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SENSIBILITÉ TACTILE DES ARTHROPODES

de leurs téguments dont les couches superficielles chitinisées et même fortement encroûtées de sels calcaires forment à beaucoup d'entre eux une carapace résistante. Ce revêtement chitineux protège ces animaux d'une façon fort efficace contre les corps extérieurs, mais son existence semble s'opposer à la perception facile des modifications qui s'effectuent dans le monde ambiant; aussi a-t-on été porté autrefois à ne leur accorder qu'une sensibilité générale des plus grossières. On a reconnu depuis combien cette opinion était exagérée et Ton a admis que la plupart des êtres compris dans cet embranchement possédaient, malgré la rudesse de leurs téguments, une sensibilité générale quelquefois fort délicate. On a vu aussi que cette sensibilité était développée dans les appendices locomoteurs et surtout dans les antennes. L'étude de ces formations appendiculaires a amené enfin la découverte de petites saillies rigides, que Ton a spécifiées sous les noms de poils tactiles, olfactifs et auditifs, suivant qu'on les supposait aptes à remplir telle ou telle autre fonction.

Nous allons examiner la fonction du toucher et les organes qui servent à son accomplissement dans les différentes classes de l'embranchement des Arthropodes, c'est-à-dire chez les Crustacés, les Arachnides, les Myriapodes et les Insectes.

Crustacés. — On a réuni sous ce nom tous les Arthropodes à respiration branchiale, depuis les Homards et les Écrevisses jusqu'aux Copépodes de nos ruisseaux. Chez tous ces êtres, il est facile de reconnaître qu'un contact même léger est facilement perçu et suivi de changements dans l'attitude de l'animal qui ne laissent aucun doute

sur la réalité de la sensation. Mais cette faculté est surtout localisée dans certains poils qui, en nombre divers garnissent toutes les régions du corps de ces animaux, de telle sorte qu'il est permis de considérer ces petites saillies plus ou moins longues et rigides comme les véritables terminaisons nerveuses tactiles. 11 n'existe pas chez les Crustacés de terminaison nerveuse sensitive en dehors de ces appendices qui puisse être attribuée au sens du toucher.

Ces poils sont surtout nombreux sur les antennes, et ce fait joint à la mobilité de ces appendices nous autorise à voir en eux les organes du toucher actif. Ces antennes que tout le monde connaît font saillie comme quatre longues cornes en avant de la tête de tous les Crustacés. Elles sont disposées suivant deux paires. Celles qui sont internes sont désignées sous le nom d'antennules ou antennes de la première paire, elles sont beaucoup plus petites que les autres; c'est là que les anatomistes placent dans beaucoup de cas l'appareil auditif; elles jouent un rôle moins actif que les autres dans les fonctions tactiles. Les antennes de la seconde paire ou externes sont très longues, fort minces et délicates, l'animal les porte en avant et s'en sert pour explorer les corps qu'il rencontre sur sa route et surtout pour percevoir les modifications qui se passent dans le milieu qui Tentoure. Leurs fonctions sont peut-être multiples, mais nous ne connaissons aucune expérience sur les antennes des Crustacés qui soient comparables aux belles observations que nous allons avoir l'occasion de rappeler à propos des autres Arthropodes.

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