur traits de femmes du XVIe siècle (2), se fait le chevalier servant de la pudeur de ces nobles divinités, et assure que leurs portraits, « en tenue extrêmement olympienne », étaient toujours faits de chic (3), absolument comme de nos jours, la Danse de Falguière, à laquelle Mlle Cléo de Mérode affirme n’avoir prêté que son visage. La parole de la ballérine ne saurait être mise en doute ; il suffit de comparer les saillies accusées de ses apophyses épineuses et ses salières profondes avec le capitonnage du marbre.

11 est donc admis que certaines beautés ne posèrent que pour la tête, comme l’amie de Ronsard, qui n’en recommandait pas moins à Janet Clouet de la peindre avec tous les attraits de Vénus; beaucoup d’autres cependant firent tomber corsage et chemise devant le chevalet des peintres. La duchesse de Ferrare, déjà nommée (4), Françoise d’Orléans, la princesse de Coudé, Mme Récamier, la princesse Borghèse et bien d’autres, ont consenti à faire reproduire sur la toile, de visu, les splendeurs de leurs épaules et de

(1) Le 27 déc. 1547, lors d’une rougeole de Madame Elisabeth, Diane de Poitiers écrivait à M. de Humières : « Je vous envoyé de la licorne pour luy en faire user ainsy qu’il sera ordonné. » La licorne était aussi le symbole de la pureté — nous ne voyons pas son application en la circonstance et celui de la victoire, rien ne résiste à la puissance de sa corne — elle justifierait mieux le triomphe de la courtisane — mais c’était encore un talisman précieux, préservatif de toutes les maladies et contre-poison par excellence : Charles IX ne vidait jamais sa coupe avant d’y avoir fait tremper un morceau de licorne. Pour nous, dans le tableau en question, cet animal fabuleux ne ligure que par hasard, à titre décoratif. Bref, en insistant sur la signification de la licorne, M. Guiffrey nous semble trop chercher la petite béte.

(2) Revue de l’art ancien et. moderne.

(3) D’après Mmo de Genlis, au xvu“ siècle, les femmes ne posaient que pour la tète ; les peintres prenaient des modèles pour la gorge. Cetle délicatesse de décence finit avec Louis XIV : « Les femmes s’habillaient alors en Vénus de Médicis. »

(4) Bouchot, les Femmes de Brantôme, p. 193.

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leurs poitrines, enveloppées ou non d’une gaze légère qui en rendaient les contours encore plus captivants. Pourquoi Mmes de

Sauves et de Retz qui, d’après Bouchot, se dépouillèrent, dans certaines circonstances, de leurs vêtements, auraient-elles hésité à lame en présence d’artistes qui se proposaient d’immortaliser

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