CHAPITRE V
L'odorat chez nous et chez les Vertébrés. Ses relations avec les fonctions de nutrition, de respiration et de reproduction. Leur développement chez certains Mammifères, son atrophie chez ceux qui sont adaptés à une vie aquatique. Impossibilité de le distinguer du goût chez les animaux qui vivent dans l'eau. Le sens de l'odorat chez les Insectes. Exemples de son importance : son siège dans les antennes, expériences démonstratives. Structure des antennes. L'odorat chez les Mollusques pulmonés
L'expérience personnelle apprend à tout le monde combien ce sens a des rapports intimes avec celui du goût. On sait que nous ne sommes pas capables de percevoir nettement les nuances délicates du goût de nos aliments lorsque notre épithélium olfactif ne présente pas une intégrité parfaite.
Ces relations nous montrent que les conrraissances que le sens de l'olfaction nous permet d'acquérir sont analogues à celles que le goût nous révèle. Nous remarquons seulement que les substances qui impressionnent nos sens du goût et de l'odorat arrivent au contact de ces organes à des états physiques différents. Les notions que nous rapportons au goût émanent de substances
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dissoutes dans des liquides, celles qui se rattachent à Toifaction arrivent au contact de notre muqueuse olfactive sous forme de vapeurs ou de gaz. L'état liquide est indispensable à l'exercice de notre goût, de même que l'état gazeux est nécessaire à la perception des odeurs. Il en résulte que, pour nous qui vivons dans lair, le sens* de Todorat nous permet d'acquérir certaines notions sur les qualités utiles et nuisibles de certains corps qui ne sont pas en contact immédiat avec nous; il présente ainsi plus de généralité et par conséquent plus d'importance que celui du goût. Grâce à lui nous arrivons à connaître les qualités de Tair qui entre dans nos poumons, et son rôle est déjà par cela seul fort important. 11 nous rend capables d'apprécier la valeur des aliments avant leur introduction dans notre cavité buccale et remplit ainsi un rôle préservateur des plus utiles.
11 faut reconnaître cependantque dans l'espèce humaine, sinon chez tous les individus, mais au moins chez la plupart, l'importance de ce sens ne doit pas être exagérée, mais surtout nesaurait être comparée avec ce qu'il est chez certaines espèces animales. On connaît le rôle important que le sens de l'odorat joue chez tous les Mammifères pour le choix des aliments, pour la poursuite de la proie et aussi pour éviter les ennemis. On sait que les Ruminants refusent l'herbe souillée ou froissée par des corps capables de leur communiquer une certaine odeur; c'est ainsi que les Chèvres ne veulent pas saisir des feuilles imprégnées de salive humaine ; on sait aussi que les Canards lavent, avant de le manger> le pain parfumé qu'on leur donne. L'odorat si remarquable du Chien est un exemple présent à tous les esprits ;