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LES PÊDICELLAIRES DES OURSINS

admettre que les tentacules sont des ambulacres ayant perdu leurs fonctions de locomotion, et ne conservant plus que les propriétés tactiles qui existent déjà, ainsi que nous venons de le voir, dans les tubes ambulacraires. On peut donc supposer que, tandis que les ambulacres sont des organes à fonction mixte, à la fois sensitifs et moteurs, les tentacules sont au contraire affectés seulement à la première de ces fonctions qu'ils doivent remplir d'une manière plus parfaite; aussi faut-il les considérer comme mieux adaptés à leur rôle, en un mot comme des organes du toucher plus délicats que les ambulacres. La situation de ces appareils autour de l'ouverture buccale, dans la région antérieure ou ventrale de l'animal leur permet d'apprécier les corps que ces êtres rencontrent dans leur marche et ceux qu'ils introduisent dans leur cavité buccale ; ils ont peut-être ainsi un rôle comme organes du goût, mais c'est là un point sur lequel on ne saurait émettre que des hypothèses.

Pédicellaires. — Les Oursins et les Astéries sont les seuls Echinodermes qui possèdent ces singuliers appendices. Ces organes sont par leur morphologie générale et par leur mode de développement assimilables aux piquants calcaires si nombreux chez tous les Échinides, mais ils ont subi des modifications curieuses qui méritent bien de fixer l'attention. Les zoologistes aussi bien que les observateurs peu familiers avec l'histoire naturelle des animaux inférieurs ont le droit d'être étonnés lorsqu'ils étudient pour la première fois ces appendices dont les analogues n'existent dans aucune autre classe du règne animal.

Chaque pédicellaire se compose essentiellement d'une

E. JouRDAN, Les Sens. 5

partie basilaire ou tige de soutien désignée sous le nom de hampe et qui est fixée au test à la façon des piquants. Cette tige porte un renflement terminal mobile formé de plusieurs pièces assimilables aux pétales d'une fleur.

Fjg. 5. — Pédicellaires des Échinodermes. — a, Pédicellaire contracté. — b, Pédicellaire ouvert, — c, Pédicellaire encore incomplètement développé.

Ces valves sont mues par de petits muscles qui leur permettent de s'écarter ou de se rapprocher à la façon des mors d'une pince ; elles sont constituées essentiellement chacune par une pièce calcaire et revêtues d'une couche épithéliale. Le nombre et la forme générale de ces valves varient (fig. 5). On a distingué des pédicellaires tridactyles à valves minces et recourbées en crochet, et des pédicellaires trifoliés à valves étalées; M. Kœhler a décrit chez le Schi^aster canaliferus, des pédicellaires tétradactyles. Enfin on rencontre encore des

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