LES TENTACULES
pour des fibres. Ces cellules offrent un renflement ovoïde renfermant le noyau ; une extrémité presque toujours rompue est très mince, l'autre est au contraire légèrement renflée, elle est tronquée et porte un plateau ; elle correspond sans aucun doute à l'extrémité périphérique de la cellule. Nous voyons que ces éléments présentent des caractères suffisants pour nous permettre de les considérer comme des cellules différenciées en vue de fonctions sensitives. Les relations des parties constitutives de la couche épithéliale avec les extrémités du nerf de Tambulacre 6ont plus difficiles à mettre en évidence ; elles sont aussi malaisées à démontrer et aussi délicates que celles qui unissent les extrémités basilaires des bâtonnets olfactifs des Vertébrés avec les fibres nerveuses affectées au sens de l'odorat; aussi n'est-il pas étonnant que les différents naturalistes qui se sont occupés de cette question ne soient pas arrivés à des résultats également démonstratifs; mais, quand bien même cette continuité manquerait, l'existence de fibres et de cellules nerveuses disposées en plçxus à l'extrémité des ambulacres est suffisante pour donner à ces petits organes une sensibilité tactile remarquable que les Echinodermes utilisent certainement dans leurs fonctions de relation. Nous pouvons donc conclure que les ambulacres sont des organes servant à la locomotion, mais susceptibles d'apprécier par un toucher délicat quelques-unes des qualités des corps sur lesquels ils se fixent.
Tentacules. — Autour de la bouche des Oursins, les ambulacres changent de forme ; ils ne servent plus à la marche, la ventouse terminale se divise en plusieurs lobes frangés qui chez les Holothuries donnent nais-
sance à une multitude de rameaux atteignant des dimensions remarquables (voyez figure 4). Ces pieds ambulacraires sont ainsi tellement transformés qu'ils méritent bien depréndreun nom spécial et je crois que la dénomination de tentacules qui leur a été donnée par plusieurs auteurs mérite d'être conservée.
FiG. 4. — Holothurie avec ses houppes tentaculaires.
Les tentacules ne diffèrent pas des ambulacres par leur structure fondamentale. La seule modification qui mérite d'être signalée et qui en fait des organes spéciaux dépend des changements qui se sont effectués à l'extrémité de Torgane. La tige, ou le tube ambulacraire, possède toujours la même structure, mais la ventouse terminale a disparu, elle est remplacée par un simple épaisissement épithélial dû à un changement dans les caractères des cellules épithéliales. Celles-ci sont courtes et basses sur la colonne du tentacule; elles s'allongent au niveau des franges terminales et prennent tous les caractères des épithéliums sensitifs ; de plus on remarque, au-dessous de ces cellules, des éléments volumineux offrant l'aspect des cellules nerveuses des Invertébrés. Nous devons donc