ORGANES DU GOUT DES INVERTEBRES
tiens analogues à celles qui ont été faites sur l'odorat des Insectes n'aient pas été tentées sur le goût des Invertébrés aquatiques. 11 est bien possible que, lorsque ces recherches seront faites, nos idées changent beaucoup sur certains points.
PROTOZOAIRES. —Les idées générales que nous avons déjà exposées à propos de ces animaux dans le chapitre du toucher pourraient être soutenues de nouveau ici. Nous ne pouvons songer sans doute à décrire des organes là où Tanimal entier est réduit à une seule cellule, mais nous avons le droit de nous demander quand même si le sens du goût existe. Nous avons vu en effet que le protoplasma non différencié des Infusoires possédait à un état rudimentaire la première indication de toutes les fonctions qui se sont spécialisées chez les animaux multicellulaires.
Si on a le droit de dire que les Protozoaires ne paraissent pas fort difficiles sur le choix de leur nourriture, on doit admettre également qu'ils sont sensibles aux modifications d'ordre chimique qui se passent dans le milieu dans lequel ils vivent. C'est ainsi que l'addition de quelques gouttes d'acide acétique ou d'une autre substance à l'eau dans laquelle on trouve des Infusoires suffit pour les troubler dans leur évolution; lorsque la dose de substance toxique est plus forte, on voit ces êtres rétracter leurs cils vibratiles et s'enkyster. On doit admettre que ces modifications dans la vie de ces animaux, modifications qui correspondent à un changement dans la composition chimique du milieu ambiant doivent
être la conséquence d'uije impression analogue à celle que nous qualifions chez nous sous le nom de goût. Mais il est bien évident que ce sens se confond ici avec les autres et ne se manifeste que par ces mouvements qui sont la conséquence de cette propriété générale du protoplasma vivant qui est connu sous la dénomination d'irritabilité protoplasmique.
CŒLENTÉRÉS. — Chez ces êtres, pas plus que dans ceux de la classe précédente, il n'est possible de décrire un sens servant à apprécier la qualité des aliments; cependant quelques naturalistes et en particulier Pollock et Romanes ont pu faire certaines observations qui démontrent que les Actinies sont capables d'apprécier la présence dans leur voisinage de certains aliments tels que les Moules éventrées, etc. Lorsqu'on suspend ces corps pendant un moment au-dessus d'une Ortie de mer, on voit l'animal s'épanouir et écarter ses tentacules. En plaçant les débris qui servent habituellement à la nourriture de ces êtres au milieu d'un groupe d'Actinies disposées en cercle, on ne tarde pas aies voir s'ouvrir successivement, sans qu'elles paraissent cependant capables d'indiquer par leur mouvement la place occupée par la proie qu'on leur présente.
Romanes rapporte ces manifestations au sens de l'odorat et fait remarquer que ces animaux sont les plus inférieurs chez lequels ce sens ait été constaté.
Nous admettrons plutôt, à cause des conditions générales dans lesquelles ces êtres vivent et pour les raisons que nous avons exposées au commencement de ce cha-