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troliservation délicate est limitée à une très-petite partie au fcnlre de la rétine (1).
La grande supériorité do l'œil, comme milieu pour la perception du monde extérieur, tient à la propriété qu'il a d'une sensibilité indépendante pour les points ténus. Le nerf de la vision doit nécessairement se composer d'un grand nombre de
(1) Les expériences suivantes de Wuntlt ont fait connaître une autre condition delà vision parfaite. Si l'on place devant l'œil un petit morceau de papier rouge et qu'on le fasse mouvoir d'un côlé. sans que l'œil le suive, de sorte que l'impression porte d'abord sur la tache jaune et ensuite sur les parties latérales de la rétine, la couleur est vue de diverses manières. A la tache jaune, le papier est rouge ; à mesure qu'il se meut de côté, il devient plus foncé, peu à peu il prend une teinte bleuâtre, et, enfin, il paraît tout à fait noir. Tonte couleur, simple ou mixte, le blanc même composé de toutes les couleurs, subissent des variations analogues. La dernière couleur de la série est toujours le noir. Il eu résulte que les diverses parties de la rétine ne sont pas douées de la même sensibilité pour les impressions de couleur. Les variations se présentent dans le même ordre dans toute direction, mais avec une rapidité inégale. La série est plus rapidement parcourue quand l'objet se meut en dehors que lorsqu'il se meut en dedans, plus rapidement aussi quand le mouvement va en haut que q\iand il va en bas. Il n'en résulte pas que, quand nous regardons une grande surface colorée, nous voyions des anneaux concentriques de teintes dégradées. Dans ce cas comme dans beaucoup d'autres, l'esprit domine les sens. La notion de chaque surface nous vient de la façon dont les parties nous affectent quand elles passent successivement devant la tache jaune, le lieu des observations délicates, et ce qu'il nous semble que nous voyons, c'est l'effet habituel plutôt que l'effet du moment. Nous aurons plus loin à faire une application importante de ce fait pour expliquer la faculté que nous avons de localiser les différentes impressions faites sur la rétine. Nous ne faisons que signaler ici le phénomène de la cécité pour les couleurs et les suppositions qu'on a faites pour en rendre compte. Nous avons déjà mentionné une théorie d'après laquelle les différentes parties de l'oreille répondraient à différentes notes. On a fait aussi pour l'œil une hypothèse analogue. On a pensé, non sans quelque probabilité, qu'il y a différentes fibres et terminaisons nerveuses pour les différentes couleurs primaires, terminaisons qui sont inégalement mêlées à la surface de la rétine. Ou supposait qu'à un endroit les bâtonnets violets prédominent, à un autre, les verts, et qu'à la tache jaune les rouges sont abondants. La cécité pour la couleur consisterait donc dans le défaut ou l'absence d'une série de terminaisons nerveuses. La forme la plus fréquente de ce défaut est la privation de la sensation primaire de rouge; tous les corps colorés paraissent composés de vert et de violet. Le spectre se présente aux sujets atteints de celte affection avec un teint jaunâtre et bleuâtre. Ce qu'ils appellent blanc, un œil ordinaire le voit coloré. La cécité pour la couleur a été observée pour le vert, mais on ne l'a pas encore rencontrée pour le violet.
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libres indépendantes conservant leur isolement jusqu'au cerveau, et capables de transmettre des ondes distinctes à travers toute la masse cérébrale, chacune de ces milliers d'impressions apportant un effet différent à la connaissance, et créant une volition. Nous ne trouverons probablement jamais aucun fait qui prouve mieux la complexité et en môme temps la disjonction de l'action du système cérébral; il nous fournit aussi l'explication de ce fait que les hémisphères cérébraux sont indispensables à la vision.
De Vadaptation de Vœil à la vision aux différentes distances. Nous voyons distinctement un objet éloigné de l'œil de six pouces; tous les objets placés à une distance plus grande sont indistincts. L'image des objets proches tombe juste sur la rétine, tandis que les images des objets éloignés tombent en avant. Par un effort volontaire, je puis adapter l'œil à voir un objet éloigné assez clairement, mais alors tout corps rapproché devient confus. Quel est le changement survenu dans le globe oculaire, dans le cours de cette adaptation du prochain au lointain et du lointain au prochain, et quel appareil effectue ces changements ?
Quand on regarde très-près, la lentille cristalline devient plus épaisse et plus convexe en avant. Quand on regarde à distance, la surface s'aplatit. Le changement de courbure est considérable. Le pôle antérieur du cristallin se porte en avant de près d'une demi-ligne dans la vision d'un objet proche. La face postérieure subit aussi un léger accroissement de courbure.
