‹ Les Sels De Bismuth En SyphilitérapieChapitre 38 sur 42 · CHENE · texte numérisé non relu

CHENE

déterminer une néphrite toxique pure. P. Blum dans une discussion pathogénique admet que la défection d’un émonctoire important risque de léser le rein pour plusieurs TaiSONS :

1° Surcroit de bismuth à éliminer.

2° Infections secondaires à la faveur d’une lésion du tube digestif.

3° Traumatisme du parenchyme rénal par lapport de

particules de bismath.

Traitement. — On surveillera rigoureusement les fonc. tions rénales au cours de la cure. Si l’albuminurie apparaît, on pourra utiliser avec prudence les sels dé bismuth à la - manière duu traitement d’épreuve. L’examen quotidien des

urines fixera la ligne de conduite.

a) L’albuminurie régresse. — Le traitement est intensifié.

b) L’albuminurie augmente. — On suspendra la médica-

tion bismuthique.

2° Eruptions cutanées

Le bismuth est susceptible de déterminer des érythrodermies desquamatives ; elles ont une analogie objective avec « les hydrargyries » (Hudelo). Fournier et Guénot signalent quelques cas d’eczéma localisé, une éruption rubéoliforme avec hyperthermie (39°), enfin un purpura discret des membres inférieurs chez un tabétique. Lortat-Jacob et Roberti ont vu un érythème scarlatiliforme chez une malade traitée exclusivement par le bismuth. Ils ont indiqué la similitude de son aspect et d2 son évolution avec les érythèmes mercuriels. M. Pinard, Marassi, P. Gastou et E. Pontoizeau

SP Pare

ont observé des érythrodermies à forme de dermatite exfoliatrice. Personnellement, nous avons constaté une éruption comparable morphologiquement au pityriasis rosé de Gibert; elle s’est manifestée après la 4° injection de T. B. $. P. insoluble chez une malade affectée antérieurement d’une érythrodermie arsenicale et d’une hydrargyrie.

M. Jeanselme à plusieurs fois constaté que « des malades antérieurement atteints d’érythrodermie arsenicale étaient devenus, dans la suite, intolérants aù mercure. Il se demande sil n’en est pas de même du bismuth » (Disc. Soc. Fran. derm. 8 fév. 23). f

L'observation suivante, que nous empruntons à Hudelo

‘et CI. Simon, tendrait à prouver cette hypothèse :

R... 32 ans, syphilis datant de 1906, traitement mercuriel irrégulièrement réparti jusqu'à 1920, À ce moment trois injections de novarsenobenzol, suivies d'ictères, En 1921 B. W.—= +++.

Le malade reçoit 0.15, 0.30, 0.45, de 914 intra-veineux elle’ fait une éruption eczématiforme périvulvaire. Le traitement arsenical est suspendu, puis repris ‘six semaines après. 0.15, 0.30 : diarrhée. Nouvel essai deux mois après. 0.15, 0.30 : diarrhée, -céphalée. j

Devant cette intolérance arsenicale, la malade est soumise à l'hydroxyde de bismuth aux doses de 0.20 à 0.40 en injections intra-musculaire, tous les huit jours. Après la huitième injection, on note sur le corps une éruption érythémateuse disséminée, d'apparition toute récente. La muqueuse buccale présente l’aspect typique de la stomatite bismuthique.

L'état général est bon. Urines : présence de Bi.

La malade est soumise au régime lacto-végétarien, à des applications de pâte de zinc simple, puis ichtyolée et s'améliore rapidement. |

EsOR ES

Enfin, nous avons observé un zoua typique, sur le trajet du douzième nerf dorsal droit, apparu après 14 injections hebdomadaires de 0.30 de T. B.S. P. insoluble. S’agissait-il d’une coïncidence ? Quoi qu’il en soit, les lésions ont évolué normalement et la guérison est survenue vers le dixième jour.

3° Lésions oculaires

Le bismuth est-il susceptible de déterminer des lésions oculaires ? Depuis que la bismuthothérapie est passée dans le domaine courant, elles n’ont pas encore été observées. Certains malades accusent des troubles fonctionnels de la vision, légers et fugaces ; l'examen ophtalmoscopique est toujours négatif. |

Balzer étudiant en 1889 la toxicité du citrate de bismuth avait été arrêté dans ses expériences par la constatation d’une kératite avec exsudat floconneux, mobile dans la chambre antérieure, survenue chez un chien intoxiqué. L'analyse des humeurs de l’œil n'avait pas décelé la présence du métal ; malgré ce résultat négatif, l’intoxication bismuthique fut fortement soupçonnée, Plus tard, les progrès de l’art vétérinaire aidant, ces lésions oculaires furent attribuées à «la maladie des jeunes chiens » indépendante du bismuth.

Plus récemment, Clément Simon et Bralez ont constaté une névrite optique suraiguë, apparue à la onzième injection d'hydroxyde de bismuth, chez une syphilitique ancienne. Ces auteurs se souvenant des expériences de Balcer, ont pensé à la possibilité d'une intoxication médicamenteuse ;

mais l’examen ophtalmoscopique précisa la nature spécifique

des lésions du nerf optique. L'hypothèse d’un accident toxique fut immédiatement écartée.

Toutefois, Spilmann (de Nancy) a rapporté l’observation d’une malade, atteinte de Conjonctivite avec larmoiements qui présentait à chaque injection de T. B.S. P., une recru-

descence des phénomènes inflammatoires de la conjonctive.

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