Partie postérieure du cou, près de l'occiput
Milieu de l'avant-bras, milieu de la cuisse, milieu du dos,
du cou 39
Quand on pose les pointes de façon à ce qu'elles tombent dans l'intervalle où il n'y a pas double sensation, et qu'on les écarte graduellement, on trouve que cet intervalle est plus grand que lorsqu'on fait l'expérience en sens inverse.
SliNS ni' TACT. l/ir>
unités coiTcspondriiicnt un (^orps entier du neif olfactif ou de celui du ^oûl, r:\v eos nerfs no donnent (lu'une impression indivise pour toute l'aire affeclée, ou au plus deux impressions, une pour chaque coté.
Il est important de remarquer que la sensibilité qui nous permet de sentir le contact de plusieurs pointes, ne nous fait pas connaître la dislan(M^ cpii les sépare; et nous ne pouvons pas dire, avant de l'avoir délerminé par l'expérience, sur(juelle partie du corps l'impression est faite. Il faut donc admettre que dans les expérimentations d'où nous tirons la connaissance de l'intervalle relatif des pointes, comme lorsque nous portons les pointes d'une partie plus obtuse à une partie plus sensible, se trouvent mêlées des perceptions que nous avons obtenues par une autre voie que celle du contact.
Cette autre voie c'est le sentiment du mouvement, la sensibilité m'usculaire, sans l'intervention de laquelle il est impossible de comprendre complètement les sensations du tact.
B. Sensations de pression . Quand un contact, de doux qu'il était, devient une compression quelque peu forte, le caractère de la sensation change. 11 devient indifterent au point de vue du plaisir ou de la douleur, à moins qu'il ne soit sur le point d'olfenser les parties ; alors il est pénible. Les nerfs du tact sont naturellement affectés, mais probablement ils ne sont pas seuls àrctre. La compression qui résulte de ce contact peut étendre son action aux nerfs situés dans les parties profondes, c'est-à-dire aux libres qui se distribuent aux muscles, etc.
Si le membre comprimé n'est pas supporté, ses muscles réagissent et donnent le sentiment de la résistance. S'il est supporté, comme quand la main repose sur une table, l'effet, n'est qu'une sensation de pression, que les nerfs stimulés soient seulement ceux de la peau, ou ces nerfs combinés avec ceux des parties sous-jacentes.
Le sens de la pression a une certaine faculté de distinctioit qui s'applique à déterminer les degrés de poids, de dureté, d'élasticité et d'autres propriétés. Les parties les plus sensibles, comme les bouts des doigts peuvent distinguer 20 onces de 19,2 onces; l' avant-bras distingue 20 onces de 18,7 onces.
L'intervalle du temps est selon nous pour quelque chose dans la distinetion. La dKférence qui sépare Mi, de 15 on
BMV. 10
] 'i fi I)E LA SENSATIOIV.
môme Vi,r>, pourrait Otre saisie en moins de 30 secondes^ on peut distinguer h onces de5 en moins de 90 secondes.
La distinction de la pression n'augmente pas proportionnellement avec le nombre des nerls tactiles que possède la partie.
IV. Sensations dri tact impliquant des perceptions muftculoires^ Nous commencerons par des exemples où la sensation est purement musculaire, la sensibilité tactile n'y figurant qu'accidentellement. Le sentiment du poids est de cette espèce, il dépend du sens de l'exercice musculaire, bien que la sensibilité de la peau pour la compression puisse jusqu'à nn certain point s'estimer. (( Weber a fait des expériences pour constater jusqu'à quel point nous sommes en état de juger du poids par le simple sens »lu contact (sans intervention des muscles). Il a trouvé que lorsque deux poids égaux, en tout semblables, sont placés sur des parties homologues de la peau, on peut ajouter ou retrancher à l'un d'eux une certaine quantité sans que la personne soumise à l'expérience s'aperçoive du changement, et que lorsque les parties qui supportent les poids, les mains par exemple, reposent inactives sur une table, on peut changer beaucoup plus la quantité des poids sans que la perception en soit affectée, que lorsque les parties sont libres de leurs mouvements. Par exemple, on peutajouter 8 et 12 oncesà 32, ou les retrancher, quand la main est immobile et appuyée; on n'en peut ajouter ou retrancher que de 1 1/2 à Zi quand les muscles sont libres d'agir, différence d'autant plus remarquables que dans le premier cas une plus grande partie de la peau est affectée (par la pression en sens contraire sur le support), que dans le second cas. Weber en conclut que la faculté de mesurer les poids par le simple tact de la peau est plus que doublé par le jeu des muscles. Nous croyons que cette estimation est plutôt au-dessous qu'au-dessus de la vérité. » (ïodd et Bowman, Zi31.)
Ce qui suit confirme que la sensibilité discriminalive de la peau pour les degrés de compression peut contribuer à apprécier les poids. (( La faculté que chaque partie possède plus ou moins d'estimer le poids correspond assez exactemeni avec leur degré de sensibilité tactile. Weber a découvert que les lèvres estiment mieux le poids qu'aucune partie, ainsi que nous pouvions le préjuger d'après la délicatesse du tact dans ces ])arlies et leur
SKNS 1)1 TACT. 1^1?
