SENS DU TACT. I/4I
lomprralurcs sont clifFiM entes, la pieniière seul la seconde i)ai le tacl, landis (jne la seconde senl la première j)ar la lenipélalui'e. Ouand nons portons la main ;\ nos sonrcils, ce n'est pas la main qni est sentie par le sourcil, et ce n'est pas la fraîclieni' du sourcil qui est sentie par la main.
Weber a signalé un aulre iail singulier qui se rattache au sens de la température : quand deux substances de môme poids, mais de températures difréientes, sont évaluées par le sens du tact, la plus chaude parait la plus lourde. On peut expliquer cet eU'et bizarre par l'impression dépressive du IVoidsur l'espril. Il y a là quelque chose d'analogue à la perversion de noire évaluation du temps qui résulte d'un état d'entrain ou de dépression insolite de l'esprit; dans l'un nous nous imaginons que. le temps passe vite, dans l'autre qu'il s'écoule lentcnient.
La sensation de la température joue un rôle dans beaucoup de nos actes de comparaison; c'est elle qui décide par exemple quand nous touchons du bois et une pierre, et qui nous les fait distinguer.
III. Nous allons aborder une classe de sensations, celles du tact proprement dit, qui sont par excellence les sensations intellectuelles de ce sens.
A. Impressions de points susceptibles d'être distingués. Nous avons déjà fait remarquer le caractère discriminatif et flexible du sens du tact qui lui permet de recevoir et de distinguer des impressions relatives à la position des diverses parties d'une surface étendue. Les diverses parties du corps présentent des différences très-intéressantes au point de vue de cette propriété. Les expériences de Weber les ont fait connaître.
Weber a touché les différentes parties de la peau d'un même individu, dans des directions différentes, avec un compas dont les pointes émoussées par de la cire à cacheter étaient plus ou moins écartées. Il a trouvé que la plus petite distance à laquelle on perçoit le double contact des pointes varie dans les diverses parties du corps, depuis un trente-sixième de pouce jusqu'à trois pouces; c'est un excellent moyen de juger l'acuité du sens. Nous percevons une double impression sur les parties très-sensibles de la peau, quoique les pointes soient très-rap-" prochées l'une de l'autre ; sur les parties d'une sensibilité
\[l'2 I>E LA SENSATION.
moindre, nous ne sentons qu'une seule pointe, bien que les deux pointes soient en réalité assez écartées l'une de l'autre.
Dans beaucoup de parties, nous percevons la dislance et la situation de deux pointes plus distinctement quand elles sont placées transversalement que lorsqu'elles sont placées dans le sens longitudinal, et vice versa. Par exemple, au milieu du bras et de l'avant-bras, les pointes ne font une impression double qu'à la distance de deux pouces, si elles sont placées en travers; c'est à peine si elles donnent une impression double, môme à trois pouces, quand elles sont placées dans le sens de la longueur du membre.
Les deux pointes écartées d'une distance fixe paraissent bien plus écartées quand elles sont posées sur une surface très-sensible, que lorsqu'elles touchent une surface de sensibilité obtuse. Quand on les porte successivement sur des régions dont le^ parties sont différemment douées, il semble qu'elles s'ouvrent à mesure qu'elles se rapprochent des parties très-sensibles, et vice versa.
Si Ton appuie plus sur l'une des pointes que sur l'autre, la plus faible cesse d'être distinguée, la plus forte impression tendant à masquer la plus faible d'autant plus complètement qu'elle est plus forte elle-même.
Les deux pointes écartées à une distance fixe sont plus nettement distinguées quand elles sont en contact asec des surfaces qui varient par la structure et par la fonction, que lorsqu'elles sont appliquées sur la surface, comme par exemple à la face interne et externe des lèvres, ou au front et au dos des doigts.
La partie la moins sensible des membres est la partie moyenne, par exemple le milieu du bras, de l'avant-bras, de la jambe, de la cuisse, la face convexe des articulations étant plus sensible que la face concave.
La main et le pied l'emportent en sensibilité sur le bras et la jambe, la main sur le pied, la paume de la main sur le dos, la plante des pieds sur le cou-de-pied. A la face palmaire de la main, l'acuité du sens correspond Irès-exaclement avec le développement des rangées de papilles; partout où ces papilles manquent, elle est faible.
