IV. — ««ioilMiilioilM do «lifféi'ciiis MCilS
Association de n'iouvements avec des sensations, langue du commandement. — Association d'idées musculaires avec des sensations, associations architecturales. — Association de seiisations avec des sensations. — Proportion de l'adhésivité dans l'association d'éléments hétérogènes.
Les sensations venant toutes converger en un courant commun de conscience, sur la même route cérébrale, celles de sens différents sont susceptibles de s'associer aussi promptement que celles du môme sens. Nous allons passer en revue les cas les plus remarquables qui naissent de la convergence de sensations d'origine hétérogène, et nous ne négligerons pas d'y comprendre les mouvements actuels et idéaux.
V Mouvements unis à des sensations. Nous avons déjà fait remarquer qu'il y a peu d'associations parfaites de pur mouvement (p. 289), le sens de l'effet à produire étant la principale cause de l'association d'une série d'actions. Il y a donc à chaque temps de l'accomplissement d'une opération compliquée l'union d'un mouvement avec une sensation. Le cas simple de la marche exige que le contact attendu du pied avec le sol ferme coopère avec le stimulus moteur des mouvements associés.
Sous le même titre, nous pouvons placer l'association d'actions avec des signes sensibles, comme dans le domaine de l'acquisition du langage où les noms ont la valeur d'un commandement, d'une direction, d'un contrôle. Chaque mouvement que nous faisons est uni à une certaine forme de mots, ou à un signe particulier qui peut le produire en tout temps. L'enfant apprend à rattacher des sons vocaux à ses diverses actions, par là il devient susceptible de comprendre un commandement, de recevoir une direction ; et cette éducation dure toute la vie. Les signes qui
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indiquent l'action peuvent être divers : les notes du cor, les signaux de mer, les index placés sur les murs, ont le pouvoir de commander des mouvements appris dans l'éducation. La même association joue un rôle dans l'éducation des animaux : le cheval et le chien apprennent hientôt à rattacher des actions déterminées au langage, aux notes de la voix et aux regards de l'homme. Longtemps avant que les enfants possèdent la faculté de s'exprimer eux-mêmes, heaucoup de leurs actions sont associées avec les sons du langage prononcés par d'autres.
Idées musculaires unies à des sensations. Les formes permanentes, impressions ou idées du mouvement, sont associées avec des sensations ; et les deux choses se rappellent l'une l'autre. Dans les trois sens supérieurs, nous avons vu que ces deux éléments sont associés; beaucoup de sensations du tact, de l'ouïe et de la vue, ne sont pas autre chose qu'une combinaison de ces deux éléments. Dans la vue nous rattachons les apparences visibles des objets avec leur poids, leur dureté, leur ténacité, qualités que la connaissance ne doit qu'à des perceptions de sensations musculaires. Quand nous avons l'expérience du poids d'un morceau de pierre d'une certaine apparence, nous associons l'apparence avec le poids, l'un suggérant l'autre ; de même la dureté ou la ténacité. C'est de cette manière que nous possédons une association entre les substances et leurs usages fondés sur ces propriétés. Nous acquérons un sentiment fixe de la différence du bois et de la pierre, de la pierre et du métal, et nous voulons qu'on fasse usage de ces matériaux en proportions différentes dans tous les genres de constructions et d'opérations mécaniques. On a remarqué que notre sens des proportions architecturales est fondé sur l'expérience que nous avons de la pierre, et qu'il faudrait le reconstituer si l'on substituait le fer à la pierre. Si le poids spécifique des matériaux que nous fournissent les roches du globe avait été égal à celui du plomb au lieu d'être deux fois et demie celui de l'eau, notre sens du poids de chaque morceau de pierre aurait été quatre fois plus grand qu'à présent, et lous aurions été obligés pour la satisfaction de l'œil d'adopter des proportions beaucoup plus massives dans chaque genre d'architecture (1).
