‹ Les semaines littérairesChapitre 10 sur 23 · VIIJ · texte numérisé non relu

VIIJ

Surtout gardons-nous bien de prendre en mauvaise part le mot conjecturale, que je hasarde, faute de mieux, en tête de cet article, et qui ne rend qu'imparfaitemen ma pensée. SU devait offrir un sens légèrement épigrammatique, je ne l'aurais pas écrit à propos de ces deux ouvrages qu'une heureuse rencontre d'idées et de souvenirs vient de rassembler sous mes yeux : ce mémoire, attribué à Saint-Simon, publié par H. P. Hesnard, avec une remarquable introduction où se reconnaît la plume ingénieuse qui nous a déjà donné une excellente histoire de l'Académie française; et cette belle étude de M. de Larcy, à laquelle j'ai dû le vif plaisir de voir reparaître sous un aspect nouveau et avec de nouveaux titres à la reconnaissance publique, un nom cher à la France, orgueil de nos provinces méridionales, et sûr de rencontrer partout,

1 1. Vicissitudes politiques de la France, — II. Projet de gouvernement du duc de Bourgogne.

même chez ses adversaires, les plus sérieuses sympathies. Éloigné par les événements de cette scène politique où tous les lustres d'ailleurs s'éteignaient l'un après l'autre, H. de Larcy a consacré sa retraite à cette œuvre où se révèlent tout ensemble de prodigieuses lectures, un vrai talent d'écrivain et un amour passionné pour la France ; un de ces amours que ne découragent ni l'aveuglement ni l'ingratitude de l'objet aimé. Après avoir été un des orateurs de notre tribune, M. de Larcy prend rang parmi nos historiens ; réunissant ainsi deux gloires qui, d'après Cicéron, sont au nombre des plus difficiles et des plus rares.

Le livre de H. de Larcy se divise tout naturellement en deux parties : la première, la plus substantielle à coup sûr, celle qui a coûté à l'auteur les plus savantes recherches, résume à grands traits les origines, les alliances et les ruptures de la royauté et de la liberté françaises depuis le berceau de la monarchie jusqu'au cercueil glorieux, mais solitaire, de Louis XIV. La seconde, la plus attrayante, fait revivre en des pages qui ont la douceur d'un rêve et la mélancolie d'un regret, le duc et la duchesse de Bourgogne ; nobles et pâles figures qui sont aux vérités de l'histoire ce que l'idéal est aux réalités de la vie ; à demi baignées dans ces limbes réservés aux rois qui n'ont pas régné comme aux enfants qui n'ont pas vécu ; pures étoiles d'un matin sans jour, dont la chaste lueur se glisse entre les ombres de la vieillesse du grand roi et les chaudes clartés des orgies de la Régence. Dans cette partie de son ouvrage, H. de Larcy a fait de larges emprunts à Saint-Simon, et nous n avons pas à nous en plaindre ; car les deux manières, en se combinant, ont produit un délicieux ensemble. Saint-Simon, lu de suite et pris à trop fortes doses, fatigue à la longue et échauffe

