‹ Les sens cnez les animaux inférieursChapitre 52 sur 78 · APPAREIL AUDITIF DES VERTÈBRES I · texte numérisé non relu

APPAREIL AUDITIF DES VERTÈBRES I

, constituant Toreille interne. C'est là que le nerf acoustique va aboutir et que ses fibres vont se mettre en contact avec certaines régions de son épithélium de recouvrement ayant subi des modifications spéciales en rapport avec ses fonctions. Ce sac renferme un liquide aqueux désigné sous le nom d'endolymphe^ 11 reste à cet état chez certains Vertébrés supérieurs, mais chez la plupart d'entre eux il se complique beaucoup. 11 se divise en

, deux cavités qui prennent les noms de saccule et d'utricule; la première se divise encore, se ramifie et donne naissance aux canaux demi-circulaires, le second émet

^ un long tube qui se replie en spirale et devient le limaçon. Toutes ces parties sont entourées de périlymphe qui comble l'espace entre elles et les parties dures du rocher. Le limaçon se subdivise lui-même en deux tubes étendus sur toute sa longueur qui sont les deux rampes du limaçon et un canal désigné sous le nom de canal limacien.

Le nerf acoustique se termine dans les crêtes acoustiques de Tutricule, du saccule et des ampoules des canaux demi-circulaires. Dansces crêtes Tépithélium est modifié, on remarque à sa place des cellules spéciales désignées sous le nom de cellules acoustiques, surmontées chacune d'un ou de plusieurs cils très longs plongés dans l'endolymphe et en contact avec les concrétions calcaires ou otolithes qui y sont contenues. Dans le limaçon, le nerf acoustique vient se terminer au niveau d'un organe de nature épithéliale connu sous le nom d'organe de Corti. C'est au niveau de cette formation que les impressions auditives se feraient sentir et grâce à la complexité de sa structure nous poUr-

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rions saisir les nuances les plus délicates des sons qui nous impressionnent.

II n'entre pas dans notre plan de décrire ces différentes parties fort complexes de Foreille des Mammifères ; nous les signalons en faisant remarquer que Tétude des types inférieurs de la série des Vertébrés nous montre que ces organes de perfectionnement n'apparaissent que successivement et n'existent que dans les formes supérieures. Les Poissons en effet ont un appareil auditif réduit aux organes qui chez nous constituent l'oreille interne, c'està-dire à un utricule, à un saccule et à des canaux demicirculaires. Chez les Invertébrés, chez lesquels nous allons successivement rechercher des dispositions organiques capables de remplir des fonctions sensitives analogues à celle de notre oreille, nous verrons* que ce rôle a été attribué à des formations de types fort divers. Mais le plus souvent on a donné le nom d'appareil auditif à des sortes de petites poches renfermant un liquide au sein duquel flottent quelques concrétions. Cette disposition a été comparée aux parties similaires qui existent dans notre oreille interne et en se basant sur ces homologies on a cru pouvoir leur attribuer les mêmes fonctions. Nous verrons à la fin de ce chapitre que ces petits organes ont été l'objet d'études nouvelles qui tendent à modifier les idées que l'on avait sur leur rôle physiologique et à leur attribuer aussi les fonctions que l'on donne aux canaux demi-circulaires des Vertébrés.

PROTOZOAIRES. — Malgré la bonne volonté que tains naturalistes mettent à décrire les similaires de nos

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différents organes des sens chez les êtres unicellulaires, nous devons reconnaître qu'il n'existe pas de travaux signalant des manifestations de lexistence de ce sens chez les Protozoaires.

CŒLENTÉRÉS, — Les zoologistes connaissent depuis longtemps déjà chez certains Cœlentérés, qui mènent une vie pélagique et errante, des appendices spéciaux situés sur les bords de Tombrelle chez les Méduses craspédotes et qu'ils ont qualifiés du nom àt corps marginaux. Quelquefois ces formations contiennent un corps transparent entouré de pigment, et on les a considérées comme des organes de la vision : mais d'autres fois elles renferment des concrétions qui ont porté les auteurs à les comparer aux otocystes des autres Invertébrés et à les décrire comme des appareils auditifs. Cette interprétation est confirmée en partie par les rapports qui ont été découverts entre cts vésicules marginales et le système nerveux de ces animaux.

