SENS J)U TACT
lÏMciile. CoUc rtMiiar([u(' s'a|)j)Iiqu(M'ail au clialouilhuuonl (jiii |)iv('è<lc le rire cl rélcrimonienl. Ij'iirilalioii du gosier donne lieu tout d'aboi'd i\ des ronlraelions réllexes des uuisclcs du [)liarvnx; eelles-ci sonl plus ou moins douloureuses, nous ne lardons pas ;\ céder à des mouvements involontaires qui produisent l'expiration spasmodique de la toux. On peut dire la même chose des cfTels d'une ccorchurc, quand elle est trop léficre pour produire une sensation poignante de brûlure ; c'est un stimulus d'action réflexe qui vient frapper un système nerveux irritable, au moment où les mouvements musculaires forcés sont douloureux. Ce n'est pas la sensation elle-même que nous redoutons, mais le réveil d'une activité morbide, quand nous désirons le repos.
Toutes les parties de la peau sont susceptibles de donner des sensations douloureuses, surtout pendant le cours d'une maladie ou si la peau porte quelque lésion. L'épiderme est insensible, mais le derme est d'une sensibilité extrême. Les déchirures, les écorchures, les brûlures, donnent des douleurs aiguës. La compression longtemps continuée de la môme partie de la peau donne lieu à une sensation pénible. Les cheveux sont insensibles par eux-mêmes; mais, comme ils tiennent à la peau, ils servent d'intermédiaires à la sensation. Le point d'attache des ongles est le siège d'atroces douleurs que l'imagination peut facilement représenter.
La viscosité est une sensation distincte qui résulte de l'adhésion d'une substance à la peau; c'est une sensation désagréable dont la cause est peut-être quelque interruption des fonctions naturelles de la partie affectée.
II. Sensations de température. Les sensations de chaleur et de froid sont le plus vivement senties à la peau ; la sensibilité s'étend aussi au gosier, à l'estomac, au rectum. Il n'y a pas de raison de supposer que les sensations aient besoin d'autres nerfs que ceux du tact. La chaleur est un état de mouvement moléculaire; il est à présumer qu'elle cause quelque perturbation dans l'arrangement des molécules des nerfs, et que c'est ainsi qu'elle produit une stimulation agréable ou désagréable suivant les circonstances (1)
(1) Harnillon croyait que la sensation de chaleur dépend de deux systèmes
l/lO DE LA SENSATION.
La scnsalion d'humidité ne semble pas être autre chose qu'une sensation de froid.
Il semble que nous soyions également sensibles à des températures marquées par des degrés élevés comme par des degrés bas du thermomètre. Suivant Weber, nous pouvons distinguer IZi" R. de \U°,k aussi bien que 30° de 30°, /i ; la distinction se lait le mieux quand le changement est rapide; elle se fait mieux aussi quand on applique des températures inégales à des parties contiguës, que lorsque l'application porte sur des parties distantes. La sensibilité des différentes parties pour la température ne dépend pas seulement de l'abondance des nerfs qui s'y rendent, mais aussi de certaines circonstances que nous ignorons pour le moment. Weber a rangé les parties par ordre de sensibilité pour la chaleur ainsi qu'il suit : la pointe de la langue, les paupières, les lèvres, le cou, le tronc. A la face, à la poitrine et à l'abdomen, les parties centrales sont moins sensibles que les parties latérales.
On augmente la sensibilité en augmentant l'étendue de la surface impressionnée. Quand on plonge un doigt dans de l'eau à 32° R. , et toute la main dans de l'eau à 29', 5, c'est celle-ci qui paraît la plus chaude.
Il est à remarquer que, quand une partie du corps en touche une autre, la température étant la même, c'est la partie douée de la propriété tactile la plus délicate qui sent l'autre. Si les
de nerfs; il en donnait deux raisons : 1° certaines parties du corps sont insensibles à celte sensation ; 2" on connaît des exemples dans lesquels la sensibilité en général était abolie, tandis que la sensibilité pour la chaleur n'était pas sensiblement diminuée (Reid, p. 875).
Par contre, les expériences de Weber nous portent à conclure que l'intégrité de la peau est nécessaire à la distinction des degrés de température par le tact, et ne nous permettent pas de supposer que d'autres nerfs que ceux du tact soient nécessaires (Carpentier, ffwma;z phi/siology, 4^ édition, i^ 866,\
Brown-Séquard pense que la moelle épinière, le canal des impressions de la température, est différent de celui des impressions tactiles.
On peut remarquer que la sensibilité discriminative de la peau, qui se révèle dans la plupart des impressions, implique un organe interne ou central qui reçoive, indépendamment les uns des autres, les slimuli des diverses parties. Or, un dérangement interne peut altérer cette indépendance des impressions sans détruire la sensibilité des fibres aux stimulants de chaleur ou de froid, ou de toute autre forte irritation. On a prouvé qu'une lésion des couches optiques détruit la sensation tactile, mais non la sensibilité pour la douleur.