‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 51 sur 146 · SENS IH: LA ME · texte numérisé non relu

SENS IH: LA ME

raloiilil. Quand le projcclilc vole à Iravcrs le cliaiiip de la vision k; lUOUvenKMil horizontal est iinirorrne, mais celui (jui relève (limiiuic et enfin s'arrôte (piand il a atteint le point le plus élevé 4le la course, i)uis il se Iranslofuic en un mouvement de descente, lent d'ahoid, mais qui va s'accéiérantjus(pi';\ ce que le projectile ait atteint le sol. C'est \h l'orij^ine de la beauté lies courbes.

Les plaisirs cjne nous cause la vue des objets en mouvement et un spectacle animé sont pour beaucoup dans ce qui fait aimer la vie. Ce sont règlement des plaisirs de l'action; mais <"omme ils n'excitent qu'une faible partie du système musculaire, ils ne constituent pas un exercice du corps, et à tous les points dé vue ils ne sont que des plaisirs passifs, <*omme ceux que nous recevons de la musique ou de la lumière du jour. Une scène de théâtre, un ballet, la course d'un cheval, le spectacle des exercices du corps, engagent bien l'activité des muscles de l'œil, mais ce ne sont pas pour cela des plaisirs actifs; toutefois ce sont des stimulants de l'activité générale de l'organisme.

Nous devons compter les mouvements visibles parmi les images permanentes de V intelligence, qu'elle évoque, combine et emploie de tant de façons diverses. Le vol d'un oiseau est un caractère qui distingue une espèce d'une autre; les impressions qu'il laisse font partie de la connaissance et du souvenir que nous conservons de chaque espèce particulière. Le galop d'un cheval est une série d'images de mouvements qui laisse après elle une trace et qui se reproduit comme une série d'images. Les mouvements qui constituent l'allure et l'expression d'un animal ou d'un homme ont besoin des mouvements particuliesr de l'œil qui les prennent, les fixent parmi les notions permanentes de l'esprit. Tous les gestes, tous les modes d'action, les changements des traits que l'émotion provoque, sont visibles à l'œil à titre d'assemblages de mouvements, et nous reconnaissons que ces mouvements constituent une ressemblance ou une différence dans les individus, et dans les difTérenles passions. Un grand nombre de tableaux du monde extérieur s'impriment sur l'appareil moteur de l'a^l. La surface agitée de la mer, les nuages qui s'accumulent, la chute de la pluie, l'agitation des arbres par lèvent, le cours de l'eau, un météore qui file, le soleil qui monte et descend, nous communiquent autant d'impres-

sions mixtes de la vue et du mouvement. Pareillement dan^ les diverses opérations artistiques il y a des mouvements qui sont des moyens de jugement, et le type de ces opérations.

Forme visible. Nous avons pris les objets qui se meuvent comme l'exemple le moins compliqué que nous présente la vision. Nous devons chercher maintenant par quel procédé nous percevons la forme visible et l'étendue, et nous acquérons la notion de l'existence simultanée dans V Espace. Il faut montrer que l'œil est actif même pendant qu'il observe les objets au repos, et que cette activité est précisément celle qui fait sentir à l'esprit la différence entre la succession et la coexistence.

Quand nous suivons un objet qui se meut, comme une fusée ou un oiseau, ou quand nous promenons l'œil sur la courbe de l'arc-en-ciel, nous constatons, dans l'un comme dans l'autre cas, un fait commun de mouvement et des différences importantes dans le mode de mouvement. Ces différences ont une très-grande analogie avec celles que nous avons décrites en traitant du tact, lesquelles nous donnent la connaissance des objets en tant que coexistants : 1° Quand nous suivons le contour de l'arc-en-ciel, nous ne sommes contraints de faire aucun mouvement, comme lorsqu'il s'agit de suivre un oiseau ou un projectile. Gela seul suffirait à donner un sentiment vif de la ' différence des deux faits; T L'impression optique d'une forme immobile n'est pas une sensation immobile, mais une série de sensations qui peuvent être de même nature comme dans l'arcen-ciel, ou de nature différente comme dans un paysage ; 3° Nous pouvons, en renversant le mouvement, retrouver la même série de sensations optiques dans l'ordre inverse, tandis que lorsque l'objet se meut, il sort finalement du champ de la vision ; Zi° Nous pouvons répéter le mouvement avec toutes les vitesses, et en obtenir la même série de sensations dans le même ordre. Pour le tact comme pour la vue, cette circonstance est probablement plus que toute autre ce qui nous donne le sentiment vif de la différence entre les objets qui se meuvent et qui disparaissent, ce qui est le type de la succession, et les objets qui sont simultanés ou qui coexistent, ce qui signifie l'espace. Plus fréquemment nous éprouvons ce retour fixe des sensations optiques accompagnées d'un mouvement défini, et plus profonde devient la démarcation qui sépare ce mode d''exis-