Ces organes auditifs existent en nombre souvent considérable et sont placés sur un des cordons nerveux circulaires du bord de Tombrelle. Ils sont essentiellement formés par des cellules ectodermiques modifiées. Ces éléments adaptés à ces fonctions nouvelles sont aplatis en forme de ruban et se continuent vers leur région basilaire en un filament qui est en relation avec les cordons nerveux, tandis que du côté opposé ils se prolongent en un cil tantôt court et épais, tantôt long et fin (fig. 25). La forme générale de ces organes est susceptible de quelques modifications. Tantôt ce sont de simples fos-

settes disposées en série sur le bord du velum. Ces fossettes, en se fermant, constituent une vésicule secon-

FiG. 25. — Vésicule auditive de Pbialidiutn traitée par l'acide osmique étendu. — di, Epithélium de la face supérieure du voile. — rf2, Epithélium de la face inférieure. — r, Canal circulaire du bord du voile. — i?rl, Anneau nerveux supérieur. '- b, Cellules auditives. — bb, Soies auditives. — »/>, Coussinet nerveux formé par un renflement de lanneau nerveux inférieur. Tout prés de l'anneau nerveux on voit une cellule figurée en noir qui renferme un otolithe. (Empruntée à Lankester, d'après O. et R. Hertwig.)

Fie. 26 — Organe auditif de Rbopohnema. L'organe consiste en un tentacule modifié bk pourvu de cellules auditives ainsi que de concrétions, et enfermé en partie dans une capsule. \ Empruntée à Lankester d'après O et R. Hertwig.)

daire. Chez d'autres (/^inUy Cunina), les vésicules secondaires sont portées sur des tigelles solides plus ou moins

longues et forment ainsi de petites massues, suspendues librement dans Teau. Enfin chez les Géryonides (Rbopalonema, Geryona y Carmarina), cette mzssne est entourée ^ par des relèvements du disque et enfermée à la fin dans cette masse même (fig. 26).

Malheureusement, si nous sommes bien renseignés S

sur la nature de ces petits organes et sur leur distribution chez les différents genres, nous sommes fort pauvres en observations physiologiques capables de ne nous laisser aucun doute sur le rôle que nous attribuons à ces formations appendiculaires. Nous les classons parmi les appareils auditifs, parce qu'ils nous rappellent la structure des otocystes des Mollusques, mais nous ne possédons aucune observation sur leur valeur et leur rôle physiologique.

ÉCHINODERMES. — Quelques auteurs ont autrefois décrit chez les Synaptes jeunes des dispositions rappelant les otocystes des Mollusques, mais depuis, les recherches les plus récentes des zoologistes n'ont apporté aucun fait nouveau confirmant cette opinion : aussi peut-on jusqu'à aujourd'hui considérer ces animaux comme n'ayant rien de semblable à un appareil auditif.

VERS. — Quelques Vers plats ont des otocystes construits comme ceux que nous allons bientôt décrire chez les Mollusques. Ces organes existent aussi dans quelques cas chez les Nemertes où ils semblent prendre la place des taches oculaires qui font alors défaut.

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Les Nématodes étaient considérés autrefois comme dépourvus d'appareils auditifs, mais les recherches de Marion semblent démontrer l'existence de formations analogues à des otocystes chez^ ceux de ces animaux qui mènent une vie libre et errante ; c'est ainsi que dans le genre AtnphistenuSy on trouve, sur les côtés de la tête et un peu en avant du collier nerveux, deux petites cavités limitées par une fine membrane, renfermant un liquide visqueux et contenant un ou plusieurs otoiithes.

Ces appareils auditifs rudimentaires ont été signalés chez un grand nombre de Vers annelés. Ceux des genres Marpbysaet Arenkola sont connus depuis longtemps et ont été l'objet d'études attentives. Ils ont été décrits également chez les Fabricies et les Amphicorines. Enfin chez quelques formes d'Annélides tubicoles, chez les Sabelles et les Térébelles on connaît des otocystes construits sur le même type.