Le cuir chevelu a une sensibilité plus émoussée qu'aucune autre partie de la tête; le cou n'est pas même aussi sensible que le cuir chevelu. La peau de la face devient de plus en
SKNS m TACT. U3
plus Mnisil)lo îi incsuri' i[n(\ nous nous liipprochons de la ligne iiK'diauc; le bout du nez cl l(>s bords des lèvres sont exlrômeuient sensibles et ne le eèdent (ju'ù. la poinb; de la lanj^ue. Celte dernière partie, dans un espace de quel([ues lignes carrées, montre une sensibilité plus vive que les parties les plus sensibles des doigts ; les pointes du compas y t'ont généralement une impression double, même avec un écartement d'un tiers de ligne. A mesure qu'on s'éloigne de la pointe, sur le dos de la langue ou sur les c(Mcs, nous trouvons le sens du lact beau- «'oup i)lus oblus.
La sensibilité de la surface du tronc est inférieure à celle des extrémités ou de la tête; les flancs et les mamelons qui sont si sensibles au chatouillement ne possèdent qu'à un faible degré la faculté de distinguer les distances des deux pointes. On distingue mieux les deux pointes placées sur les côtés opposés, soit en avant, soit en arrière, que lorsqu'elles sont posées du même côté.
Ces résultats sont fournis par les diverses parties quand elles reçoivent d'une façon passive et sans mouvement les impressions d'un corps étranger; ils nous font voir la précision du sens dans la mesure où il dépend de la structure de la surface tactile. Quand on déplace l'objet sur la surface sensible, la force de la sensibilité augmente, par exemple quand on fait mouvoir rapidement un objet sur la main immobile. On sent alors séparément le contact de deux pointes de compas aussi rapprochées que l'on veut, tandis que, s'il n'y a pas eu mouvement, on n'en sent qu'une. Quand on fait passer rapidement les doigts à la surface d'un objet, sous la direction de l'esprit, on apprécie le contact d'une façon d'autant plus exacte que les mouvements sont plus variés et qu'on y porte plus d'attention. Alors on dit que nous « senions, ou que nous examinons par le sens du tact » (ïodd et Bowman, 1, /i29-30).
Les physiologistes ont prôné avec raison ces observations de Weber, qu'ils regardent comme la base d'une méthode exacte d'évaluation de la sensibilité tactile de la peau. D'autres observateurs en ont fait des applications plus étendues, ainsi qu'on peut le voir dans l'article du docteur Garpenter sur le tact dans la Cyclopœdia of Anafomij (l).
i\^ \.os Tnociire? qui suivant sont f^mpruntées à Weber; les intervalles Frnt
Illh DE L\ SENSATION.
11 est nécessaire ton le fois que nous discutions ce qu'il y a dans ces expériences et que nous y démêlions la paît qu'il faut faire au sens du tact de celle qui revient au sens nriusculaire.
Toutes les fois que deux pointes produisent une sensation double, nous pouvons supposer qu'une pointe tombe sur l'aire desservie par un nerf distinct, tandis que l'autre pointe tombe sur l'aire d'un second nerf. 11 y a un certain point de subdivision ou de ramification des nerfs du tact, au delà duquel les impressions se confondent et n'en font plus qu'une en arrivant au cerveau. Combien de fibres élémentaires il y a dans chaque unité nerveuse, nous ne pouvons le deviner; mais à la peau du dos, au milieu de la cuisse et au milieu de l'avant-bras, une aire de trois pouces de diamètre, ou de six à sept pouces carrés, est desservie par les filets nerveux d'une même unité. Au bout des doigts les unités sont si multipliées que chacune ne dessert pas plus qu'un espace d'un dixième de pouce de diamètre. Ces
exprimés en lignes ; l'écart qu'elles présentent d'après Weber va d'un vingtquatrième de pouce, à la pointe de la langue, à deux pouces et demi ; l'écart indiqué dans le texte est plus grand et correspond à des comparaisons extrêmes de difTérenls observateurs.
Pointe de la langue 1/2 ligne
Pointe du doigt indicateur, face palmaire 1
Bord de la lèvre inférieure 2
Seconde articulation des doigts, face palmaire 2
Dernière articulation des doigts, face dorsale 3
Bout du nez 3
Milieu du dos de la langue 4
Bout du gros orteil . 5
Paume de la main 5
Joue, sur le buccinateur 5