‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 16 sur 146 · FONCTIONS DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

FONCTIONS DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

Les hémisphères du cerveau^ chez l'homme, chez les vertébrés supérieurs, sont de beaucoup les masses les plus volumineuses de substance nerveuse blanche et grise ; on peut les considérer comme le siège des fonctions mentales les plus compliquées : celles de l'intelligence.

On a beau irriter ou piquer les hémisphères, on ne provoque ni sensation ni mouvement. Une pression de haut en bas ou une commotion produisent de la stupeur. Quand on enlève les hémisphères, voici ce qu'on observe : premièrement, les sens de la vue et de l'ouïe sont perdus; secondement, la mémoire et les facultés caractéristiques de l'intelligence ou de la pensée sont abolies; troisièmement, la volonté, sous la forme de la faculté de concevoir un dessein, ou la prévision, est détruite (1), ce qui est encore la perte de l'intelligence, — un animal ne peut aller à la recherche de sa nourriture sans idée de ce dont il a besoin, et sans se rappeler les moyens et les procédés qu'il doit employer pour la saisir ; quatrièmement, il reste encore la faculté d'exécuter divers mouvements combinés : un animal peut

(1) Même en l'absence des hémisphères, il reste une espèce de volition d'un rang inférieur ; les expériences de Pflùger et d'autres savants le démontrent. Une grenouille décapitée dont on touche la patte postérieure avec un acide fait un effort de l'autre patte pour s'essuyer.

Si l'on dépose sur le dos de l'animal une goutte d'acide, il se sert de la patte du même côté pour se débarrasser de la cause de sa douleur; si en coupant le nerf de celte patte on la paralyse, l'autre est stimulée à écarter l'acide. C-es actions ont le caractère, essentiel des actions volontaires, et pourtant elles ne viennent pas de plus haut que la moelle épinière. Elles représentent la volonté dans une de ses formes rudimentaires, c'est la production d'une action *pour alléger une douleur actuelle. Les apparences feraient croire que la douleur est sentie ou que l'animal est conscient.

encon^ marcher, iiaj^cr, voler, mais il ne saurait commencer ces actions; cinquièmement, il reste une forme inférieure de la sensibilité des trois sens inférieurs : le tact, le goût et l'odorat; en stimulant ces sens on excite des mouvements réllexes.

Ainsi les hémisphères ne sont pas le siège exclusif de la conscience, mais ils sont incontestablement le siège tant d(î l'intelligence que de presque toutes les nuances et variétés des sensations et des émotions.

On a cherché sans succès à localiser les fonctions mentales dans des portions spéciales de la masse cérébrale; les physiologistes ont signalé des cas où la destruction ou la maladie d'un hémisphère n'entraînait pas la perte totale d'aucune fonction; ce qui faisait supposer que les hémisphères sont des organes doubles remplissant la même fonction, comme les deux yeux ou les deux fosses nasales ; mais on a rapporté aussi des cas où de grandes portions du cerveau étaient altérées dans les deux hémisphères à la fois, sans qu'aucune fonction fût perdue. Nous sommes donc conduit à admettre qu'une seule faculté mentale a à son service plusieurs issues.

Page 1