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LES ANTENNES DES INSECTES

parti le plus utile pour l'individu. Une odeur est perçue par l'intermédiaire des fossettes olfactives, mais c'est dans les centres nerveux que la perception a lieu. Chez les Insectes comme chez les Vertébrés, certaines cellules nerveuses président à cette fonction; mais même si nous pouvions établir des analogies morphologiques entre les lobes olfactifs des Vertébrés et certaines parties du cerveau des Insectes, il est bien certain que nous ne pouvons affirmer que les éléments nerveux ont dans les deux cas les mêmes propriétés et ont entre eux les mêmes relations. Il faut donc nous persuader qu'en désignant sous le nom d'odorat les fonctions des antennes des Insectes, nous n'entendons pas leur assigner un rôle entièrement semblable à celui qui caractérise l'odorat chez nous. Ces idées nous autorisent à être moins étonnés lorsque nous voyons certains Insectes trouver à l'aide de leurs antennes la place où, sous une couche de terre plus ou moins profonde, se trouve un Ver gris : c'est là certainement un acte dont nous serions tout à fait incapables à l'aide de notre nez, de même qu'il nous serait impossible d'accomplir une foule d'actions qui sont familières et faciles aux Insectes. Les Arthropodes sont construits sur un type tout à fait différent de celui des Vertébrés, et, si certains deleurs sens sont difficiles à assimiler aux nôtres, nous devons cependant reconnaître que Tensemble de leurs organes constitue un tout harmonieux qui en fait des êtres capables d'accomplir des actes dont la délicatesse nous étonne.

MOLLUSQUES. — Des expériences répétées et l'observation ne laissent aucun doute sur l'existence de ce

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sens chez les Mollusques à vie aérienne, c'est-à-^ire chez les Gastéropodes pulmonés. Nous avons exposé, au début de ce chapitre, les raisons qui nous engagent à confondre chez les animaux à vie aquatique le sens de Todorat avec celui du goût et qui nous dispensent ainsi de rechercher l'existence de cette faculté chez les Lamellibranches, les Céphalopodes et beaucoup de Gastéropodes.

La plupart des naturalistes qui se sont occupés des Gastéropodes pulmonés ont remarqué que ces animaux étaient guidés dans le choix de leur nourriture par un sens qui était comparable à notre odorat. Mais c'est à Moquin-Tandon que Ton doit les premières observations précises à cet égard. Ce naturaliste constate que « si Ton enferme dans un sachet de toile un très petit morceau de fromage ou une fraise, et qu'on présente le sachet à des Hélices ou à des Arions, on voit ces animaux se diriger vers la matière nutritive, flairer le sachet, le toucher, le mouiller, le mordre, attirés certainement par rôdeur de la substance enveloppée* ». Ce naturaliste varia ces observations de mille manières. 11 vit des Arions et des espèces d'un genre voisin, se diriger vers leurs aliments placés à proximité, bien que ceux-ci fussent cachés par un écran comme une feuille ou une brique.

A la suite de ces observations, on a, comme toujours, cherché le siège du sens dont on venait de découvrir les manifestations ; et ici encore cette fonction a été localisée sur divers organes. Cuvier et de Blainville attribuaient la propriété de percevoir les odeurs à la totalité des tégu-

i Moquin-Tandon, Histoire naturelle des Mollusques, Paris, 1855, 1. 1, p. 124.

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