PLtrnnc ifiohi/ifi'. \.rs (\()'\<^\s v{ les oilcils sont dos instruments lrôs--(léli(';i(s (le l'rvalualion des i):)i(ls; la paume, do la main cl la plaul'.* du piod pussèileul collo piopLiôto à un do^ré rouiarlïuahle, sj)éciali'miMil au nivoau do la tolo dtvs môlaoarpious et dos inôlatai'^ions; laïuii^ ((uo lo do^, l'occiput, lo thorax, l'abdomen, les épaules, et les jambes, n'ont (ju'uuo très-l'aiblo a[)lilude i\ distinj^uer les poids. » (Todd et Howman, /i32.j
Ci) que nous disons du poids s'api)li(pie à toute autre forme de p)'cssio)i, de force ou de résistance. Une poussée ou une compn^ssion reçue par la main se mesure par l'effort musculaire (ju'on leur oppose, et par la compression de la peau au point de contact, mais cette sensation ne joue qu'un rôle accessoire.
Il ne faut pas croire que nous tirions notre sentiment originel de résistance, et ses conséquences relativement au monde extérieur, par la simple sensibilité tactile qu'affecte la pression. Le sentiment de la résistance est celui de la force dépensée. Quand la notion est une fois formée, nous somm6s en état de remarquer que les degrés de résistance coïncident avec les degrés de sensibilité tactile à la pression; après quoi le sentiment passif de la pression peut suggérer le senliment actif de résistance, et devenir un critérium de son intensité.
Les qualités de dureté Qiàe mollesse sontappréciées par cette faculté mixte : la première signifie une plus grande résistance à la compression, la seconde une résistance moindre. Depuis la pierre ou lo métal résistant, jusqu'au liquide qui cède, nous trouvons tous les degrés de cette propriété. Les artisans qui travaillent de leurs mains savent apprécier des différences délicates de consistance dans les corps mous; ils acquièrent cette aptitude par la pratique, qui perfectionne tous les sens : naturellement il y a un grand nombre de degrés dans cette aptitude, degrés qui dépendent d'abord du tissu musculaire et ensuite de la peau et des nerfs de la main.
Le sentiment de V élasticité n'est qu'un cas particulier de la résistance à la force, caractérisé par une réaction rebondissante ou croissante à la suite de la pression. L'élasticité implique un retour parfait à la position originelle; l'air est élastique, l'acier et l'ivoire sont élastiques; comprimés ou tordus ils reprennent leur première forme.
Le simple contact, avons-nous vu, donne la sensation de plusieurs poinis. Lo doigt posé sur une l)ro«se nous donne la
sensation de plusieurs piqûres. C'est ainsi que nous soninic> sensibles aux surfaces rugueuses et hérissées de pointes. Nous pouvons distinguer entre les aspérités à pointes mousses, comme relies d'un fd, et les pointes aiguës d'une étrille : la sensibilité d'une pointe mousse se distingue de celle d'une pointe d'aiguille. Nous pouvons aussi distinguer entre des pointes pressées et des pointes éparses, pourvu que les premières ne soient pas trop serrées pour la sensibilité de la partie où on les applique, c'est-à-dire un douzième de pouce pour le doigt, et un vingtquatrième ou un vingtième pour la pointe de la langue. Au dos, au mollet, au milieu de l'avant-bras, où les sensations des deux pointes du compas se confondent, môme quand elles sont écartées de deux pouces et demi à trois pouces, la rugosité esl presque insaisissable.
Nous avons supposé que l'objet touché était posé sur le doigt ou la partie affectée. Mais cette supposition ne donne pas une idée tout à fait exacte de la sensibilité tactile ; si nous promenons le doigt çà et là sur l'objet, de manière à mettre en jeu jusqu'au bout notre faculté discriminative, nous parvenons à distinguer des nuaui^es très-délicates de rugosité; nous pouvons apprécier des intervalles plus petits que nous ne sommes en état de le faire quand le doigt est au repos sur l'objet. Prenons par exemi)le une rangée de cinq pointes distantes d'un quarantième de pouce, c'esl-à- dire de manière à pouvoir affecter le bout des doigts. Cette rangée fera l'impression de deux pointes si le doigt ne bouLi*» pas. Mais par le mouvement du doigt une pointe passe, une autre arrive, il en résulte une sensation qui correspond à l'espace franchi, lequel se mesure par l'intervalle des impressions des pointes. Le sens du mouvement vient donc en aide à la scMisibilité tactile, et fait connaître. un degré dans le rapprochement des aspérités qui échappe au tact seul. De plus, nous devons remarquer que le frottement donne lieu à un nouveau genre de pression sur la peau et les nerfs; et le frottement présente une différence telle selon qu'on l'exerce sur une surface rugueuse ou sur une surface lisse, que c'est par cette différence seule que nous apprenons à distinguer un contact rugueux d'un contact lisse ou poli.
Quand on promène sur le doigt deux pointes assez serrée> pour qu'au tact elles semblent n'en faire qu'une quand elles sont immobiles, on trouve que le mouvement donne une double