‹ Les Sels De Bismuth En SyphilitérapieChapitre 15 sur 42 · EP PES · texte numérisé non relu

EP PES

ETOG NY ES

lésion nerveuse dont il faut éviter l’extension et l’organisa” tion ? Nous pensons que l’on doit avoir recours à la médication arsenicale parce qu’elle permet d'atteindre plus vite les doses efficaces. « L'arsénobenzol à souvent des résultats si extraordinaires et si rapides que seul, il a qualité pour répondre à cette indication » (Milian). Pour circonscrire une lésion, pour limiter ses ravages tissulaires, il importe avant tout de ne pas temporiser ; il faut parvenir dans les délais les plus brefs aux. doses actives. Telle est notre conclusion ; mais nous devons nous souvenir qu'il existe des Syphilis neurotropes particulièrement graves dont l’évolution

échappe à toute thérapeutique.

Néphrites syphilitiques. — Tzanck rapporte deux observations d’albuminuriques, intolérants à l’arsenic et au mercure, traités par les sels de bismuth. Les résultats thérapeutiques de cette médication auraient été satisfaisants. CI. Simon a communiqué un cas de réactions d'Herxheimer rénale, guérie par le traitement bismuthique. Nous en donnons le détail dans la deuxième partie de notre travail. (Voir deuxième partie : « Albuminurie »).

Personnellement nous n’avons jamais observé de néphrite syphilitique franche. Nous avons constaté en échange que l’éther de bismuth soluble avait une action diurétique des

plus nettes (Voir 11° partie « Fièvre »).

Diabète. — Enfin L. Bory cite un cas de diabète glycosurique évoluant chez un hérédosyphilitique, qui aurait été très amélioré par des injections de sels de bismuth.

Malades traités exclusivement par le bismuth

Voici des observations de malades traités exclusivement

- par le bismuth depuis le début de leur infection (novembre

. Obs. XIV: — H. 1430, 44 ans. Accident primitif de la lan-

gue. BW=+++.

Du 15 novembre 1921 au 12 janvier 1922, 29 injections de T. B. S. P. à 0.20 chaque 4 jours.

Du 12 janvier au 3 février 1922, 3 semaines de repos.

Du 4 février 1922 au 8 mars 1922, 8 injections de T. B. S. P. à 0.20 chaque 5 jours B. W — 0.

Du 14 mars 1922 au 7 août 1922, 20 injections de T. B. S. P. à 0.30 tous les 8 jours. B. W — 0.

Du 7 août 1922 au 14 septembre 1922, 5 semaines de repos.

Du 14 septembre 1922 au 3 février 1923, 30 injections de

T. B. S. P. à 0.30 espacées de 8 jours B. W — 0.

Etat général excellent. Réflexes normaux. Pas de manifestations cliniques de syphilis.

Obs. XV. — F. 1055, 42 ans, syphilides papuleuses du tronc et du visage. BW = +++. F

Du 21 novembre 1921 au 21 décembre 1921, 12 injections de T. B.S. P. à 0.20 chaque 3 jours.

Du 21 décembre 1921 au 9 janvier 1922, 19 jours de repos.

Du 11 janvier 1922 au 9 juillet 1922, 32 injections de T. B. S. P. espacées de 5 jours.

La séroréaction se maintient négative pendant toute la durée

du traitement.

Du 9 juillet 1922 au 21 août 1922, 1 mois 1/2 de repos. BW = 0.

Du 21 août 1922 au 8 octobre 1922, 8 injections d'E. B. soluble à 0.40 espacées de 8 jours.

Du 41 octobre 1922, la malade prend 60 cachets de calomelbismuth {2 par jour pendant 1 mois).

Du 11 décembre 1922, BW = +.

Du 11 décembre 4922 au 27 février 1923, 17 injections de T. B. S. P. à 0.20 espacées de 5 Jours.

B. W — 0. Etat général très satisfaisant.

Liséré gingival discret, pas d'anémie, pas de céphalée. Tous

les réflexes marchent normalement.

Ces observations permettent de conclure que le bismuth peut être utilisé successivement comme traitement d’attaque et d’entretien. Si les injections sont correctement espacées, on peut poursuivre son administration pendant longtemps (18 mois), sans provoquer des symptômes d'intoxication ou d’intolérance. La séro-réaction se maiïntient négative et la syphilis reste muette.

Nous rapportons le cas d’une malade atteinte de syphilis secondaire, qui de son propre chefa suspendu tout traitement après 20 injections de T. B $S. P. avec B.W. O. 9 mois après elle est revenue, couverte de syphilides cutanées et muqueuses ; de plus, les réflexes rotuliens avaient dis-

paru.

Obs. XVI. — F. 1070, 17 ans. Roséole ; syphilides papulo . hypertrophiques vulvaires, réflexes normaux. BW = +++.

Du 16 novembre 1921 au 30 janvier 1922, 20 injections de T. B. S. P. espacées de 4 jours environ. BW — 0.

La malade quitte l'hôpital et ne se soigne plus pendant 9 mois. Elle revient le 21 novembre 1922 avec une récidive de syphilides papulo-hypertrophiques vulvaires, fourmillant de tréponèmes ; volumineux ganglions inguinaux.

