‹ Les seins dans l'histoireChapitre 58 sur 67 · S U II I, E G 0 11 S G T · texte numérisé non relu

S U II I, E G 0 11 S G T

Maurice Magnier décrit, dans Paris en Ballades (1897), scs plaintives impressions, à la vue d’un étalage de Corsets vides :

Parmi les choses que j'abhorre,

Oui troublent mes esprits chagrins,

Il en est une plus encore Que toutes autres que je crains ;

.T’en perds mes allures timides Et j’en ai des rêves malsains.

Voir aux portes des magasins Des corsets vides.

Il en est de toutes les formes,

D’ordinaires, d’extravagants ;

II en est de petits, d’énormes,

De grotesques et d’élégants ;

Ils sont là, flasques et stupides,

Formant d’incroyables dessins Aux vitrines des magasins,

Les corsets vides.

Il en est pour les femmes mûres Qui contiendraient des seins géants,

D’autres plats comme des armures,

Pour les pucelles. . . d’Orléans !

Ils semblent tous des invalides,

Des couvents sans leurs capucins,

Ainsi pendus aux magasins,

Les corsets vides.

D’où venez-vous, gris, bleus ou roses Avec vos rubans assortis,

Asiles qui restez moroses Vos habitants étant sortis ?

Etes-vous veufs d’anciens suicides ?

Connaissez-vous vos assassins?

O victimes des magasins !

O corsets vides !

Poitrine marbrée et nacrée Que j’approuve tes libertés,

Quitte la férule exécrée

Qui cache et froisse tes beautés;

Seins, venez aux lèvres humides, ’

Seins, nus, en roses essaims,

Et laissez pendre aux magasins Les corsets vides.

Envoi

Cependant j’aime, je l’avoue.

O maîtresse, ces délaissés,

Quand sur ta poitrine et ta joue Sonne la gamme des baisers ;

Dans ces mains, de luxure avides,

Quand je possède tes doux seins,

J’aime alors, loin, dans les coussins,

Les corsets vides !

Pensées et réflexions sur le corset. — Des trois usages du corset, qui figuraient sur l’enseigne d’une corsetière du xvm® siècle, on a fait une énigme versifiée (1), que le Sphinx eût pu proposer à Œdipe :

Par moi, les forts sont contenus,

Les faibles sont soutenus,

Et les égarés Ramenés.

Remarque du Président De Rkosses : « En la ville papale d’Avignon, toutes les femmes y ont de fort gros tétons blancs et leur manière de s’habiller avec des corps très mal faits les redouble encore. »

Les premières femmes qui portèrent des corsets étaient nécessairement des femmes déjetées, contrefaites ou minées par le temps. Cela remettait certaines choses à leur place et en suppléait quelques autres. Mais le fin fut d’amener à mettre ces cilices les femmes qui n’en avaient pas besoin, et de déclarer inconvenantes les tentatives de celles qui refusent de s’y soumettre, et qui, au bout de quelque temps, ne peuvent plus en réalité les quitter. Cela était aussi difficile à amener que si on avait publié la chose en ces termes : a De par la mode, les femmes, qui ne sont ni bossues ni contrefaites, cesseront de manifester cet avantage, et s’arrangeront de manière à ressembler entièrement à celles qui le sont... » Alphonse Karr.

iw La frontière côté nord de l’Empire du Milieu est, en général, excessivement fortifiée par ses travaux de ceinture, de baleine, de cordons, etc., etc. Si on arrive à s’en emparer, de celle-là, c'est que la ville assiégée y a mis de la bonne volonté. Ce qu'il faut se connaître en agrafes, en tout, en épingles simples ou anglaises ! Très bon signe,

(I) Anecd. hist., p. '313.

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