(1) A supposer que la ténacité n'eût pas augmenté, c'est-à-dire que la propriété de résister à l'écrasement fût restée la même. Les bâtiments de fer sont
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L.i coMuaissaiKH» de la distance vl de la diicclioFi des sons, {(Juiej p. 170) est en réalité une association entre des sons et des nionvenienls ou des idées nuisculaires. Oîs propriétés elles-niéniesne tondu'nt pas sous le sens de l'ouïe, niais ce sont des propriétés locomotives qui ont pour signe dans l'esprit des sensations de son.
^ Sensatiojis unies à des sensations. Sous cette désignation nous pourrions comprendre toutes les combinaisons qui naîtraient d«; l'association d'un sens avec chacun des autres, des sensations organiques avec des goûts et des odeurs, avec des tacts, des sons, des visions ; des odeurs avec des tacts, et ainsi de suite. Il suffira de citer les associations des sens supérieurs.
Les tacts s'associent aux sons ; quand nous frappons un corps, nous reconnaissons au son qu'il rend l'impression qu'il ferait au tact, nous pouvons distinguer ainsi la pierre, le bois, le verre, la poterie. Ce genre d'association est très-fréquent et très -sûr.
Les tacts sont associés aux sensations de la vue dans le fait si général qui consiste à rattacher les propriétés tactiles des choses avec leur apparence visible, en vertu de quoi l'une peut à l'instaiit rappeler l'autre. Nous associons les qualités tangibles de rudesse, de poli, de solidité, de liquidité, de viscosité, avec les impressions caractéristiques qu'elles font sur l'œil, et nous pouvons à chaque instant rappeler le tact parla vue, ou la vue par le tact. Nous pouvons distinguer les métaux, les pierres, le bois, les étoffes, les feuilles, les Heurs, par l'un ou par l'autre sens, et nous nouons une association entre les impressions tactiles et les impressions visibles. Chaque personne possède une grande somme de connaissance sous forme d'associations de la vue et du tact. Nous rattachons d'une iaçon analogue la forme que nous révèle le tact, avec les formes visibles, et nous faisons servir l'une à la confirmation des autres. La notion de la figure est en réalité une coalition d'impressions différentes, ce qui lui donne un caractère plus complet et plus parfait. Nous reviendrons sur ce sujet.
beaucoup moins massifs que ceux de pierre, malgré la plus grande densité^tje ;a matière; mais la ténacité plus grande de cette substance joue aussi son rôle, et l'on diminue beaucoup du poids que l'édifice doit supporter en employant des fers creux et grêles.
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Les sons sont associés avec les sensations de la vue dans d'innombrables cas. Nous rattachons les apparences visibles des corps au bruit qu'ils rendent sous un choc. Nous associons un instrument de musique avec la qualité de ses notes, les animaux avec leur cri. De même pour l'homme, puisque chaque personne que nous connaissons a une voix qui la distingue. Dans l'acquisition des langues, nous trouvons deux cas d'association : celle qui rattache chaque objet visible au son de son nom, soleil, montagne, maison, etc. ; et celle qui, lorsqu'on apprend à lire, associe les sons aux caractères écrits ou imprimés.
Il esta supposer que XArapidité de V adhérence des associations hétérogènes dont nous nous occupons, doit varier avec l'aptitude adhésive de chacun des deux sens qui entrent dans la combinaison. Ainsi, quand les sons se rattachent à des sensations de la vue, la bonté de l'oreille et la retentivité de l'œil contribuent l'une et l'autre à l'adhérence. On peut en conclure que toutes les associations de la vue arriveront plus vite à la maturité que celles qui sont formées avec des sensations des sens inférieurs. C'est à cela que la vue doit d'être le sens représentatif par excellence. Les choses qui ont été vues se réveilleront plus nettement dans l'esprit qu'aucune autre. Nous aimons mieux concevoir les objets de la nature comme ils apparaissent à l'œil, plutôt que comme ils affectent l'oreille ou le tact. Une orange peut frapper les sens de bien des manières, mais la sensation qu'elle fait sur la vue, est, avant toutes, celle qui se réveille dans Tesprit, son « idée».