Les changements de courbure dépendent de l'action du muscle ciliaire. Ce muscle se contracte par la vision des objets proches. La contraction a pour effet de tirer la choroïde en avant, et par ce moyen de comprimer l'humeur vitrée qui exerce une pression sur le cristallin en le poussant en avant. En même temps les fibres musculaires de l'iris entrent en jeu, contractent la pupille et la circonférence externe; ce qui fait supporter au cristallin une pression d'avant en arrière, mais inégale, plus forte aux bords qu'au centre. Ces deux pressions d'avant en arrière et d'arrière en avant font bomber le cristallin à son centre et en accroissent la courbure. Pour la vision des objets proches, il y a donc une action musculaire très-
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c'onsiilérahle. Oiiaïul nous regardons (|ii('l([ii(' chose dv. près, nous avons conscieni'c^ d'un ellbrl dans l'intérieur du globe de J'(eil. Pour la vision des objets éloignés, l'action s(; it'làcbe, et l'élaslicilé naturelle desparlies rétablit l'aplatissement du cristallin. (Vcst le repos naturel de l'ceil qui lait l'adaptation pour Ja vision ;\ distance (I).
Le changement du globe de l'œil est principalement l'effet <le l'adaptation aux petites dislances. Entre la plus petite distance, quaire pouces, et la plus grande, trois pieds, il y a à peu près toute la gamme de l'adaptation. Quand nous comparons <lcs objets éloignés d'éloignement divers, de trente, de cent, 4le mille pieds, le globe de l'œil ne subit guère de changement, et l'ajustement dépend d'une convergence plus ou moins grande des deux yeux.
De la vision simple avec deux yeux, vision binoculaire. On a longtemps discuté la question de savoir pourquoi avec deux yeux, nous ne voyons les objets que simplement, c'est-à-dire en une seule image. On a essayé d'en donner des solutions qui ont été plus ou moins satisfaisantes. Ce n'est qu'en 1838 que la discussion a pris un tour nouveau quand le professeur Wheatstone vint lire à la Société royale son mémoire sur la vision binoculaire et faire connaître un instrument de son invention, qui imitait et expliquait l'action des deux yeux dans la vision simple, le stéréoscope.
« Quand nous regardons un objet, dit-il, à une assez grande distance pour que les axes des deux yeux soient à peu près parallèles quand ils sont dirigés sur l'objet, les projections perspectives de cet objet, vues par chaque œil séparément, sont semblables, et l'image obtenue par les deux yeux est la
(1) L'expérience suivante fait connaître les limites de la vision avec un seul œil. Si nous regardons avec un seul œil, à travers un tube, un fil qui se meut contre une paroi blanche, nous pouvons sentir une différence quand il se rapproche, mais non quand il s'éloigne. Cela s'explique, parce que, lorsqu'on commence à regarder de près, on lait contracter un muscle, tandis que lorsqu'on commence à regarder de loin, l'élasticité naturelle des parties relâche une contraction existante. C'est ainsi que dans les mêmes circonstances, nous pouvons estimer l'intervalle parcouru par le fil quand il se rapproche de la paroi , mais nous ne pouvons aucunement estimer la distance absolue. (Wundt.)
même que celle de l'objet vu par un seul œil. 11 n'y a dansée cas aucune différence entre l'image visuelle d'un objet en relief et sa position perspective sur une surface plane. Par suite on peut faire des représentations peintes d'objets éloignés avec assez de ressemblance pour que l'illusion soit complète, si Ton a soin d'écarter toute circonstance qui pouvait y mettre obstacle; le diorama en est un exemple. Mais la ressemblance cesse quand l'objet est placé si près des yeux que pour le regarder les axes optiques doivent converger, et les perspectives deviennent d'autant plus dissemblables que la convergence des axes optiques devient plus grande. On peut facilement vérifier ce fait en plaçant une figure à trois dimensions, un dessin d'un cube par exemple, à quelque distance des yeux, en tenant la tête fixe et en regardant le dessin successivement avec un œil landis que l'autre est fermé. La figure 10 représente les deux
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Fig. 10.
projections perspectives d'un cube; la perspective de droite est vue par l'œil droit, celle de gaucbe par l'œil gauche, la figure est ainsi placée à sept pouces environ en face du spectateur.