comme de l'excellent café sans sucre. Ces aspérités superbes, ces éclats de foudre, ces jeux de muscles d'athlète en colère, soulevant à bras tendu des phrases hautes comme des montagnes, tout cela nous cause cette sotie d'éblouissement que Ton éprouverait devant une série d'admirables portraits, dans une salle trop éclairée. Le style de M. de Larcy a quelque chose d'affectueux et de sympathique qui corrige, tempère, attendrit les formidables beautés du duc terrible; et si j'osais emprunter à un autre art une de ces comparaisons toujours un peu boiteuses, je dirais que c'est Bellini interrompant Beethoven, Il est donc probable que cette touchante biographie du duc et de la duchesse de Bourgogne, cette seconde partie du livre de H. de Larcy, aura plus de lecteurs et surtout plus de lectrices que la première ; mais ce n'est pas une raison pour méconnaître le lien qui les rattache Tune à l'autre. Historien des phases nombreuses où se sont tour à tour essayées, rapprochées, combinées, combattues, paralysées l'autorité et la liberté, appréciateur respectueux, mais attristé, de cette grandeur de Louis XIV, qui, à force de vouloir se passer d'appuis, se condamnait à ne pas avoir de lendemain, pénétré des suites funestes de cette apoplexie de puissance et de gloire, M. de Larcy devait logiquement arriver et s'arrêter à ce moment unique où l'héritier de la couronne, l'élève de Fénelon, aurait pu, s'il avait vécu âge de roi, inaugurer une politique différente de celle de son aïeul, s'interposer entre les abus et les réformes, et apporter à cette tâche assez de vertu, d'intelligence, de lumières et de droiture pour vaincre le mal par le bien au lieu de le remplacer par le pire. Un Louis XVI d'un esprit supérieur, guidé par un Mentor de génie, un Louis XVI avant la Régence, avan Voltaire, avant ce travail de dissolution universelle qui»

pendant soixante-dix ans, prépara pour un roi réformateur le cachot du Temple et le billot de la Révolution, tel aurait pu être, tel aurait été ce prince, et c'est pour cela que son rapide passage en ce inonde ouvre à l'imagination le champ des conjectures historiques; c'est aussi ce qui donne une réelle importance à ces projets de gouvernement du duc de Bourgogne» manuscrit que H. P. Mesnard a retrouvé au numéro 1,260 du Supplément français, de la Bibliothèque impériale, et qu'il attribue, en toute vraisemblance, au duc de Saint-Simon. Le petit-fils de Louis XIV entre Fénelon et Saint-Simon, entre le Télémoque et les Mémoires, le Marcellus de la France entre son Virgile et son Tacite, n'est-ce pas là une image assez saisissante pour fixer nos regards, et pour que, en y insistant, une causerie politique soit encore une causerie littéraire?

Placée sur ce terrain, la conjecture n'a rien de chimérique, ni de frivole. Les peuples à leur déclin, comme les individus qui vieillissent, ont et doivent avoir de ces heures de recueillement où l'esprit, se reportant en arrière et mesurant l'espace parcouru, modifie à son gré tel incident, déplace tel épisode, augmente ou amoindrit la valeur relative de telle figure, se demande ce qui serait arrivé si l'on avait fait ce que l'on a omis, évité ce que Ton a fait, aimé ce que l'on a méconnu, haï ce que l'on a aimé. Qui de nous, à cet âge où l'on peut encore prolonger sa vie, mais non plus la recommencer, n'a pris une sorte de douloureux plaisir à ce mirage rétrospectif où l'imagination,' aidée de l'expérience, répare après coup tout ce qu'elle n'a pas su prévenir? De même que, dans les souvenirs individuels, de grands malheurs et de grandes fautes préparent admirablement à ces restaurations imaginaires d'un passé irrévocable, de même, dans

la vie des peuples, les catastrophes, les révolutions, les mécomptes, ajoutent plus de prix à ces hypothèses de l'histoire, et le possible paraît d'autant plus aimable que le réel est plus triste. Heureux, a-t-on souvent répété, les peuples dont l'histoire est ennuyeuse! — Malheureux, dirai-je à mon tour, les peuples qui inspirent à ceux qui les aiment trop d'envie d'écrire leur histoire apocryphe au revers de la véritable !