Réflexes rotuliens abolis. — Achilléens normaux ; pupillaires

normaux ; L. C. R. normal ; BW = +++.

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. Nous croyons inutile de discuter la possibilité d’une réinfection. Pour aussi actif que soit le bismuth, il est peu vrai-

semblable que 20 injections aient suffi à anéantir l'infection

syplilitique. Il est plus juste d'admettre que la malade

& présenté une récidive, des plus nettes par insuflisance de traitement. La modification des réflexes plaide en faveur de notre opinion. Pratiquement, cette observation prouve que l’on ne doit jamais interrompre l’admiuistration du bis-

muth, quels que soient les résultats de la séro-réaction.

Arséno et hydrargyro résistances

Le bismuth est nn agent thérapeutique complémentaire très utile dans le cas où le mercure et l’arsenic ont épuisé leur action. Les formes arséno et hydrargyro résistantes de

la syphilis sont fréquemment jugulées par une cure de sels

de bismuth. La littérature syphiligraphique abonde d’obser-

vations de ce genre. Milian rapporte le cas d’un homme de 30 ans couvert de syphilides papuleuses généralisées. Après un traitement d’attaque sérieux par le novar et l’huile grise, non seulement la réaction de Wassermann était totalement positive, mais encore le malade présentait sur la langue une syphilide papuleuse nummulaire, ulcérée en son centre ; en même temps, apparaissait une épicondylite droite avec empâtement périostique, accompagnée de douleurs nocturnes si violentes que tout sommeil était impossible. Dès la 2° injéction de 0.20 de T. B. $. P. insoluble « l’amélioration était flagrante ; le malade retrouvait le sommeil, l'empâtement périostique diminuait. Après la 5° injection Ja guérison des accidents était obtenue ». L. Démelin cite le cas de

PER RE cos

5 malades dont la sypbilis résistait à tous les traitements. (lun d'eux avait reçu en 4 ans plus de 700 injections arsenicales ou mercurielles) les lésions ont cédé à 4 injections de T. B.S. P. Trois mois après la 12° injection, la guérison s'était maintenue, |

Voici l’observation détaillée d'un malade atteint d’une syphilis résistant au mercure et à l’arsenic, améliorée par le bismuth.

Obs. XVII. — G... Paul, 34 ans, syphilides tuberculocroûteuses du scrotum ; syphilides.

Kératosiques palmaires. BW. = +++.

Du 3 mars 1922 au 1°" juin 1922, le malade “reçoit 10 injections endoveineuses de novar 0.30, 0.45, 0,60, 0.60, 0.60, 0.65, 0.65, 0.75, 0.85, 0.90. Les syphilides kératosiques palmaires sont à peine affaissées.

Du 6 juillet 1922, le malade revient avec un ictère très foncé ; mis aux cachets de calomel bismuth n° 60.

Du 11 juillet 1922, BW — 0.

Du 1‘ septembre 1922, 80 cachets de calomel-bismuth.

Du 1° novembre 1922, le malade reçoit 8 injections d'huile grise à 0.07. .

Du 15 novembre 1922, les lésions papuleuses des mains sont en légère augmentation.

Du 16 novembre 1922 au 26 décembre 1922, mis à l'iodure de potassium (3 gr. par Jour).

Du 18 janvier 1923, BW = +++. Le malade reçoit 20 injections de T. B. S. P. insoluble chaque 5 jours.

Du 12 février 1923, BW — 0. Les lésions palmaires sont guéries après la 5° injection.

A côté de cette observation si démonstrative nous nous

devons de rapporter le cas suivant : Une malade se pré-

— LR

ASE PME IN EEE

sente avec une ulcération syphilitique typique large de

6-cm., haute de 8 em. environ, découpée en jeu de patience,

siégeant sur la face externe de la jambe gauche ; BW

ee — LH. Elle reçoit 18 injections d’iodobismuthate de qui-

nine à la dose de 0.20 chaque 2 jours. A la 18° injection,

l’ulcération n’a pas varié notablement d'aspect. Sa péri-

phérie est bordée d’un liséré nacré cicatriciel ; mais, si son

extension est arrêtée, sa cicatrisation est presque négligeable. Cette malade présente en outre une gingivite bismuthique, qui traduit nettement son degré d’imprégnation médicamenteuse. On suspend l'administration du bismuth et on lui fait une série d'injections intraveineuses de novar.

Dès la 3° (0.60) la lésion a diminué de muitié; à la 6°,

elle est entièrement réparée. Nous savons combien .les

ulcérations tertiaires des jambes sont souvent longues à

cicatriser. Cependant, nous sommes obligés de recon-

naître, dans le cas présent, qu'après un mois de traitement bismuthique la modification de la lésion était insignifiante. Enfin, l'action du novar s’est manifestée si rapidement, que nous ne croyons pas devoir attribuer la lenteur de la réparation à la forme clinique de l’ulcération, mais à sa résistance aux sels de bismuth.

En définitive, il paraît exister d’une part, des syphilis résistant à l'arsenic et au mercure qui Sont améliorées par le bismuth ; d'autre part, des syphilis résistant au bismuth

qui seraient améliorées par l’arsenic.

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