SENS DU TACT
sensation. Il fandiait un grand nombre d'expériences pour décider quelle est la limite de cette sensibilité mixte; nous (troyons pouvoir aflliiner (pi'on paivieut à sentir par le mouvement des pointes j)roni(Miées l'une derrière l'autre, et non de tVont, un intervalle au moins moitié moindre ([ue celui qu'on sent quand elles sont immobiles.
Quelle que soit l'explication de l'accroissement de la sensibilité que le mouvement procure, le fait est important. C'est h ce fait que nous devons la faculté de distinguer avec une grande exactitude. Selon la différence des impressions faites par diverses substances, nous pouvons les distinguer ou les identifier à volonté avec une très-grande finesse de jugement.
Ces sensations tactiles par lesquelles nous distinguons les substances possèdent à haut degré la propriété de persister dans le souvenir; elles tiennent la place entre les sensations du goût et de l'odorat d'une part, et celles de la vue de l'autre. Nos impressions permanentes du tact nous servent à comparer les surfaces que nous sentons présentement avec celles qui sont remémorées, ainsi qu'à identifier et à distinguer les objets qui se présentent à nous successivement. Le tailleur voit si un échantillon correspond à une autre pièce qui lui a passé par la main il y a une semaine, ou à un type permanent imprimé dans la sensibilité de son doigt.
Qualités d'étendue^ de volume, de furme, etc. x\ous avons essayé de montrer dans le chapitre précédent que ces qualités sont imprimées dans l'esprit par des mouvements qu'elles causent, et que les sensations qu'elles produisent sont des sensations de mouvement ou de muscularité. Nous allons voir jusqu'où le sens du tact peut concourir à former la notion de la propriété fondamentale du monde extérieur, à savoir Vétendue, dont la distance, la direction, la position et la forme ne sont que des modes spéciaux.
Quand nous considérons les sensations obtenues par le mouvement seul, par exemple en faisant mouvoir le bras çà et là dans l'espace vide, nous trouvons qu'elles ne rendent pas entièrement compte de l'idée d'espace étendu, ou de matière étendue.
D'abord, l'absence de certaines marques définies pour indiquer le commencement et la terminaison d'un mouvement
musculaire laisse quelque vague dans noire sensation du pur mouvement. Les sensations de force dépensée, et dépensée sous forme de mouvement comme distincte de celle qui se dépense dans la tension, se retrouvent dans tous les cas, mais l'esprit est plus ouvert à ces sensations lorsque quelque impression déiînie marque où nous commençons et où nous finissons. Le sens du tact fournit cette impression et, pour ainsi dire, évoque l'attention. Supposons que la main se meuve entre deux obstacles tixes, par exemple d'un côté d'une boîte à l'autre. Il y a, pour commencer, le contact d'un côté de la boîte senti plus ou moins comme sensation du tact, comme pression et résistance (cette sensation est en partie musculaire, mais cette considération n'a rien à faire ici) ; la cessation brusque de cet état est le signe qui appelle l'attention; l'esprit est éveillé pour le mouvement qui suit. Un moment après, l'autre côié est touché, l'esprit est de nouveau éveillé et prend note de la cessation du mouvement. Cette expérience met vivement en saillie l'antithèse de la matière qui résiste et du mouvement qui ne rencontre pas de résistancg, c'est-à-dire de quelque chose de plus que le contraste entre l'amplitude du mouvement d'un membre et son repos complet, contraste qui est tout ce que nous donne le mouvement la vacuo.
Ensuite, quand nous passons la main sur une surface, en la touchant en même temps, la sensation de la continuation du mouvement s'accompagne d'une sensation de la continuation d'une impression tactile, qui rend la conscience plus nette et plus vive, et nous met en état d'estimer le degré de la continuation plus exactement. Un sentiment du sujet (tact proprement dit) se surajoute à la sensibilité pour l'objet (force dépensée en mouvement), la rend plus profonde, sans pouvoir la remplacer ni constituer le sentiment de l'objectivité. La sensation tactile particulière appelée frottement est donc un moyen qui suggère l'étendue et permet de l'estimer, sans être pourtant caj)able iVan fournir la notion.
