DE LA PERCEPTION
que vient cnieiirrr un rayon lumineux n'a, en pçéncral, aucune iniporlance |)()ur la scnsalion de lumière nu^me, mais au poiiil (le vue iulelleclue,l il y a enlre les impressions faites sur les divers jjoints de la rétine une difï'érencîe réelle que produit, comme partout, l'association. C'est ainsi que nous distinguons la droite et la j^auche, le dessus et le dessous, le centre et la circonférence dans le champ visuel, dès que des actions ou des consé(juences caractéristiques viennent se rattacher aux diverses portions de la létine allectées par les diverses positions externes des rayons lumineux. A cet égard, la rétine est comme la peau; elle contient un grand nombre de fibres nerveuses indépendantes dont chacune transmet des impressions de même qualité (à moins qu'on n'admette la théorie des différences qualitatives), mais pour les porter à des points différents du centre commun des impressions visuelles, de manière à constituer le point de départ d'une série parfaitement distincte d'impressions concomitantes. Un observateur de télégraphe, au temps de l'ancien système, voyait le môme bras revenir sous son regard, mais à l'image du bras sur la partie inférieure de la rétine il unissait une certaine action, et à la même image sur la partie supérieure une autre action. Telle est la faculté de distinguer qui a pour base l'association (1).
(1) Théorie de Ilamilton sur le rapport inverse des sensations et de la perception, Hamilton l'a formulée de la manière suivante : « Quoiqu une perception ne soit possible qu'à la condition d'une sensation^ il arrive pourtant qu'au-dessus d'une certaine limite^ plus la sensation ou conscience subjective est intense, plus elle est vague. » Par le mot scnsalion, il faut entendre ici l'impression considérée comme plaisir ou peine; par le mot perception, nous entendons nous, ce que nous avons appelé dans le texte discrimination intellectuelle; il y a entre ces deux sens la même différence qu'entre l'excitation produite par l'éclat du soleil et la distinction de deux échantillons d'histoire naturelle, Hamilton croit que ces deux effets soutiennent un rapport inverse, c'est-à-dire que l'un est d'autant plus fort que l'autre est plus faible. Nous sommes disposés à admettre la vérité de celte doctrine pour la plus grande partie. Mais il me semble que môme en regardant cette loi comme correcte, parce qu'elle exprime bien le caractère prédominant de la relation qui unit la sensation et la perception, elle ne lient pas suffisamment compte de la complexité des faits.
« vSi nous passons en revue les sens, dit Ilamilton, à l'appui de .'■a doctrine nous trouverons que, dans la mesure exacte oii chaque sens fournit une sensation idiopathique plus ou moins susceptible d'arriver au maximum du plaisir ou de .la peine, mais en raison inverse, la perception objective se montre plus ou
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