)) On comprend pourquoi il est impossible à l'artiste de représenter fidèlement un objet solide rapproché, c'est-à-dire une peinture qui ne se distingue pas dans l'esprit de l'objet luimême. Quand la peinture et l'objet sont vus avec les deux yeux, du côté de la peinture deux images semblables sont projetées sur la rétine, et du côté de l'objet les images sont dissemblables; il y a donc une différence produite dans les deux cas sur les organes des sens et par conséquent entre les perceptions for-
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mées dans l'esprit. La peiiilurc ne peut donc pas ôlre confondue avec les objets solides. »
La dissiniilarilé des images est le principal signe optique de la solidité ou des trois dimensions. Plus giande est la dissimilarité, plus intense est la suggestion d'une troisième dimension; c'est quand on regarde des objets très-éloignés que la similarité est la plus parfaite, ou quand on examine une surface à angles droits avec la ligne de vision, toutes les parties étant également distantes. Ainsi quand nous regardons une peinture de trèsprès, nous ne risquons pas de la prendre pour une réalité. Pour qu'une chose proche présente des images identiques il faut qu'elle ait ses parties à égale distance de l'œil; nous concluons en conséquence. Le stéréoscope donne l'illusion d'un effet solide en présentant aux deux yeux des images dissemblables, par une imitation de la présentation naturelle d'un objet ou d'une scène dont les points ne sont pas également distants de l'œil.
On éprouve une grande difficulté à expliquer la vision double, parce qu'on se méprend sur la nature exacte de l'effet produit sur l'esprit par l'impression faite sur l'œil une seule fois. i)n peut dire que l'état de conscience total à un moment donné, l'image qui nous est présentée est déterminée par les rayons qui affectent la rétine à ce moment. Mais la vérité est que ce qui se présente à l'esprit à la vue d'un objet extérieur est un agrégat d'impressions passées que suggère l'impression du moment, mais qu'elle ne constitue pas. L'éducation du sens de la vue nous apprend qu'une impression identique sur les deux yeux correspond aussi bien avec une grande distance, qu'avec une surface pure, c'est-à-dire avec deux dimensions seulement, puisqu'il n'y a aucune inégalité de distance de l'œil. D'autre part, la dissemblance des images correspond à l'introduction de l'élément de l'inégalité des distances, et plus cette inégalité s'accentue, plus la dissimilarité est grande ; en conséquence, l'esprit au lieu d'être embarrassé par ces doubles images, adopte d'un seul coup la notion d'un objet unique complexe dont les parties sont inégalement éloignées; l'inégalité des distances étant évaluée entre autres moyens par cette dissemblance des images. Que les présentations rétiniennes -soient au nombre de deux^ comme dans la vision binoculaire, ou de plusieurs milliers comme chez les insectes, cela n'y fait
rien; elles ne sont que le point de départ d'une construction mentale qui représente l'unité de la scène extérieure, dans sa longueur, sa largeur, sa profondeur.
Nous voyons les objets droits au moyen d'images renversées sur la rétine. On a trouvé dans ce fait un mystère inexplicable; mais il ne saurait y avoir une difficulté que si l'on se fait une idée fausse de la perception visuelle. Un objet nous semble en haut ou en bas suivant que nous élevons ou que nous abaissons la pupille de l'œil pour le voir. La notion du haut et du bas est un effet de nos propressentiments du mouvement et non d'une image optique peinte au fond de l'œil. En quelque point que cette image se forme, et de quelque façon qu'elle soit placée, nous appelons partie supérieure de l'objet celle que nous ne pouvons atteindre qu'en élevant nos yeux ou notre corps (1).
Les sensations, ou éléments mentais proprement dits de la vue, sont en partie optiques, c'est-à-dire effets de la lumière sur la rétine, et en partie musculaires, provenant de l'action des divers muscles. Presque toutes les sensations de la vue sont des effets de ces deux éléments combinés.
, L'exemple le plus frappant des sensations de pure hiiniere est la lumière solaire diffuse. C'est un des agents les plus puissants qui affectent la sensibilité humaine. La lumière est éminemment une source de plaisir, qui s'accroît en proportion de l'abondance de l'émanation lumineuse, mais dans de certaines limites. Le degré est volumineux ou aigu, suivant que l'effet
(1) On peut dire aussi, avec W'undt, que par la construction même de l'organe de la vue, il faut que l'image soit rt-nvcrsée sur la rétine. Les parties antérieure et postérieure du globe doivent toujours se mouvoir en sens opi)osé ; soit donc im mouvement de haut en bas de lœil comme lorsque nous suivons un objet de son sommet à sa base, cela veut dire par rapport à sa réline que nous portons successivement sur la Ifcche jaiuie les diflérenles parties de l'in^age entière, en commençant par l'image de la partie supérieure. Mais la rétine étant à l'arrière de l'œil, et la paitie postérieure de l'œil s'élevant quand la partie antérieure descend, ce qui est la partie supérieure de l'objet réel doit être le point inférieur de l'image rétinienne, si l'on tient compte de la relation naturelle de devant et de derrière dans le mouvement.