En troisième lieu, le mouvement in vacuo nous paraît incapable de fournir cette distinction entre la succession et la coexistence, le temps et l'espace, qu'il faut posséder d'abord, avant de pouvoir dire qu'on reconnaît l'étendue. La continuation du mouvement est un fait dont nous avons conscience; en d^autres termes nous avons conscience d'un mode particulier
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<reirort qui varie par le do^ro, et nous rcinaniuons qu'un irionvement diffère d'un aulre k ce point de vue. Mais si cet élal <le i'onsciencc révélait unr qualité des r/Km's,CA\ ne sei'ait pas l'espace, mais le temps. En réalité ce. n'est ni l'espace ni le temps, <*ar ces deux notions forment un couple corrclatif, dont chaque terme reste complètement inconnu juN([u'au moment où les •«leux sont connus ensemble.
Or nous pouvons montrer comment la leprésentation de no>< mouvements sous l'orme de sensations nous })ermet de distinguer l'un de l'autre les deux laits ou propriétés appelés le •coexistant et le successif.
Quand nous prenons avec la main un corps qui se meut cl <iue nous nous mouvons avec lui, nous avons une sensation d'un contact et d'une pression qui ne changent pas et la sensation fait corps avec un mouvement. Yoilà une première expérience. Quand nous mouvons la main sur une surlac»» lixe, nous avons, avec les sensations de mouvement, une succession de sensations du tact; si la surface est variable, les îiensations changeront constamment, de sorte que nous devons reconnaître que nous subissons une série d'impressions tactiles. Voilà une seconde expérience qui diffère de la première, non par le sentiment de la force dépensée, mais par les sensations qui l'accompagnent; toutefois la différence -est capitale. Dans un cas nous avons un objet qui se meut, •et qui mesure le teriips ou la continuation; dans l'aulre nous avons la coexistence dans Vespace. La coexistence devient encore plus apparente quand nous renversons le mouvement, et que par suite nous remontons la série tactile en •sens inverse. De plus, l'ordre sériaire n'est pas changé, quelque rapidité que nous mettions dans nos mouvements. Si la main passe plus vite, la série se déroule plus rapidement; si moins vite, la même série reparaît plus lentement. Ces expériences nous conduisent peu à peu à constater une profonde distinction entre des mouvements identiques conduits dans des circonstances différentes; cette distinction s'exprime par les mots succession et coexistence, temps et espace. La succession est le fait le plus simple; un contact qui ne varie pas accompagné «l'un mouvement sufiit pour cela.
Mais la coexistence est très-complexe; les principaux éléments qu'elle suppose sont ceux que nous avons signalés, une
série de contacts, et l'inversion de la série par l'inversion di> inouvennent. La répétition de ces séries directes ou renversées, accompagnées des mômes effets sur l'esprit, constitue la notion de permanence où de fixité des arrangements, que suppose l'objet, le monde extérieur, l'univers conçu comme le coexistant dans l'espace (1).
En passant la main sur une surface, comme, par exemple, un til de douze pouces, nous avons une impression de la qualité de la surface et aussi de sa longueur. En portant la main sur un autre fd de trente-six pouces de long, l'accroissement de mouvement nécessaire pour atteindre l'extrémité nous donne la mesure de l'accroissement de l'étendue. En exerçant le bras sur ce dernier fil, nous acquérons à la fin une impression fixe du mouvement nécessaire pour une longueui' d'un yard, de sorte ((ue nous pouvons dire d'une chose étendue si elle est en dehors ou" en dedans de celte longueur-type. Et même, toutes les fois ([u'une chose rappelle un yard à notre mémoire, l'élément du souvenir esL une impression du bras, comme l'élément du souvenir du vert est une impression visuelle.
