NATURE ET USAGES DES SENSATIONS OLFACTIVES 1$I
on sait que ces animaux arrivent ainsi à suivre à la piste une proie qui n*a laissé que des traces tout à fait inappréciables pour nous.
Le sens de l'odorat a aussi un rôle des plus considérables dans les fonctions de reproduction. 11 est à la fois un guide et un excitant pour les fonctions génitales. L'odeur spéciale et particulière à chaque espèce qui s'échappe des organes génitaux des femelles au moment du rut permet à des individus de même race de les retrouver de fort loin. Les exemples empruntés aux Vertébrés sont nombreux et nous aurons bientôt l'occasion de citer des cas fort remarquables de l'utilité de l'odorat dans les fonctions génitales en étudiant ce sens chez les animaux inférieurs.
Si l'odorat est le plus souvent peu important dans l'espèce humaine, onconnaîtcependantun certain nombre d'exemples qui montrent que, chez certaines peuplades ou chez quelques individus, sa délicatesse le rend comparable à ce qu'il est chez beaucoup d'espèces animales. On cite les Indiens de l'Amérique du Nord comme capables de suivre leurs ennemis à la piste et les nègres comme pouvant retrouver ainsi leurs compagnons d'esclavage. Enfin dans les races civilisés, si Ton trouve des individus presque complètement privés de cesens, on en rencontre aussi d'autres qui possèdent un odorat exceptionnellement développé.
Nous avons remarqué au début de ce chapitre que les substances qualifiées comme odorantes nous arrivent à l'état de vapeurs et que nous en avons déduit comme conséquence la grande importance de ce sens chez les animaux aériens. La plupart des auteurs décrivent ce-
pendant des fonctions olfactives et des organes de lodorat chez les animaux aquatiques ; ils pensent que chez eux ces organes sont impressionnés par des vapeurs dissoutes dans l'eau. Nous avons soutenu dans le chapitre précédent l'opinion que, chez les animaux vivant dans l'eau, le sens du goût devait l'emporter sur celui de l'odorat et nous avons rapporté au goût la plupart des organes qui, chez beaucoup d'Invertébrés, sont décrits comme appartenant au sens de l'olfaction. Cette opinion trouve un premier fait favorable dans les notions que l'on possède au sujet du sens de l'odorat chez les Mammifères vivant dans l'eau, c'est-à-dire au sujet desCét«cés. Toutes les observations démontrent que cette faculté est fort réduite chez les Baleines et Tétude anatomique du cerveau de ces animaux conduit à un résultat admis aujourd'hui par tout le monde, qui est l'absence du lobe olfactif et des nerfs olfactifs. On peut donc en conclure que, chez les représentants aquatiques du type des Mammifères, cette fonction est réduite à sa plus simple expression. Nous avons vu aussi que nous avons rapporté au goût le sens qui permet aux Poissons de se diriger dans la recherche de la proie et nous avons admis que cette fonction se confond avec la faculté générale de percevoir les modifications chimiques du milieu ambiant.
Ces considérations nous obligent donc à exclure de ce chapitre la plupart des Invertébrés aquatiques. Dans la revue rapide que nous allons faire de ces différents types, nous nous contenterons de rappeler en quelques mots les organes qui ont été considérés comme olfactifs par quelques auteurs.