SENTIMENTS D'EXERCICE MUSCULAIRE
Il faut (lire un moi des mouvements passifs (ou mieux nommés obligés) dont ceux (juc nous faisons, (juand nous sommes en voilure, sont des exemples. A première vue, on pourrait supposer qu'il ne devrait y avoir dans ce cas aucune sensation d'exercice musculaire, puisque le sujet est mû par une autre force que la sienne. Cela serait vrai en certaines circonstances. Nous n'avons aucune impression qui nous révèle que nous nous mouvons dans un cercle avec le mouvement rotaloire de la lerre, ou à travers l'espace par le mouvement qu'elle fait autour du soleil. De môme sur un navire nous perdons souvent tout sentiment du mouvement qui nous emporte, et nous ne sentons pour ainsi dire aucun mouvement en avant. La sensibilité qu'éveille en nous le mouvement de transport dépend en partie de l'œil que récrée la variété du spectacle, et en partie des mouvements irréguliers qui exigent que tous les muscles du corps s^y adaptent par une action délicate. Quand nous sommes en voiture, les ressorts et les coussins nous évitent tout choc violent, tandis que l'exercice tranquille que nous communiquent les arrêts et les reprises du mouvement, les petites montées et les petites descentes de la route, ont quelque chose de l'influence que nous avons reconnue aux mouvements doux. Le docteur Arnott a observé que les secousses de la voiture accéléraient la circulation du sang.
Dans l'exercice du cheval, il entre une plus grande somme d'activité. Le cavalier n'est pas soumis à toutes les causes de fatigue de la marche, mais il fait encore assez d'exercice pour stimuler les fonctions vitales et éprouver le plaisir que cause la contraction musculaire.
Le fauteuil à bascule inventé par les Américains, qui semble fait pour donner toutes les voluptés de la sensibilité musculaire, est un autre moyen de trouver du plaisir dans le mouvement. Autrefois les meubles n'étaient faits que pour donner le plaisir du repos, mais aujourd'hui le cheval à bascule de l'enfant a son représentant parmi les objets utiles à l'homme fait.
Il est évident, en définitive, qu'une notable portion du plaisir physique découle de l'appareil moteur et du tissu musculaire ;
cerveau, et quand le vaisseau s'élève, un reflux rapide se produit. On a même dit qu'on pouvait diminuer le flux et le reflux en faisant faire au corps un mouvement en sens inverse du mouvement du vaisseau, et prévenir ainsi le mal de mer.
on peut accroître encore ce plaisir en variant habilement les différents modes d'exercice. Le plaisir peut même être le résultat du travail manuel, quand ce travail est modéré, bien soutenu par une alimentation convenable, et coupé de repos. Enfin ce genre de plaisir est pour beaucoup dans celui que nous goûtons à la chasse et dans les divertissements actifs de toute sorte ; il joue le principal rôle dans les plaisirs de la locomotion, dans les exercices gymnastiques et les jeux athlétiques.