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SENTIMENTS D'EXERCICE MUSCULAIRE EN GÉNÉRAL

Il y a des sentiments qui sont propres aux muscles. L'état de conscience qui provient de l'exercice d'un muscle ne se montre en rapport avec aucune autre partie de l'organisme.

Sentiment de l'exercice musculaire en général. Les sentiments diffèrent grandement suivant le genre d'exercice : une tension diffère du mouvement (1) ; des états de conscience différents sont attachés respectivement aux mouvements rapides et aux mouvements lents. La forme la plus générale et la plus caractéristique de l'exercice musculaire est celle dont nous retrouvons des exemples dans une tension , ou autrement

(1) Tension {dend strfu) signifie un état du muscle dans lequel le muscle n'entre pas en action, dans lequel les propriétés vitales du muscle ne réagissent pas, le muscle restant passif, ne donnant lieu à aucun effet mécanique apparent.

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dans un fiiand fonclionnemenl accompagné d'un mouvement modéré.

Conimeiiçons par le })oiiil de vue physique.

Quand un muscle se contracte, les particules qui composent les libres musculaires se rapprochent en vertu de l'attraction énergique développée dans le muscle par le stimulus nerveux. En se dépensant d'une certaine manière, la substance du muscle produit une force physique intense; pendant cette opération le tissu est affecté, pour ainsi dire, d'une violente agitation interne. Comme les nerfs reçus par les muscles sont principalement des nerfs moteurs qui y conduisent le stimulus émané du cerveau ou des centres nerveux, nous ne pouvons mieux faire que de supposer que la sensibilité concomitante du mouvement musculaire coïncide avec le courant centrifuge de la force nerveuse, et ne résulte pas, comme dans la sensation proprement dite, d'une influence extérieure transmise par les nerfs centripètes. On sait que les fdets sensitifs se distribuent dans le tissu musculaire en compagnie des fdets moteurs ; il est donc raisonnable de supposer qij^ c'est par ces fdets sensitifs que les états organiques d'un muscle affectent l'esprit. Il n'en résulte pas que le sentiment caractéristique d'une force mise en jeu soit le résultat de la transmission par les fdets sensitifs ; au contraire, nous sommes tenus de supposer que ce sentiment est l'accompagnement du courant centrifuge qui stimule les muscles à l'action. Nulle autre hypothèse ne représente aussi bien l'opposition radicale de nature qui distingue les états d'un muscle qui exerce sa fonction, de ceux où il subit passivement une stimulation (1).

(1) Aucun des physiologistes qui ont traité celle intéressante question n'a signalé la présomption qui résulte de l'opposition tranchée du mouvement et de la sensation. Ils paraissent attacher fort peu d'importance à la question de savoir si les sensations du mouvement doivent être classées à part ou considérées comme des impressions transmises au cerveau par les nerfs sensitifs. Selon moi^ au contraire, cette distinction essentielle au point de vue psychologique manque de base physiologique dans cette hypothèse. Voici ce que dit à ce sujet le professeur Brown-Séquard. « J. W. Arnold a voulu démontrer que les racines antérieures des nerfs contiennent des fibres nerveuses qui portent au sensorium les impressions qui donnent la connaissance de l'état des muscles » relativement au degré de contraction ou à la qiltantité de mouvement : « Le principal fait sur lequel il appuie son opinion, c'est qu'après la section des racines

Mais les suites physiques de reffort: musculaire se font sentir en dehors du muscle môme. Nous savons que l'exercice actif affecte indirectement tous les organes du corps. La circulation s'accélère, le sang afflue aux muscles, tandis que le cerveau est vidé d'un trop-plein de sang qu'on peut considérer comme morbide. Les poumons excités fonctionnent plus largement. Une élimination de substances excrémentitielles par la peau est provoquée. La chaleur animale se produit en plus grande quantité. Pourvu que l'usure des substances nutritives causée par ces différents modes d'une action augmentée soit convenablement réparée, la force de l'organisme dans son ensemble augmente par l'effet de l'exercice musculaire.

postérieures des nerfs des pattes de derrière d'une grenouille, l'animal peut se servir de ces pattes presque aussi bien que si l'on n'avait rien fait aux racines postérieures. » Il semblerait donc que non- seulement la faculté de mouvement, mais aussi le sens qui guide les^ mouvements, n'ont pas de rapport avec les nerfs sensitifs. « Cette expérience a assurément de la valeur, et nous devons avouer qu'il est difficile de l'interpréter autrement qu'Arnold. Bien plus, nous avons trouvé nous-mème qu'après la section de toutes les racines postérieures des nerfs spinaux chez les grenouilles, les mouvements volontaires semblent presque aussi parfaits que si ces racines n'avaient subi aucune mutilation : nous avons vu aussi que si on leur pince la peau de la tête d'un cùlé, le membre postérieur du même côté essaye de repousser la cause de la douleur, aussi bien que si les racines postérieures n'avaient subi aucune lésion. J'ai constaté aussi que chez les grenouilles rendues aveugles, ces expériences donnent le même résultat. »

Mais nous ne sommes pas obligé d'en passer par l'hypothèse d'Arnold. L'hypothèse que l'esprit discerne le degré d'intensité d'un courant moteur ou la force dépensée par le cerveau dans le mouvement volontaire est au moins aussi admissible. 11 nous semble que c'est supposer une complication inutile que de mêler des nerfs sensitifs aux nerfs purement moteurs; c'est nier que les racines antérieures soient des nerfs purement moteurs. M. Brovvn- Séquard ajoute : « Bien que j'admette les expériences d'Arnold, je ne crois pas comme lui que les racines antérieures conduisent seules au ceiveau les impressions des muscles. Quand on applique lui courant galvanique aux muscles de la patte d'une grenouille, sur laquelle les racines postérieures des nerfs qui se rendent à cette patte ont été coupées, il ne se produit pas de douleur; nulle autre cause n'en peut plus produire ni sur la peau, ni sur les muscles. » (Lectures, 9.) Ceci s'accorde parfaitement avec l'opinion qui attribue les sentiments de la résistance et des niouvemenls au courant ctférent des nerfs moteurs, et la sensibilité pour la douleur au courant atférent des nerfs sensitifs.

« La sensibilité distinclive des muscles, remarque E. H. Weber, semble dans

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