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SENSATIONS DU MKME SENS

n:itivo, taclilo est très-dovoloppéo, mais il peut porter à la perloctioii celle de se représenter les tacts passés aussi pleinemont que s'ils étaient actuels, fi supposer qu'il y ait des circonslances dans les(juelles cette parfaite représentation. du tact soit possible.

C'est à l'aveugle aussi que nous devons demander des exemples d'associations, déchaînes, de séries ou successions d'impressions du tact assez étroites pour qu'une seule soit en état de rappeler la série entière. Un aveugle (jui lûte sa route avec la main le long d'un mur éprouve successivement dillcrents contacts; et ceuxci, par répétition, sont si bien fixés dans son esprit, que lorsqu'il est placé à un point quelconque, il se représente toute la série qui suit. Comme il est condamné à se diriger par le tact, il finit par posséder des séries d'impressions du tact associées, comme les hommes en possèdent qui sont composées d'impressions delà vue. Il connaît par le tact ce qui l'entoure dans une chambre, c'est par le tact qu'il mesure le progrès de son travail, s*il s'occupe de ses mains.

Dans l'acquisition des associations des sons nous avons à combattre une tendance de la voix à supplanter les sons dans les cas les plus intéressants, notamment les sons articulés et musicaux. Quand nous écoutons attentivement un discours, nous nous laissons aller à suivre l'orateur en répétant ce qu'il dit à voix basse, nous suivons tout le discours, mais ce sont nos propres inflexions muettes que nous écoutons. Cet exemple appartient aux associations composées ou coopératives.

Gomme nous l'avons observé dans d'autres sens, l'oreille par l'effet de la répétition se fait aux sons individuels de façon à les retenir aisément après que la cause qui les produisait a cessé d'agir.

Le son le plus simple est si bien une impression complexe qu'il faut une opération d'agglutination pour en faire tenir ensemble les parties. Une syllabe articulée, ma, ba, est en réalité un effet complexe, qui donne lieu à plusieurs courants nerveux ; pour les faire circuler tous ensemble de concert, il faut de longues répétitions. Nous avons déjà fait comprendre cette opération par des exemples d'agglutination de mouvements. L'adhérence des séries ou successions de sons vient ensuite, nous en avons beaucoup d'exemples, un air simple de musique en est un ex-

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cellent. Nous y trouvons un certain nombre de sons enchaînés Tun à l'autre dans un ordre fixe, et en les entendant fréquemment, nous apprenons à passer de l'un à l'autre par une anticipation idéale. Après qu'on a donné un nombre de notes suffisant pour déterminer l'air, le musicien peut passer au reste. Son éducation consiste en plusieurs centaines de ces séries qu'il a édifiées graduellement à l'aide de la faculté plastique de son esprit.

Le caractère spécifique qui tient sous sa dépendance l'acquisition musicale est la qualité de l'oreille, qui se révèle par la distinction de la hauteur des sons. Cette distinction s'accompagne de rétentivité, nous l'admettons pour des raisons générales qu'aucun fait ne vient combattre ; l'une de ces facultés peut donc servir de critérium à l'autre. Quant à l'application des trois conditions générales de la rétentivité, la répétition, la concentration et Fadhésivité, c'est la première qui tient lieu des deux autres quand elles font défaut. La concentration se manifeste dans le goût naturel ; et le goût accompagne souvent, mais non toujours, le don local, qui caractérise l'individu. Ainsi une bonne oreille, éprouvée par sa faculté discriminalive, entraîne avec elle le goût de la musique et constitue le plus puissant motif de concentration mentale sur les sons. Les mêmes remarques s'appliqueraient à toutes les autres acqui- 'sitions, nous n'avons pas besoin de les répéter chaque fois.

Les sons articulés s'associent sous l'influence des mêmes conditions. Une bonne oreille pour l'articulation est en quelque sorte une modification d'une bonne oreille pour la musique. Puisque les lettres de falphabet sont des combinaisons de sons musicaux, il faut que ces deux sensibilités soient les mêmes. Mais comme il n'en est pas complètement ainsi, nous n'avons pas le droit de dire que f une peut servir de preuve de l'existence de l'autre.

Une troisième qualité des sons vocaux est la cadence ou l'accent ; c'est le fondement de la composition oratoire rhythmique, et elle constitue les variétés individuelles et nationales d'accent. L'oreille ne retient pas seulement les successions des sons articulés, elle retient aussi la cadence de leur prononciation.

Les associations de l'oreille ne sont qu'une partie des acquisitions de la musique, du langage et de l'élocution. mais sans aucun doute la plus grande partie.

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