‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 112 sur 146 · LES BEAUX-ARTS EN GC-:NKRAL · texte numérisé non relu

LES BEAUX-ARTS EN GC-:NKRAL

tés de rhélori(iiie provioniienldc coiiipariusons. La motaphore, la siniililudc, Tallé^'orie, sont dos exomj)les de comparaisons imagées par simililudo, servant lanlot à éclairer, à faire compi'(Mi(li'{\ tantôt à produire de l'eflet et ;\ animer. C'est ti l'esprit d'idiMUilication qu'estdue l'invention des ligures: le génie ])oétique et littéraire des siècles a rassemblé d'immenses approvisonnements de ce genre de comparaisons; un grand nombre ont môme passé dans le langage usuel où elles embellissent la conversation. Personne n'a atteint un rang élevé dans la littérature, qui ne possédât à quelque degré la faculté de créer des images originales; on peut même mesurer assez exactement la force intellectuelle d'un esprit et apprécier le caractère d'un génie par la distance qu'il est capable de franchir pour comparer des choses en apparence très-dissemblables. Les inventions d'Homère, d'Eschyle, de Milton, et surtout de Shakespeare (et nous n'avons pas la prétention d'épuiser la liste des génies de premier ordre), sont prodigieuses. Qu'elle vient de loin, et pourtant qu'elle est grande la comparaison qui nous représente Apollon descendant l'Olympe : «il s'avançait semblable à la Nuit » ! La faculté d'identification ne parviendrait jamais à rapprocher des choses si différentes, si quelque préparation préalable n'assimilait pas la nature des deux choses, ainsi que nous en avons vu des exemples, à propos de certaines découvertes scientifiques. Il fallait d'abord personnifier la nuit, et réduire par là l'immense dissemblance qui sépare la fin du jour et la marche d'une personne qui descend les pentes d'une montagne. Apollon d'ailleurs était le dieu du soleil.

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