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l(Mi('(' d'avci' les ohjcls (pii im^ se prrsciilciil à iiou^ (|u'ini i(islant. La KMM'plion conslanlc (l'iiiie série définie de sensations par un inouvenicnl déllni, et lo retour (î^alemeiil eonstant des séries renversées par Ic^det d'un niouveiuent lenversé, e'est tout ee qu'il y a dans la notion, le sens, et l'attente des objets étendus dans l'espace visible; 5" ISous trouvons encore une preuve en faveur de la même distinction dans la laculté particulière (|ue possède la vue d*end)rjisser une vaste étendue, bie n qu'elle n'en perçoive en détail qu'une faible portion. Quand le regard se promène sur le cbamp de la vision, les parties qui cessent d'occuper le centre de l'œil impressionnent encore la rétine et se font représenter dans la conscience bien qu'elles soient perçues moins distinctement. C'est une distinction nouvelle entre le passage d'une étoile fdante et l'image de la voûte étoilée. Le tact ne possède ce moyen de distinction qu'à un degré trèsfaible. Par la surface de la main, par la pluralité des doigts, par l'application simultanée des deux mains, et par d'autres parties de la surface du corps susceptibles de réunir des impressions simultanées de contact, nous parvenons comme avec la vue à constater la différence entre le coexistant dans l'espace et le successif dans le temps; mais c'est à cela que se réduisent les avantages que le tact peu mettre en parallèle avec cette grande prérogative de la vue. Quand des sensations successives formant une série définie sont senties simultanément, elles suggèrent tous les faits séparés de mouvement, en même temps que le fait total du mouvement impliqué dans une perception de l'étendue.

L'observation des formes immobiles est donc une combinaison de mouvements de l'œil avec des impressions optiques qui correspondent aux différentes parties du cbamp de la vue. De même que pour les choses en mouvement, nous nous rendons compte d'une ligne horizontale par un mouvement horizontal, d'un mouvement en cercle nous tirons l'impression musculaire d'un cercle, nous connaissons un angle par un changement soudain de direction; dans chacun de ces cas la figure tout entière persiste sur la rétine, tandis que l'œil se fixe successivement sur les parties de l'ensemble.

Des lignes aux surfaces la transition est aisée. Une série de mouvements plus nombreux et plus complexes est nécessaire pour donner l'impression d'une surface visible. Mais la même

série constante d'elt'ets optiques associée aux mômes mouvements, intervertie et répétée tant que nous voulons, entre dansl'aperception de l'espace kdeux dimensions aussi bien que dans celle de la grandeur linéaire ou espace considéré au point de vue d'une seule dimension.

Grandeur apparente. La grandeur apparente ou grandeur visible se compose de deux distinctions, l'une optique, l'autre musculaire. La distinction optique se fait par l'étendue de l'image sur la rétine ; c'est pour cela que Wheatstone appelle le volume apparent la grandeur rétinienne. La distinction optique repose sur le mouvement de l'œil sous l'action de ses muscles ; c'est par conséquent un fait de muscularité. Les deux appréciations concourent à produire un effet unique. Elles sont l'une et l'autre équivalentes à une appréciation angulaire, ou le rapport d'une surface visible à une sphère totale. Le diamètre apparent du soleil ou de la lune est d'un demi-degré, ou de 1/720 de la circonférence de la voûte céleste.

L'appréciation combinée de la grandeur rétinienne par nos deux organes les plus sensibles, la rétine et le groupe oculaire des muscles, rend extrêmement délicate la mesure de la grandeur apparente. En fait, c'est la distinction la plus délicate que nos sens aient à faire ; partout oii nous voulons mesurer une propriété avec exactitude, nous essayons de la ramener à des grandeurs visibles; c'est ainsi que la balance nous sert à mesurer les poids; le thermomètre, la chaleur, etc.

Les variations de la grandeur visible par suite des changements de distance s'apprécient de même manière : après que nous avons constaté que ces variations correspondent au changement de la distance réelle, nous nous en servons comme du critérium le plus délicat de l'éloignement.

Nous n'avons idée de la grandeur des corps célestes et des nuages que par leur volume apparent. Les objets terrestres se présentant à nous à des distances différentes, leur volume apparent varie, et c'est par d'autres moyens, en les touchant ou en en faisant le tour, que nous nous faisons une idée de leur grandeur réelle. Faute de pouvoir recourir ù ces moyens, nous nous en faisons une idée à laquelle on nous a accoutumés, et notis croyons que l'objet est tel que nous le voyons du point où nous sommes. Pour ce qui est des choses familières, comme

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