Plusieurs naturalistes, parmi lesquels nous devons signaler MM. de Quatrefages et Claparède, ont donné de bonnes figures de ces organes. Malheureusement les recherches de ces naturalistes semblent avoir porté surtout sur la morphologie et les rapports des capsules auditives. Aussi avons-nous pu faire sur les Arénicoles quelques études complémentaires qui nous font mieux connaître la structure intime de ces otocystes.

En débitant en coupes le segment céphalique d'une Arénicole, on rencontre sur certaines coupes ces organes qui sont faciles à reconnaître, grâce à la présence de leurs petits corpuscules calcaires. Ces otocystes sont placés dans l'épaisseur des téguments, éloignés de Thypoderme ^t plongés au milieu des faisceaux musculaires ; ils sont

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fixés par l'enveloppe conjonctive des faisceaux musculaires qui se prolonge sur eux et les entoure. Ils ne sont pas en contact immédiat avec les commissures œsophagiennes, mais réunis à elles par plusieurs nerCs. Ils sont placés au-dessus de ces commissures, par conséquent vers la face dorsale de ces animaux.

Ces otocystes ont une forme sphérique, ainsi que les coupes le démontrent. Le diamètre de la cavité de Totocyste mesure 14/100 de millimètre, et le diamètre de sa sphère constituée par sa capsule externe est égal à 22/100 de millimètre. La différence entre ces deux chiffres indique l'épaisseur des parois des capsules auditives. Ces parois sont constituées par une couche de cellules fusiformes, par un réseau de fibrilles disposées en plexus serré et enfin par une coque conjonctive. Les cellules forment la plus grande partie de Tépaisseur de la capsule ; elles sont très minces, en fuseau, légèrement renflées vers le milieu de leur hauteur, au point où est situé le noyau ; elles augmentent également d'épaisseur à leur extrémité interne où elles sont surmontées d'un plateau épais. Les plateaux de toutes ces cellules se soudent intimement entre eux et constituent ainsi une cuticule qui, sur les coupes, se détache souvent des cellules qui lui ont donné naissance. Il nous a été impossible de voir nettement une couche de cils vibratiles; c'est à peine si, sur les pièces les mieux fixées par l'acide osmique, nous avons pu en distinguer quelques traces. Les cellules s'effilent à leur base et se courbent en même temps dans des directions différentes. Tous ces prolongements basilaires s'anastomosent et forment ainsi un réseau très délicat de fibrilles qui, par leur réunion, constituent à la

base de la couche épithéliale une véritable petite zone intermédiaire entre les fibres nerveuses et les pieds des cellules; on y distingue quelques rares noyaux. Ce plexus repose lui-même sur la coque conjonctive formée par une membrane mince et dense, présentant des perforations à traverç lesquelles le plexus basilaire se met en rapport avec les fibres nerveuses.

Les otolithes flottent dans un liquide albumineux ; ils sont nombreux, sphériques, leurs dimensions peuvent varier dans de grandes limites.

On verra, par la description que nous allons bientôt donner de ces mêmes organes chez les Mollusques, que les capsules auditives des Annélides sont construites sur le type des otocystes de ces animaux et qu'il nous serait difficile de signaler entre eux des différences essentielles.

ARTHROPODES. — L'observation vulgaire et en particulier celle des pêcheurs démontre que les Crustacés supérieurs sont parfaitement sensibles au moindre bruit. Tout le monde sait que le silence est nécessaire à la pêche de ces animaux, et une observation déjà fort ancienne d'un naturaliste italien, de Minasi, ne laisse aucun doute sur l'existence de cette faculté. On sait que cet observateur, voulant vérifier à ce sujet Topinion des pêcheurs, enferma des Crabes dans un vase. Ceux-ci s'agitaient bruyamment et essayaient de grimper le long des parois pour recouvrer leur liberté ; si l'on venait alors à "agiter dans le voisinage une petite sonnette pour leur imposer silence, ils rentraient immédiatement dans l'immobilité absolue. Plus récemment Hensen a fait une série d'expériences pour s'assurer de l'existence des facultés auditives

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