‹ Les sens cnez les animaux inférieursChapitre 11 sur 78 · CHEZ LES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

CHEZ LES MAMMIFÈRES

opinion serait absurde, mais nous devons admettre qu'elles sont sensibles aux contacts.

Les notions que tous nos organes des sens nous révèlent dépendant en effet à la fois de l'extrémité épithéliale qui la reçoit et de la cellule nerveuse qui la perçoit, on peut admettre que le résultat physiologique ne saurait être le même chez des êtres dont les éléments anatomiques présentent des degrés de différenciation et d'adaptation aussi variés qu'une Méduse, un Insecte ou un Mammifère, aussi est-il permis d'avancer sans craintequ'on ne saurait considérer les sensations que ces animaux perçoivent par le toucher comme pouvant être comparées entre elles ou avec celles que nous rattachons chez nous à l'exercice de cette fonction.

Chez tous les Mammifères, le sens du toucher est répandu à la surface entière des téguments, mais il est vague et ne fournit que des notions générales, telles que sensations de froid et de chaud, des contacts grossiers. 11 se perfectionne, acquiert plus de délicatesse, se spécialise enfin là où les relations avec le monde extérieur sont plus fréquentes. Chez l'Homme, c'est l'extrémité des doigts qui est le siège de terminaisons nerveuses qui sont affectées particulièrement à cette fonction. Le bout de la queue chez certains Singes, dits à queue prenante, le groin chez le Porc, le mufle chez le Bœuf, sont aussi garnis de terminaisons nerveuses tactiles.

Les Chauves-Souris, certains Carnassiers, les Rongeurs possèdent de chaque côté du museau des poils d'une grande sensibilité. Le follicule de ces poils est entouré par une bague conjonctive garnie de filets nerveux qui font de ces poils de véritables organes du toucher que

E. JoURDAN, Les Sens. 3

ranimai utilise pour le choix de sa nourriture et que les Chauve-Souris mettent à contribution pour se diriger, au milieu des obstacles, dans leur vol incertain.

Le bec des Oiseaux constitue un instrument des plus délicats comme organe du toucher. La face interne du bec du Canard contient dans son épaisseur de nombreux corpuscules tactiles, et il suffit d'avoir vu manger ces animaux pour se convaincre qu'ils palpent réellement les objets avant de les avaler. Il n'est pas douteux que ces terminaisons nerveuses leur servent à trouver leur nourriture dans la vase où vivent les Vers et les larves dont ils font leur proie de prédilection. D'ailleurs, des dispositions analogues se trouvent à l'extrémité du bec d'une foule d'Oiseaux soumis au même régime. La langue elle-même vient collaborer à cette fonction et elle est, chez quelques espèces, un organe du toucher des plus actifs. Il me suffira de citer le Perroquet, les Pics et surtout le Torçol dont nous avons pu faire une étude particulière. La langue de ce Passereau est cylindrique, fort longue et elle porte à son extrémité un appendice corné garni d'éléments sensitifs. Le Torcol se sert de sa langue avec beaucoup d'adresse; il l'introduit dans toutes les fentes des écorces, sous les pierres, à la recherche des Fourmis dont il fait sa nourriture habituelle. Les corpuscules sensitifs de l'extrémité de cet organe lui permettent de reconnaître la présence de ces Insectesetles petites papilles crochues dont sa langue est garnie servent à les attirer au dehors.

Les nerfs qui servent à l'exercice du toucher se terminent chez les Mammifères et les Oiseaux de deux façons différentes. Ils peuvent arriver sous l'épiderme,

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