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LES ANTENNES DES INSECTES I

tion et a été confondue avec les otocystes. Quelquefois le poil olfactif, au lieu d*être saillant au fond d'une fossette, est couché dans une rainure. Les poils couchés sont fréquents chez les Fourmis et Forel les considère même comme correspondant à l'organe olfactif fondamental. Ils sont répandus chez tous les Insectes et d'autant plus abondants que Todorat est plus développé. Ils sont plus nombreux chez les mâles que chez les femelles. Enfin ils existent presque seuls chez les Ichneumons qui ont un odorat exquis. Les dernières formes de terminaison nerveuse olfactive sont représentées pat les cornes et les massues olfactives de Leydig qu'il est quelquefois difficile de distinguer des poils tactiles.

Forel a encore décrit chez les Fourmis des organes particuliers qu'il désigne sous le nom d'organes en bouchon de Champagne et d'organes en bouteille. Le rôle physiologique de ces organes n'est pas encore démontré et ce n'est qu'avec le plus grand doute qu'il est permis de les rapporter à l'olfaction.

Hauser dans son mémoire s'est préoccupé de la distribution et du nombre des terminaisons olfactives dans les différentes classes et il a noté des relations étroites entre le développement de ces petits appareils et la puissance olfactive chez la même espèce, suivant la nourriture et suivant le genre d'existence.

Parmi les Diptères, toutes les espèces qui se nourissent de viande corrompue ou d'excréments se distinguent par un grand nombre de fossettes olfactives. C'est ainsi que les antennes de la grosse Mouche bleue de la viande (Sarcophaga carnaria) portent quatre-vingts fos-

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settes composées; d'autres espèces du même genre en

Fio. 23. — Coupe verticale passant par une fossette olfactive d'uneGuêpe (Vapa Cra&ro Lin.). — cb, Enveloppe chitineuse de l'antenne. — B, Bâtonnet olfactif. — o, Ouverture en fente, — /, Cavité du repli intérieur. — H, Cellules hypodermiques.— c, Cellule sensitive. — CM, Cellule productive d'une membrane. — «, Echancrure de cette cellule. — ES, Elévation squamiforme de l'enveloppe extérieure de l'antenne. — c&, Couronne inférieure de bâtonnets. (D'après Hauser.)

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ont cent et même plus; tandis que les Volucelles qui butinent sur les fleurs et ont des mœurs complètement différentes, ne portent sur chaque antenne que deux ou trois terminaisons olfactives (fig. 23).

Les Hyménoptères sont remarquables par le grand nombre de leurs fossettes et de leurs cônes olfactifs. Hauser en compte environ 14.000 chez TAbeille et de 13 à 14.000 chez le Frelon. Cette faculté paraît aussi très développée, si on tient compte du moinsdu nombre des fossettes olfactives, chez les Hyménoptères fouisseurs qui donnent des Insectes en nourriture à leurs larves comme les Ammophiles et les Pompiles.

Enfin toujours dans la même classe, les Ichneumons sont remarquables par leurs longues antennes et par le grand nombre et les grandes dimensions de leurs appareils olfactifs terminaux.

Les Hyménoptères à régime végétal comme les Tenibredinidœ ne possèdent pas de fossettes et ne montrent que des appendices conoïdes.

Chez les Libellules, les fonctions olfactives paraissent réduites. Ce fait concorde avec un grand développement de l'appareil visuel qui supplée ici l'odorat; aussi les fossettes sont peu nombreuses mais volumineuses.

Les Lépidoptères offrent un nombre plus ou moins grand de terminaisons nerveuses olfactives suivant qu'ils appartiennent au sexe mâle ou femelle. Aussi Hauser termjne-t-il son mémoire par la conclusion suivante.

« On peut regarder comme une loi invariable, existant dans tous les ordres d'Insectes, que les mâles ont des antennes plus développées que les femelles, toutes les fois que ces dernières se distinguent des mâles par

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leur manière de vivre, qu'elles sont lourdes et paresseuses et qu'elles se tiennent dans des lieux cachés et retirés. »

Si nous considérons maintenant les modifications de forme que les antennes peuvent présenter, nous voyons qu'elles sont des plus diverses et, sans insister sur toutes les variétés morphologiques dont les figures ci-jointes peuvent donner une idée (voy. fig. 19, 20, 21, pag. I 72, 175, 177), nous ferons remarquer que l'on a toujours distingué un article basilaire servant de support, facile à reconnaître par son épaisseur, et un autre terminal beaucoup plus long. L'article terminal peut prendre les formes les plus variées. Il est tantôt filiforme, tantôt en bouton, ou en lamelle; d'autres fois il est en forme de peigne. Les entomologistes distinguent ainsi des antennes sétacées, sétiformes, filiformes, fusiformes, noueuses, pectinées.

Cette étude sur l'odorat des Insectes nous montre l'importance que ce sens peut acquérir chez certains Invertébrés. Nous voyons qu'un sens qui, chez nous, ne joue qu'un rôle secondaire, prend ici un tel développement qu'il remporte certainement sur tous les autres. Mais il est inutile de dire que nous n'avons nullement le droit d'assimiler complètement les sensations que les Insectes perçoivent avec leurs antennes à celles qui nous sont communiquées par l'intermédiaire de notre muqueuse olfactive. Ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le dire, une action reçue h la périphérie par un épithélium adapté à la perception de certains changements du milieu ambiant arrive aux centres nerveux qui utilisent cette perception, l'analysent et en tirent le

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