Maintenant, quels étaient ces projets de gouvernement médités par ce jeune Marc-Aurèle chrétien, et que Fénelon et Saint-Simon partageaient, dictaient ou traduisaient, chacun à sa manière et en y imprimant son génie? Il songeait, non pas à réagir violemment et par en bas contre cette monarchie séculaire dont le règne de Louis XIV avait marqué l'apogée, mais à la ramener à ses conditions originelles, à lui rendre ses appuis, ses arcsboutants naturels dont l'avaient débarrassée ou privée des intérêts non moins puissants, des nécessités encore plus urgentes; celles de la royauté mise en péril par les prétentions féodales, et de la nationalité menacée par les guerresde religion et les discordes civiles. C'est là ce que nous nedevons jamais oublier, et ce queM. de Larcy, assurément, n'oublie pas. Cette grande politique de Henri IV, de Richelieu, de Mazarin et surtout de Louis XIV, n'abaissa pas la noblesse française, n'isola pas le trône pour le seul plaisir de le faire paraître plus majestueux et plus beau. Entre deux maux, elle choisit le moindre ; entre deux périls, elle choisit le plus éloigné. Avant de s'assurer la longévité, il fallait commencer par ne pas mourir. Avant de se ménager, pour un avenir plus ou moins indéfini, des auxiliaires et des contre-forts, il fallait comprendre que, pour le moment, cçs auxiliaires étaient de redoutables ennemis, que ces contre-forts avaient des meurtrières

d où Ton tirait sur la place, et des fenêtres ouvertes d'où l'on appelait l'étranger. Comment cette yéritè fut comprise, cette tâche accomplie, ce premier péril conjuré, quelles furent les glorieuses conséquences de cette oeuvre monarchique et nationale, vous le savez, et la France a moins que jamais le droit de retirer son admiration et sa gratitude à ces immortels ouvriers de sa véritable grandeur. Mais enfin cette phase était terminée; cette moisson Avait rendu tout ce qu'elle pouvait rendre ; le danger pressant n'existait plus; le danger lointain devenait imminent : quelle était donc cette heure critique, décisive, d'où allaient sortir des germes de mort ou les éléments d'une vie nouvelle? M. de Larcy la fixe en ces quelques lignes : « Peut-être plus tôt, mais certainement pas plus tard que le lendemain de la mort de Louis XIV. C'était la dernière heure : H n'y avait pas de temps à perdre, et vraiment plus de prétexte. Toutes les générations féodales s'étaient éteintes l'une après l'autre, La royauté, maîtresse du champ de bataille, avait joui de sa victoire jusqu'à l'ivresse : il ne lui restait plus qu'à l'organiser pour la rendre durable. »

Rien de plus vrai. Organiser, discipliner, moraliser cette victoire, simplifier ce cérémonial du triomphe qui ruine les vaincus sans profit pour le vainqueur, relever, fortifier, assainir, rendre à la vie active et politique cette aristocratie qui ne pouvait plus être dangereuse que par son inutilité même, créer, en un mot, sans changement de religion ni de dynastie, quelque chose de pareil à la constitution anglaise, mais plus complet, plus homogène, puisque l'ancien culte, l'ancienne monarchie auraient coopéré avec l'ancienne noblesse à cette restauration de l'avenir, puisque cette nouvelle ère politique et nationale aurait été inaugurée par un petit-fils de Louis XIV, par un

catholique sincère, telle était la pensée du duc de Bourgogne et de ses digues conseillers, soit que leurs lumières fussent des rayons, comme cjiez Saint-Simon et chez l'archevêque de Cambrai, soit qu'elles fussent des reflets, comme chea les duos de Chevreuse et de Beauvilliers. Tel est le plan qui, sous la plume de M. de Larcy, semble non-seulement raisonnable, mais nécessaire, tant écrivain a mis de conscience et d'exactitude à développer dans sa première partie les prolégomènes de cette heure [astique qui devait tout sauver ou tout perdre : tels sont ces projets de gouvernement où H. Paul Heanard démêle , avec autant de sagacité que de justesse , les idées du duc de Bourgogne à travers celles de Saint* Simon, et qu'il caractérise dans une centaine de pages vraiment dignes d'un esprit noblement et franchement libéral. De quoi s'agissait-il, en effet ? de mettre en pra* tique une vérité, que nous commençons à comprendre — hélas 1 trqp tard ; à savoir, que pour les peuples arrivés à leur maturité, — je ne dis pas à leur décadence, — il ne peut y avoir de libertés durables, sérieuses, vivaces, sans une aristocratie active, énergique, douée des deux facultés essentielles de renouvellement et d'assimilation, et fortement enracinée elle-même dans le sentiment populaire. Si, aux époques précédentes, le peuple et la bourgeoisie avaient naturellement demandé à la royauté protection et alliance contre l'oppression féodale ; si, plus tard, dara cette phase transitoire où la monarchie eut à se défendre elle-même, tous les moyens lui furent bons pour abattre ce géant blessé, qui, dans ses convulsions suprêmes, pouvait la renverser encore, cette monarchie, entrée dans les voies régulières, maltresse de ses destinées, ayant à la fois à guider et à suivre les progrès de l'esprit public, devait désormais chercher sa stabilité et sa- durée

