LES SENS CHEZ LES VERT.ÉBRÉS
tions descorpsque nousqualifiohsde sonores. Ces vibrations transmises à travers les différentes parties de l'oreille arrivent jusqu'à Tendolymphe et de là aux terminaisons périphériques du nerf acoustique ; cette impression parvient ainsi à une région déterminée de Técorce cérébrale où elle nous procure cette sensation particulière. Mais, de même que pour la vue, des excitations autres que les ondes sonores telles que certains processus pathologiques de notre oreille, nous procurent de véritables hallucinations auditives.
Les différents organes des sens dont nous venons d'exposer en quelques mots les rôles, d'après ce que nous observons sur nous-mêmes,sont faciles à retrouver chez les Vertébrés qui vivent dans les mêmes conditions que nous. Ils existent chez les différents Mammifères et chez les Oiseaux et il nous est aisé d*en observer les manifestations. Nous remarquons déjà cependant qu'ils n'ont pas la même importance relative que chez nous ; l'odorat de beaucoup de Mammifères est plus développé que le nôtre et dans le cerveau de ces Vertébrés nous remarquons les dimensions exagérées de certaines circonvolutions qui sont en rapport avec l'exercice de cette fonction. Les Oiseaux nous offrent au contraire un exemple d'atrophie partielle de ce sens et des preuves d'une acuité visuelle supérieure à la nôtre.
Si nous quittons les Vertébrés qui vivent dans un milieu physiquement identique à celui dans lequel nous vivons, pour étudier les Batraciens et les Poissons qui passent soit une partie soit la totalité de leur existence dans l'eau, nous commençons à reconnaître que les
comparaisons deviennent plus difficiles. L'œil et l'oreille dont les parties constitutives sont faciles à reconnaître nous apparaissent comme des organes plus simples, mais construits en somme sur le même type que chez nous et faciles à caractériser. Nous notons seulement quelques modifications en rapport avec la nature du milieu dans lequel ils fonctionnent. Il n'en est pas de même pour les autres sens. Ces animaux possèdent un sens tactile quelquefois fort délicat, dans certains de leurs organes du moins, et nous ne trouvons pas dans leurs téguments ces terminaisons nerveuses spéciales qui existent chez nous et les autres Vertébrés aériens, dans l'épaisseur de la pulpe des doigts chez les Mammifères, sur la face interne du bec chez les Oiseaux, c'est-à-dire là où le toucher s'exerce avec le plus de délicatesse et d'activité. Nous ne pouvons cependant refuser aux Poissons le sens du toucher, mais nous sommes obligés d'admettre que, à cause de la nature du milieu dans lequel il fonctionne, ce sens doit s'exercer à l'aide de terminaisons nerveuses d'une nature spéciale et encore mal connues. Les observations que nous venons de faire au sujet des conditions dans lesquelles fonctionne le toucher chez les Vertébrés à vie aquatique peuvent s'appliquer à l'olfaction et au goût. On sait que les Poissons sont attirés quelquefois de fort loin par des corps capables d'émettre des vapeurs ou des gaz odorants : telles sont par exemple les substances en putréfaction; ces gaz arriveraient jusqu'à eux en se dissolvant dans l'eau et impressionneraient leurs cavités olfactives. On n'ignore pas cependant que,dans ces conditions,le sens de l'odorat ne peut pas fonctionner chez nous ; en effet des solu-