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SENS DE LA VUE

une cliiiiso, im hoiiniu', nous ne manquons jannais de traiislornuM" l'appréciation apjjarcnlc en appréciation réelle. Un hAtiinent, une montagne éloij^née, un i)ays;ige, sont, pour nous comme nous les voyons de l'endroit où nous nous plaçons le plus liabitucllement pour les regarder.

Distance ou éloignement variant. La grandeur apparente telle que nous venons de la considérer n'a que deux dimensions. Pour apprécier le volume ou solidité apparent, en plus de l'étendue pure ou surface, il faut aussi apprécier la différence de l'éloignement variant. Laissant pour le moment la considération de la dislance réelle^ aussi bien que la grandeur réelle, examinons les effets que produisent les changements de distance sur les divers sens oculaires.

Nous avons déjà remarqué les deux modes d'adaptation musculaire à la distance , c'est-à-dire le changement de forme du globe oculaire par l'action du muscle cihaire, pour les distances proches, et la convergence ou la divergence des deux yeux pour les distances proches comme pour les éloignées. Pour avoir une image distincte quand un objet est placé près de l'œil, il faut un elfort musculaire qui change la courbure du cristallin dans chaque œil et fasse converger les axes optiques des deux yeux. L'un et l'autre de ces efforts s'accompagne d'un état de conscience, lequel se mêle aux sensations de grandeur rétinienne modifiée, et avec la dissimilarité des images binoculaires, quand les objets se reculent de l'œil ou s'en rapprochent; en outre, le fait optique de la clarté variable de l'image peut aussi témoigner de la présence ou de l'absence d'objets intermédiaires.

Mouvements visibles et formes visibles en trois dimensions ; volume. En combinant les mouvements visibles qui traversent le champ de la vision avec les mouvements d'ajustement, monoculaire et binoculaire, nous arrivons à saisir les mouvements visibles, les formes visibles, les grandeurs visibles, dans les trois dimensions de l'espace, en d'autres termes le volume et la solidité, en tant que le volume et la solidité peuvent tomber sous les prises de l'œil. Pour bien voir un objet qui se meut de biais, il faut des changements d'ajustement en même temps que des mouvements du globe de l'œil en bas ou en haut, à droite ou à

gauche; et l'image de cet objet reste intimement unie à celte série compliquée de mouvements et de changements optique>. Pour voir une rangée de maisons qui se présentent obliquement, il faut la même combinaison de mouvements. Au mouvement latéral de l'œil, il faut unir des mouvements d'ajustement, afin d'avoir partout la même netteté des images. Ces changements d'ajustement sont répétés et renversés avec les autres mouvements, et concourent avec eux à donner le sentiment du coexistant dans l'espace, en tant qu'opposé au transitoire ou successif dans le temps.

Le nombre des images intellectuelles que l'œil dérive des formes de la nature morte n'a d'autre limite que celui des objets de l'univers visible. Les sensations des objets de la vue servent plus qu'aucune autre classe de sensations à distinguer et à identifier les choses de la nature, comme aussi à pourvoir l'esprit de connaissances et de pensées. L'œil ne cesse de parcourir la scène qui l'entoure ; il suit les contours, les sinuosités de chaque objet, dans tous les sens ; en même temps que les mouvements que ces examens suscitent servent à distinguer chaque objet de ceux qui en diffèrent par la forme, le volume, ou la distance, et à l'identifier avec lui-même et avec ceux qui possèdent les mômes caractères particuliers. Les mouvements successifs qu'il faut faire pour suivre le contour d'un carré sont reconnus différents de ceux qui permettent de suivre le contour d'un ovale. Le contour d'un pilier provoque un système de mouvements tout à fait difterents de ceux que nécessite la figure d'un arbre. La propriété que possède le système mental de donner de la cohésion aux mouvements qui se sont accomplis successivement, fixe les séries qui correspondent à chaque^ regard, et constitue d'une façon permanente la connaissance de toutes les formes qui ont été présentées à i'œil. Cette propriété de l'intelligence fera l'objet d'une étude particulière quand le moment sera venu.

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