‹ Les sens cnez les animaux inférieursChapitre 22 sur 78 · LES PÉDICELLAIRES DES OURSINS · texte numérisé non relu

LES PÉDICELLAIRES DES OURSINS

pédicellaires diflFérents des précédents par Texistence de plusieurs petites glandes placées vers le milieu de la hauteur de la hampe; cette dernière variété porte le nom de pédicellaires gemmiformes.

Jusqu'à ces dernières années les auteurs étaient bien embarassés pour attribuer une fonction quelconque à ces organes appendictilaires. Agassiz leur donne un rôle curieux. Ils seraient chargés de débarrasser la surface du corps de l'Oursin des débris de nature variée qui le recouvrent; M. Romanes et la plupart des naturalistes qui ont vu des Oursins vivants ont noté la faculté que leurs pédicellaires ont de saisir les petits corps étrangers qui se trouvent dans leur voisinage; Kœhler pense qu'ils peuvent remplir desfonctions sensitives; enfin M. Hamann, à la suite de ses recherches, les admet au rang de véritables organes des sens. Ce savant a étudié la structure des valves des pédicellaires gemmiformes, buccaux, tridactyles et trifoliés, parla méthode des coupes successives. Il a vu à la face interne de chacune des valves des pédicellaires gemmiformes du Spbœrechinus gramUaris, du Strongylocentratus lividus, un mamelon couvert de cils rigides (fig. 6). Ces mamelons sont formés par des cellules sensitives dont les pieds se prolongent et sont en continuité avec le plexus nerveux. Un nerf monte dans l'épaisseur de la hampe se divise pour se distribuer aux fibres musculaires motrices des valves et fournit ensuite des rameaux se rendant aux organes sensitifs. Ce mamelon sensitif du Spbœrechinus granularis rappelle les boutons gustatifs des animaux supérieurs.

Les pédicellaires tridactyles et buccaux présentent des caractères généraux d'innervation semblables auxprécé-

dents, mais la structure des terminaisons sensitives est plus simple, L*épithélium intérieur des valves est garni d'un grand nombre de cellules sensitives qui ne sont pas comme dans le cas précéd.ent réunies en organes spéciaux; au lieu de filets nerveux se rendant à ces terminaisons sensitives, on ne rencontre qu'un plexus de

FiG. 6. — Coupe transversale d'un pédicellaire gemmiforme du Strongylocentratus lividus passant à la hauteur des trois mamelons tactiles. — TH, Mammelons sensitifs. — ^«N, Tractus nerveux. (D'après Hamann).

fibrilles fort délicates mêlées aux éléments de soutien. M. Hamann a aussi étudié les petites glandes des pédicellaires et il trouve que leur existence est toujours liée à la présence de cellules à cils rigides groupées en mamelon.

Le zoologiste allemand conclut de ces recherches

SPHÉRIDIES DES ÉCHINODERMES 69

d'abord que les pédicellaires, quelle que soit leur forme, ont les fonctions d'un organe tactile, ainsi que cela résulte des nombreuses terminaisons tiui se trouvent dans la tête et dans la tige. Les formes les plus petites comme les pédicellaires trifoliés nettoient le test des plus petites particules de sable, des Protozoaires et des corps étrangers ej\ général, qu'ils soient directement à la surface du test ou sur les piquants. Les pédicellaires plus gros, les tridactyles servent surtout à fixer des corps étrangers plus volumineux pendant que Tanimal se déplace, ainsi que MM. Romanes et Ewart l'ont démontré. Enfin les pédicellaires gemmiformes ont la même fonction, dans l'accomplissement de laquelle ils sont aidés par la sécrétion de leurs sacs glandulaires. Ainsi qu'on peut le remarquer, tous les pédicellaires peuvent saisir les corps étrangers et apprécier certaines de leurs qualités à Taidé de l'épithélium sensitifqui garnit la face interne de leurs valves; les cellules qui sont dispersées au milieu des éléments de soutien donnent à ces petits organes les propriétés des organes du toucher. Ces boutons sensitifs permettent de leur attribuer peut-être la faculté de percevoir des modifications chimiques semblables à celles que nous rapportons au sens du goût.

Sphéridies. — On désigne sous ce nom des piquants modifiés fort courts que je signale ici sans y insister, parce que quelques auteurs, Loven entre autres qui les a décrits pour la première fois, leur ont assigné des fonctions sensitives. Loven, à cause de leur situation auprès dé l'ouverture buccale leur attribuait un rôle dans le choix des aliments et Ayers dans un mémoire plus

récent les a doués de la fonction de percevoir les modifications chimiques du milieu ambiant.

On voit par les lignes précédentes que les organes avec lesquels les Échinodermes peuvent apprécier le contact des corps étrangers sont multiples et que ces êtres peuvent même prendre place parmi les Invertébrés les mieux pourvus sous ce rapport. Les sensations périphériques qui arrivent aux centres nerveux de ces animaux sont nombreuses, mais nous pouvons nous demander encore ici si elles sont délicates. Nous savons, et nous avons même eu déjà l'occasion d'y insister dans un des chapitres de ce livre, que les connaissances qui nous sont révélés par nos organes des sens sont toujours le résultat de deux facteurs. L'organe qui reçoit l'impression et le centre nerveux qui l'élabore; le résultat définitif est le produit de cette double action. Or si chez les Oursins les terminaisons nerveuses tactiles sont souvent délicates, les centres nerveux qui perçoivent sont bien rudimentaires et ne nous semblent pas pouvoir donner naissance à autre chose qu'à des réflexes inconscients.

VERS. — Les zoologistes placent aujourd'hui dans cet embranchement des formes qui à un examen superficiel paraissent bien différentes les unes des autres, mais qui sont unies entre elles par la similitude de leurs phases embryonnaires. Les différentes classes dans lesquelles nous allons rechercher et décrire des appareils tactiles, présentent des organisations fort diverses. Certains genres ont une structure si simple, leurs tissus sont si peu différenciés qu'on serait tenté de les rappro-

Page 1