‹ Les sélections socialesChapitre 36 sur 57 · FÉCONDITÉ · texte numérisé non relu

FÉCONDITÉ

Villes

Campagnes

Généralité de Riom (1779-1785)

Poitiers (1777-1785)

Soissons (1781-1787) ....

— Châlons (1778-1786)

— Audi et Pau (1784-1786). . .

— Roussillon (1770-1775). . . .

Paris (1771-1785)

SÉLECTION ÉCONOMIQUE

La fécondité par couple était en forte décroissance à Paris. De 1721 à 1725, 4.70; de 1726 à 1740, 4.60; de 1741 à 1745, 4.30 ; de 1756 à 1770, 4.20. La ville atteignait le demi-million d’habitants, et l’urbanisme sous sa forme actuelle commençait à se faire sentir.

Morphologie des urbains. — J’abandonne ces questions traitées par tous les statisticiens, et sur lesquelles il sera facile d’avoir le complément d’informations qui paraîtra nécessaire. Les éléments attirés par les villes sont stérilisés d’une irrémédiable façon, voilà tout ce que nous avons à retenir. Nous savons déjà que ces éléments représentent au point de vue psychique une élite, qu’ils renferment les hommes réellement supérieurset la plupart de ceux qui, bien instruits, peuvent les suppléer. Il est facile de saisir la gravité du rapprochement de ces deux propositions: stérilité des urbains, urbanisme des éléments supérieurs.

Je vais essayer d’exposer les principaux résultats de l’étude, aujourd’hui fort avancée, de la morphologie des urbains. Nous allons voir encore la question de race et celle de conduite de la vie dans un rapport de connexité absolue.

Pas plus que l’élément migrateur en général, l’amoureux des villes n’est morphologiquement quelconque. Entre les urbains et les ruraux existe un contraste ethnique partout où ce contraste est possible, ce qui veut dire que nous ne le trouverons point, par exemple, en Angleterre où le brachycéphale joue un rôle absolument effacé. L’immigration dans les villes a pour caractère essentiel la concentration des dolichoïdes, c est ce qui explique la loi d’Ammon: « Dans les régions où le type brachycéphale existe, il tend à se localiser dans les campagnes et les types dolichoïdes dans les villes. »

La différence morphologique des ruraux et des urbains pa-

raît avoir été signalée pour la première fois par Durand de Gros en 1868, au cours de ses retentissantes polémiques avec Broca sur l’influence des milieux. C’est ce qui résulte d’un passage du petit livre qui résume ces discussions (Durand, De F influence des milieux sur les caractères de race chez l'homme et les animaux, Paris, Baillière, 1868). « Je ferai, dit-il (p. 58), observer à mon tour que la tête de mon sujet surpasse de beaucoup le maximum de dolichocéplialie et de macrocéphalie observable chez les paysans aveyronnais, tandis que des tètes semblables à la sienne, ou à peu près, ne sont pas sans exemple chez les habitants de Rodez. M. Broca reconnaît d’ailleurs qu’à mesure que le niveau sociologique s’élève, les têtes acquièrent un plus grand volume général, et surtout une plus grande dolichocéplialie frontale; ce qu’il lui répugne d’accepter, c’est que ces changements puissent se produire à un degré très marqué d’une génération à la suivante »

Ni Durand ni Broca ne se doutaient que la différence était due à la sélection, tous deux combattaient sur le terrain du Lamarckisme. Durand, très malmené par la Société d’Anthropologie, revient à la charge l’année suivante dans son mémoire intitulé Une excursion anthropologique dans l'Aveyron (B. de la Soc. d’Anthr., 1869, p. 193). A l’appui de ses théories, et en particulier de celle de « l’influence dolichocéphalisante du milieu urbain » il apporta des chiffres. Le tableau qui les résume, et que je transcris ci-dessous est le premier document publié sur l’antliropo-sociologie.

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