‹ Les sens cnez les animaux inférieursChapitre 25 sur 78 · ORGANE FRONTAL DU GENRE CONVOLUTA · texte numérisé non relu

ORGANE FRONTAL DU GENRE CONVOLUTA

elles et les extrémités des fibres nerveuses ; de telle sorte qu'il est permis de conserver quelque doute sur la valeur de ces cellules comme éléments sensitifs.

Les descriptions précédentes ne nous indiquent pas 1 existence d'un organe du toucher actif dans le véritable sens du mot. Nous avons signalé des régions plus sensibles les unes que les autres, mais les appareils destinés uniquement à Texercice de cette fonction paraissent faire encore défaut. Delage a décrit cependant chez un Turbellarié d'un type inférieur appartenant au genre Convoluta un organe fort curieux qu'il désigne sous le nom d*organe frontal et sur lequel nous allons nous arrêter un instant.

Lorsqu'on examine une Convoluta vivante, on voit que sa tête est animée de mouvements vifs et saccadés. On remarque aussi au niveau du bord supérieur et sur la ligne médiane une tache ovoïde qui correspond à ce que l'auteur nomme Torgane frontal. Au point où le petit bout de cet organe appuie contre les téguments, on trouve une aire circulaire dépourvue de cils vibratiles. Cette surface qui va d'un demi à deux centièmes de millimètre, suivant l'état de plus ou moins grande contraction de l'animal est bordée d'une rangée de petites papilles ; au centre de cet espace on trouve aussi quelques formations semblables ; mais on remarque de plus au milieu de cet aire papilleuseune sorte de poil, à extrémité mousse et un peu renflée, dépassant le niveau des papillespériphériques. Les coupes montrent dans l'épaisseur de l'organe frontal un réseau constitué par des fibres très fines et très nettes et quelques cellules multipolaires semblables à celles du système nerveux central.

Delage pense que ce petit organe dont les fonctions sensitives ne sont pas douteuses a un rôle multiple. Il doit servird'organe du toucher, ce qui est certain lorsqu'on a observé le mouvement de Tanimal, mais il doit aussi sans doute, par l'intermédiaire du poil central, être utilisé comme organe olfactif ou gustatif. Enfin l'auteur entre dans des considérations morphologiques fort intéressantes à la suite desquelles il est conduit à penser que l'organe frontal serait la première indication de la trompe des Nemertes. Chez les Turbellariés rhabdocœles la trompe serait devenue une arme, tandis qu'elle ne serait qu'un simple appendice sensitif chez ces Planaires.

Les Nemertes possèdent une sensibilité cutanée, au moins aussi grande que celle des Turbellariés; oh sait en effet, que ces animaux se brisent en fragments lorsqu'on les excite. Cette vivacité de réaction révèle une irritabilité ou une sensibilité de perception tactile remarquable. Si l'on cherche cependant quels peuvent être les éléments ectodermiques affectés à cette sensibilité exagérée, on voit que les travaux modernes nous révèlent fort peu de chose à ce sujet. Lorsqu'on étudie la constitution de la peau des Nemfertes, on ne distingue audessus des assises musculaires qu'une couche de cellules à cils vibratiles. Ces cellules semblent toutes semblables, et il n'est pas possible d'apercevoir parmi elles des éléments que l'on ait le droit de considérer comme spécialement sensitifs. Nous devons noter cependant que ces cellules sont fort longues et étroites, qu'elles sont serrées les unes contre les autres, qu'elles se rapprochent en un mot, beaucoup par tous leurs caractèreis des cellules neuro-épithéliales des Cœlentérés. Si nous pensons aussi

Page 1