dans l'équilibre de ces forces qui s'étaient lassées à la combattre. En régénérant la noblesse française qui pouvait redevenir utile et qui n'était plus que brillante, en l'appelant dans les conseils du roi, en écartant des grandes charges politiques et financières ces hommes de bas étage qui, ne pouvant valoir que par leur richesse, s'enrichissaient per fas et nef as, en diminuant, par des économies sévères, ces chances de ruine qui mettaient les grands seigneurs à la merci des traitants, en dégageant le vieux tronc monarchique de ces bâtards légitimés, rejetons parasites qui en dévoraient la sève, en restituant aux états assez d'attributions et de prérogatives pour en faire des médiateurs efficaces entre la province et le centre, entre le pays et la couronne, en donnant enfin assez d'exemples de vertu, de piété, de généreuse initiative, pour inspirer à tous l'émulation du bien, pour purifier les grands et consoler les petits, pour retremper aux sources immortelles et divines le sang appauvri de la France, le duc de Bourgogne pouvait, en effet, continuer Louis XIV sans l'imiter, corriger son œuvre sans la détruire,* inaugurer des réformes sans préparer des révolutions, et passer un nouveau bail entre la monarchie traditionnelle et la société française.

Maintenant, à ces projets qui nous montrent les plus beaux côtés de la nature humaine au moment où la Régence va nous montrer les plus misérables, à ces plans qui méritaient bien d'être conçus par le duc de Bourgogne, écrits par Saint-Simon et chantés par Fénelon, n'y a-t-il pas d'objection possible? H. P. Hesnard en risque quelques-unes, et elles nous paraissent inévitables. « Peutêtre plus tôt, nous a dit H. de Larcy, mais certainement pas plus tard que le lendemain de la mort de Louis XIV. . . » — N'était-il pas déjà trop tard? Ces belles âmes, le duc

de Bourgogne, Fénelon, Beauvilliers, Chevreuse, ou ce génie paradoxal, Saint-Simon, ne s'abusaient-ils pas, sinon sur la gravité du mal, au moins sur l'efficacité du remède? Pendant la longue et sombre vieillesse de Louis XIV, l'esprit désordonné de la Régence, avant d'éclater au dehors, n'avait-il pas déjà sapé et miné à l'intérieur, comme, soixante-dix ans plus tard, la Révolution, avant de se formuler dans les lois, s'implanta dans les âmes? Quelques intentions généreuses, quelques nobles caractères, quelques idées fécondes, était-ce assezpour prévaloir contre ces ardeurs de destruction et de dépravation morale qui déjà préludaient dans la société des Vendôme, dans les soupers du Temple, dans cette atmosphère où naquit, grandit etdébuta Voltaire? Et puis cette façon de régénérer la monarchie et la France par la renaissance de l'aristocratie nobiliaire, n'était-elle pas, au fond, antipathique au génie même de notre nation, et pouvons-nous oublier que, si nous avons constamment échoué là où l'Angleterre a réussi, ce ne çont ni louis XI, ni Richelieu, ni Louis XIV, ni Louis XVI, ni Charles X, ni Louis-Philippe qui sont les coupables, mais l'esprit français, cet esprit dont les qualités comme les défauts repoussent le gouvernement aristocratique, cet esprit qui ne conçoit pas la liberté sans l'égalité, et qui a soin de se faire démocratique et révolutionnaire pour être plus sûr d'être libéral? Enfin, malgré les grâces charmantes de l'imagination de Fénelon, ce roi pieux et, pour tout dire, dévot, ces lois somptuaires, les arts, la poésie, les lettres, le théâtre réduits à la demi-solde, cette cour, la plus brillante du monde, mettant à la caisse d'épargne, tout cela, après les magnificences du règne de Louis XIV, n'eût-il pas fait l'effet d'une grisaille recouvrant un tableau de Rubens ou de Véronèse?