Si nous passons de la longueur à une surface à deux dimensions, comme, par exemple, la surface d'un carreau de vitre, nous ne rencontrons qu'une complexité plus grande de mouvement et de l'impression correspondante. Le mouvement dans une direction nous donne la longueur ; en faisant un mouvement en croix sur le premier, nous mettons d'autres muscles en jeu, et nous avons une impression de mouvement d'une partie différente du système moteur. Nous obtenons l'impression d'un angle droit, d'une équerre de maçon. L'impression complète
(1) M. Herbert Spencer a analysé la relation de coexistence et de succession avec beaucoup de clarté et de bonheur. « C'est, dit-il. la cariiclérislique de toute série tactile ou visuelle, qui entre dans la genèse de ces idées, qu'elle comporte non -seulement d'être transformée en un étal composite dans lequel les positions successives deviennent des positions simultanées, mais aussi d'être renversée. La chaîne d'étals de conscience de A à Z produit par le mouvement d'un membre, ou d'un objet sur la peau, ou de l'œil sur le contour d'un objet, peut avec la même facilité être parcourue depuis Z jusqu'à A. Différents de • es états de conscience qui constituent la perception de la séquence, lesquels n'admettent pas de changement d;ins l'ordre qui les enchuîne, ceux qui consti tuent la perception de coexistence comportent l'inversion de leur ordre, et se présentent aussi aisément dans un sens que dans l'.iutre. » {Pn'iicip/''^ ofpsyrhology, p. 304.)
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du carreau de \ili(' x'iail le résultai de imnivciuciits d'un (.-ùlé à l'autre sur toute sa loiiiz^nenr, ou de niouvcMienls surses bords et aussi eu travers, qui laissent après eux le sentiment de la possibilité de liouvei- un contact partout dans certaines limites de longueur et de largeur. (Vest de ('cite façon, et non autreuicnt <[ue nous sacbions, qu'une surface éteiulue peut Otre conçue par l'esprit au moyen de la nuiscularité et du tact. Nous verrons plus tard le rôle de la vision dans celte notion.
Nous ne trouvons rien de foncièrement nouveau dans un bloc cubique qui nousofïre les trois dimensions de Va solidité. La main reçoit une nouvelle direction, et une nouvelle série de muscles contribue à la sensation. Le mouvement doit se faire sur la longueur, la largeur et l'épaisseur, et les impressions qui en résultent constituent un système complexe formé de ces trois mouvements. Pour saisir la solidité en entier, il faut nécessairement embrasser toutes les surfaces l'une après l'autre, ce qui fait l'opération plus longue et la notion plus complexe et plus difficile à retenir. Mais l'impression qui en résulte, fixée par la répétition, est au fond de même nature que la notion d'une ligne ou d'une superficie; c'est la possibilité, la potentialité de trouver une surface dans trois directions différentes dans des limites données. Un bloc cubique d'un pied de côté signifie que, commençant à un angle et en suivant sur un bord, nous pouvons parcourir un espace d'un pied avant que la matière manque ; que la même chose aura lieu en travers, comme aussi d'avant en arrière, et que, entre deux bords, il y a toujours une surface étendue résistante.
La multiplication des points de contact, conséquence de la pluralité des doigts, abrège beaucoup l'opération par laquelle nous acquérons les notions de surface et de solidité. En fait, nous pouvons, au moyen de cette pluralité, arriver à mesurer une longueur sans faire de mouvement; le degré de séparation des doigts, rendu sensible par la séparation de leurs muscles, suffit. C'est ainsi que nous pouvons apprécier une distance de six ou de huit pouces en écartant le pouce des autres doigts et en ouvrant la main. En tenant ainsi les doigts étendus de façon à embrasser la largeur d'un objet et en passant la main sur la longueur, nous pouvons apprécier une surface par un simple mouvement combiné avec l'écartement fixe des doigts et du pouce. Nous pouvons faire plus; en mettant en jeu la propriété du
pouce de se lléchir, nous pouvons conserver les doigts sur la même surface et mouvoir le pouce sur un autre côté, de manière à avoir une impression simple qui corresponde à la solidité ou à trois dimensions. Par conséquent nous ne sommes pas réduits à un seul mode d'acquérir cette notion, ou à une seule façon de la représenter dans la mémoire, nous avons plusieurs modes dont nous parvenons si bien à reconnaître l'équivalence, que lorsque nous en rencontrons un nous nous attendons à en rencontrer un autre. Mais la façon la plus parfaite de percevoir la solidité, c'est la coopération des deux mains. Le concours des impressions affluant des deux côtés du corps produit une impression remarquablement forte de la solidité d'un objet solide. Les deux images séparées et pourtant concordantes s'appuient mutuellement, et se fondent ensemble de façon à produire la notion de solidité la plus vive que nous puissions acquérir par le tact. La vision nous présentera une analogie frappante avec ces faits.
