‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 125 sur 146 · StMitimcnts «l«; mouveinenf · texte numérisé non relu

StMitimcnts «l«; mouveinenf

Construction des idées de sensations qui n'ont pas été éprouvées; associations de l'archileclnre.

I.e mouvement donne naissance, comme nous l'avons vu, à divers états de conscience : les uns émotionnels, comme l'exercice et le repos, les autres purement intellectuels, comme les sentiments de pression, d'espace et de forme. Nous allons considérer quelques exemples des états de conscience du second genre.

Quand nous avons acquis une sensibilité discriminative correspondant à une certaine résistance ou à une certaine pression, nous pouvons construire le sentiment d'une autre résistance, àundegré difl'érent. J'ai dans ma main, imprimée par une longue pratique, la sensation du poids d'une livre; et il faut que je construise, que je conçoive, que j'imagine l'impression correspondant à trois livres. Dans ce but, il faut que je tâche de fondre les deux notions d'un poids d'une livre et d'un de trois livres, qui me sont déjà très-familières séparément. En concentrant mon attention sur les deux éléments en question, je peux arriver à imaginer une impression composée des deux sensations, et correspondant plus ou moins à la sensation actuelle d'un poids de trois livres dans ma main.

Il n'est pas rare que nous soyons appelés à faire des efforts qui impliquent ce genre d'adaptation. Si je suis accoutumé à sauter un fossé de trois pieds de large, je peux facilement m élever à la notion d'un effort de cinq pieds. De même en lançant un objet pour toucher un but; dans ces cas la construci ^n se fait d'abord sur Vidée préconçue de l'action, avant de passer à l'action elle-même.

La même faculté de varier le degré s'exerce quant au volume et à la forme. Après avoir acquis la sensation du bras qui correspond à une amplitude d'un pied, nous pouvons construire un sentiment qui correspond à l'amplitude de deux pieds, ou d'un demi-pied. Nous pouvons aussi varier la forme d'une surface donnée. En fixant l'esprit sur la forme d'un cercle et la surface carrée d'un carreau de vitre, nous pouvons con-

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Les proportions de rareliilecUire dans les l);\tinienls supposent un ed'ort de la laeulléconslructive appliqué aux senlinrienls musculaires de poids et de résistance. En reuuiaiil ou en soulevant des pierres d'un petit volume, nous acquérons une certaine appréciation de l'inertie et du poids des matériaux, que nous étendons ensuite par construction aux gros blocs que nous ne pouvons pas manier directement. En multipliant les sensations de dépense musculaire qui nous sont connues, nous arrivons à concevoir, incomplètement peut-être, le poids d'un linteau solide de pierre; de même en multipliant les expériences que nous avons faites, sur une petite échelle, de la ténacité de la pierre, du bois ou du fer, nous jugeons si deux supports de pierre, de bois ou de fer, sontcapables de supporter un linteau. Tel est la nature du sentiment de la convenance architecturale ou de la beauté du support.

Tl en est un peu autrement des sentiments émotionnels du mouvement. Dans les deux sections suivantes nous donnerons des exemples de la constructivité émotionnelle en général.

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