m CAUSERIES LltTÉRAIRBS.

Si j'indique ces doutes bu ces scrupules, c'est qu'ils vont me servir à dire toute ma pensée : dans ce livre de M; de Larey, dans tes éttldéfe historiques aboutissant au duc de Botirgogtie cttttime à la solution possible (tes douloureux jtfoblètfiéfc qui s'agitent encote parmi nous, j'âdmiré* j'aihiê* je JMhs, je tegfëtte le dtifc de Bourgogne; mails j'admire et j'aime aussi l'auteur du livre, ce royaliste eoritemporairt de Bérangêi 1 * d'Armand Garrel et de Ledru-Rolliri, qui sait obtenir de l'histoire de tels enseignements, et prouver ft ta liberté ^ferdue par ta démocratie et ta RêVolùtioh, tfûe l'aristocratie et la royauté pouvaient Seules la Saùteh bâtis cet ensemble de faits et dé cttojectuires, ce qui est hvpothéticjué, t'est le succès de ta tâche que le duc de Bourgogne, s'il avait régné, aurait entreprise : ce qui est vrai, ce qui est réel, c'est cette alliance dé la liberté et de la monarchie françaises* poursuivie à travers les âgéfc, rëthmïéë sur le lit de mort d'un petit-fils de Louis XIV î>ar utt de ces hommes que l'on traitait autrefois de partisans du droit divin et d'absolutistes: ce qui est Vrai; ce qui est réel, te sont ces gages de réconciliation ^'échangent des intelligences élevées» loyales, parties de points bien différents et fee rencontrant dans dn ittémë seiilirtient 86 justice pour te pftssé* dé rèparatitm pour l'aVëhir. Oh sait à quelle opinion appartient M. de Larcy : M. P. Mesnard, ami de ce regrettable Hippolyte Rigatilt, qui ne trouvait pas toujours le gouvernement de 1 830 assez libéral pour lui, a partagé probablement toutes Ses idées. Eh bien, sauf quelques légères nuances, Voilà tes deux hommes, le vainqueur et lé Vaincu de Juillet, qui rendent également hommage à l'élève de Fénelon, qui saluent, en la personne du duc de Bourgogrie, la rnôriarchie de Louis XIV, et qui réconcilient leur politique sur le terrain

de Thistoire. — « Nous avons tous reçu, du temps et des èvénements,T)ien des enseignements salutaires,: ils nous ont appris à tous que les hommes qui veulent fortement, sérieusement, l'accord pratique et durable des deux grands intérêts de toute société humaine, et surtout de la nôtre, l'union de l'ordre et de la liberté, que ces hommes-là, dis-je, doivent eux-mêmes être unis entre eux. C'est à travers leurs dissentiments que pénètre et se répand le torrent dévastateur de l'anarchie. J'ai la confiance que nous sommes tous aujourd'hui convaincus de cette vérité, et qu'elle réglerait désormais notre conduite.» — Ces paroles ne sont pas de moi : elles sont de M. Guizot; il les prononçait récemment devant l'Académie cju Gard, qu'il était revenu présider après une absence de trente ans. Si les regards de l'illustre orateur, en se promenant sur son auditoire, y avaient rencontré l'ancien député du Gard, l'auteur des Vicissitudes politiques de la Frante, nul ne lui aurait paru plus digne que M. de Larcy d'entendre ces vérités salutaires et de lés pratiquer;

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