La notion de solidité que nous acquérons par ces modes divers est complexe, puisqu'elle résulte de l'union du tact et de la muscularité, et de la combinaison de la perception de surface avec celle de forme étendue. L'espace ou l'étendue inoccupée est le mouvement in vacuo d'un point fixe à un autre ; par l'effet de l'inversion de l'opération et de la répétition qui donne les jnêmes contacts, ce mouvement finit par signitier l'étendue (par opposition à la pure succession dans le temps). L'espace vide signifie le pouvoir de mouvement sans contact de résistance, excepté aux termes extrêmes. La résistance et l'espace vide sont des notions corrélatives. En passant de la sensation de résistance au mouvement libre, nous faisons une transition qui développe les deux connaissances du corps et de l'espace, comme possédant la propriété objective commune de l'étendue.
Distance, direction, situation. Autant de notions dans la production desquelles les organes actifs jouent le même rôle, et oii les sensations tactiles n'ont que celui de fournir des jalons.
La distance implique deux points fixes que le tact peut constater. La mesure de cette distance c'est l'amplitude du mouvement du bras, de la main, ou du corps d'un point à l'autre. La direction implique un point lixe auquel on se rapporte; un
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iiiouveiueiit (loiin«'' doil lixoi- une ilirL'clion type, cl nu iiiouveiiioiit allant vers ce point ou en revenant déterminera tons l(;s antres. Notre corps est le point de départ le plus naturel doni nous puissions nous servir pour déterminer la direction, c'est d.'après lui que nous déterminons la droite et laj^auche, le derrière et le devant. Pour le haut et le bas nous avons une indication très-frappante, c'est la direction de la pesanteur. (Juand nous portons un |)()i(ls nous sommes tirés en bas; quand nous ne soutenons pas nos bi'as par un cflbrt volontaire, ils londjcnt en bas : (juiind l'appui qui nous p(jrtc (Jisparait, le corps tout entier se meut vers le bas. Nous ne tardons pas à acquérir une impression du mouvement vers le bas, et à le reconnaître -••omme à le distinguer de tous les autres. Quand un aveugle t'herchc î\ tâtons un pilier, il reconnaît la direction qu'il donne à sa main, et sait s'il la porte en haut ou en bas. Les <'irconstanc.es ne concourent pas sans doute aussi puisamment à imprimer en nous les types de la droite et de la gauche, mais les occasions de les acquérir ne manquent pas. Le muscle deltoïde droit est un de ceux qui ont pour fonction spéciale de porter le bras droit en haut en l'écartant du corps; sans que nous sachions rien de ce muscle, nous parvenon-s à associer le sentiment de sa contraction avec un mouvement vers la droite. Toutes les directions qui mettent enjeu les mômes muscles sont similaires par rapport au corps; des muscles différents veulent dire des directions différentes. Le grand pectoral porte le bras en avant, le deltoïde l'écarté du corps, le trapèze le tire en arrière ; les sensations musculaires qu'ils nous fournissent nous indiquent autant de positions différentes de l'objet qui nous guide, et nous ne confondons pas ces positions avec d'autres. Nous apprenons à suivre chacune de ces indications; nous faisons un pas en avant du côté du grand pectoral, un pas adroite du deltoïde, un pas en arrière du trapèze.
La situation, ou position relative, est connue, si la distance €t la direction sont connues. L'idée de position implique trois points. Deux points suffiraient à donner l'étendue, mais la position relative implique que nous passons de A à B, de B à G et de A à G. Les mouvements souvent répétés à la fois, dans l'ordre direct et dans l'ordre inverse, communicjuent l'idée de la coexistence permanente dans la position relative, ce qui n'est autre qu'une connaissance expérimentale d'étendue. La multi-
plicatioii de ces connaissances constitue l'accroissemenl de notre éducation relativement au coexistant et à l'étendu, d'où, enfin, par un exercice d'abstraction, nous nous élevons à 1?» notion d'espace ou d'étendue en général.
La forme est déterminée par la position. Elle résulte du cours donné aux mouvements sur le contour d'un corps matériel. Nous acquérons ainsi un mouvement qui correspond à une ligne droite, à un anneau, à un ovale, etc. La sensation qui fournit ces notions est purement musculaire. Les impressions faites sur les organes, en l'apport avec ces formes, ont un plus haut intérêt que de servir à les distinguer. Nous sommes appelés à les reproduire dans des opérations diverses, en écrivant, en dessinant^ en 'modelant, etc.; et la facilité avec laquelle nous les accomplissons dépend en grande partie de l'impression que ces formes ont faites sur le mécanisme musculaire et nerveux. La susceptibilité que nous avons pour les impressions nécessaires à l'art du dessin ou de la gravure et la faculté de les retenir sont surtout des facultés musculaires.
Nous en dirons autant des qualités révélées par le tact, soit seul, soit en conjonction avec le mouvement. L'activité sert d'accompagnement à tous les sens; elle produit ou accroît le contact des sens avec leurs objets. Il y a pour chaque sens un verbe particulier qui exprime une action annexe de ce sens : (jouter implique le mouvement de mettre des substances sur la langue; flairer et humer indiquent une inhalation active d'un courant odorant; tôter veut dire faire avec la main ou d'autres organes des mouvements sur une surface, en quéle d'impressions; de même écouter et regarder sont des formes d'activité. Pour l'odorat et le goût, l'action ne contribue pas beaucoup à la sensation ou à la connaissance ; pour les trois autres (deux surtout), c'est rélément essentiel, puisque, dans ces sens, la direction et la distance sont des parties nécessaires de l'inforniation qu'ils nous fournisKMit. Or, puisque le mouvement est nécessaire pour mettre les objets à portée des sens, la valeur d'un sens dépend beaucoup de l'activité des organes qui mettent en mouvement la surface sensitive, les tentacules, si nous pouvons ainsi parler. Cette activité s'augmente par la force nerveuse et musculaire de l'organisme, et non par la faculté particulière de la partie sensitive. C'est un effort volon-
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taire, d'abord purcnicnl spoiilaiu', Lonjoiirs spontaiu'! da!l^ quelque mesure, mais li*' ù la sensihililc el ^iiidé par elle. L'accès d'aiîtivilé loj^c dans le bras et les d()ij»ts c^sl la première force ([ui ineile à reebercbei- les imj)ressions du tact; le plaisir ou la peine ([u'oii ressciil \)n[iv les imj)r('ssi()ns elles-mêmes vient ensuite modiller v[ ré^ir la Ibrce ecnti'ale, et l'iiil rentrer le jeu de la main dans un système d'action.
Le tact jouani un rùle dans d'innombrables opérations manuelles, le peri'ectionnement de ce sens occupe une place éminente parmi nos (^onciuètes utiles. Le tact doit diriger l'application graduée de la force de la main.
Les observations sur des aveugles-nés ont permis de juger jusqu'î\ quel point le tact peut remplacer la vue, tant dans les opérations mécaniques que dans l'acquisition de la connaissance; nous savons maintenant qu'il n'y a rien d'essentiel dans les opérations intellectuelles les plus élevées de la science et de la pensée qu'on ne puisse acquérir sans la vue. L'intégrité de l'appareil moteur permet d'acquérir les notions fondamentales d'espace, de grandeur, de iigure, de force et de mouvement, et, par celles-ci, de comprendre les grands faits cosmiques tels qu'on les enseigne dans les sciences mathématiques, mécaniques ou physiques.
La peau est susceptible de sensations qui ne sont pas les effets d'un contact extérieur, mais qui ressemblent aux effets que produiraient certains agents, et qui en suggèrent l'idée à l'esprit. On les appelle sensations subjectives. Le tressaillement d'un membre pendant le sommeil, la formication, la chaleur, le frisson, ete., en sont des exemples. (Todd et Bowman, I, ^33.)