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ASSOCIATIONS DU SENTIMENT

cl (les or^aiu'> du iiiouvciucnt, des associations se forment avec (les ciiost's ([iii rrai)|)(Mil an luoniciil iiu^'rnc l'cspril, et ([ui sont les causes on h* milieu de ces scusalioiis. C/csl ainsi (|ue nous latlaclîons les i)laisii's du iti)()s avec l'idée d'une chaise commode, d'un sofa, ou d'un lil, et les plaisirs du sport avec un cheval ou une voiture. La vue de l'aliment rappelle une certaine partie du plaisir de manger. La représentalion de Heurs odoriférantes dans une peinture qui n'alfecte que les yeux, . a le pouvoir de raviver en partie les plaisirs que nous donneraient dans la réalité ces mêmes Heurs par le sens de l'odorat. C'est encore l'association qui évoque les plaisirs de la musique, dans la mesure où l'on peut en jouir par l'imagination.

Nous avons vu que certaines sensations sont plus susceptibles que d'autres d'être réveillées sous forme d'idées ; les plaisirs de la musique et ceux du théâtre par exemple sont plus susceptibles d'être rappelés que ceux de l'exercice, du repos, de la chaleur, et de la satiété. Quand ces sentiments supérieurs se réveillent, par association, ils se rapprochent beaucoup plus que les autres du degré d'intensité qu'ils possédaient dans la réahté.

Il n'est pas hors de propos de choisir quelques exemples

analogue en ce qui louche à leur sensibilité pour les piqûres superficielles, les égratignures, etc. On trouvernit au contraire que, dans les endroits où, objectivement, le tact est le plus vif, le sentiment subjectif est, au premier moment moindre, quelque peu affaibli, et que les parties les plus obtuses, quant à la distinction du double contact des pointes, ne sont pas les moins vives quand il s'agit de sentir la pression des pointes.

» Par exemple, la pointe de la langue est cinquante fois, la face inférieure du médius vingt fois plus sensible que le bras pour distinguer le double contact. On trouvera au contraire que le bras est plus sensible à l'application légère d'une pointe, que la langue ou le doigt, et au moins aussi sensible au contact d'un corps très-léger, comme un cheveu, un fil, une plume, qu'on passe à sa surface. Sur les diverses parties de la peau les phénomènes de sensibilité varient de la manière suivante : Dans les parties où le tact proprement dit prédomine, une pointe subaiguë légèrement pressée sur la peau, détermine une sensation dont on peut à peine dire si elle est pénible ou agréable, et qui reste à peu près limitée à l'endroit où la pression est faite. » (Hamilton's édition of Reid. p. 863.)

Au sujet de ces dernières expériences, nous ferons remarquer d'abord, que la langue n'est pas un organe bien choisi, et qu'on ne peut la comparer avec la peau, puisque les deux téguments n'ont pas la même nature, ce qui est pour

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de l'associalion des émotions les plus profondes de l'esprit avec les notions que nous avons des choses extérieures, laquelle permet de ramener dans la conscience ces émotions en l'absence de leur stimulus propre. Les émotions de tendresse, de suffisance, d'irascibilité, de terreur, etc., quand elles viennent à se reproduire en présence de quelque objet, contractent avec cet objet une association dans l'esprit, en vertu de laquelle les deux éléments associés peuvent se réveiller mutuellement, l'objet rappelant l'émotion, et l'émotion rappelant l'objet.

L'émotion de la tendresse naturelle se manifeste principalement à l'égard d'êtres doués de sensibilité, et après quelque temps se montre d'ordinaire en rapport avec certaines personnes ou certains animaux, qu'on appelle objets d'affection ou d'attachement. Ce sentiment déborde môme les lieux et les choses; nous jetons de tendres regards sur la nature inanimée. Les associations avec le foyer de famille, le lieu de la naissance, les objets auxquels s'attachent des souvenirs de l'amitié, les restes de ceux qui ne sont plus, se fortifient par toutes les causes qui donnent de la force au lien de la contiguïté. Une grande disposition naturelle à l'émotion, la répétition, une faculté éminente d'association, le goût de cette classe d'associations, sont autant <le causes qui concourent à fortifier le lien en vertu duquel les

beaucoup dans la production d'une excitation agréable ou pénible, et qu'il conviendrait mieux de conduire l'expérience en comparant deux régions de la peau l'une avec l'autre.

En second lieu, si nous comparons la joue avec d'autres parties, nous ne retrouvons pas la proportion inverse dont parle Hamilton. La joue est aussi sensible à la piqûre ou à un coup violent que toute autre partie de la peau; mais il est certain qu'elle n'occupe pas le dernier rang dans l'échelle où Weber a rangé les régions de la peau d'après leur faculté discriminative. En réalité, la joue y occupe un rang élevé à côté de la paume de la main et de l'extrémiié du gros orteil, au-dessous seulement de la langue, des lèvres et des doigts. Le rapport inverse de la sensibilité et de la faculté discriminative ne s'y retrouve donc pas.

En comparant la joue et le dos de la main à la paume, on pourrait dire que la sensibilité pour la douleur varie avec la texture de l'éjiiderme, tandis que la laculté discriminative dépend uniquement de la richesse en nerfs de la région, ^ue Tépiderme devienne plus épais, comme à la main et au pied, et les parties deviendront plus obtuses. Mais dans les régions où l'épiderme est mince, la peau est, en conséquence, sensible et susceptible d'irritation pénible ou agréable. On dit généralement que ceux qui sentent vivement les chocs ou les

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personnes cl. les (*lios(îs répundcMildo Icndros sciiliincnlssur l'ospril.Il est permis (le suj)posei'(pie e(M'l;iins es[)rils ont une laculU; naturelle ([ui liMii* ])ei met de iclenirdes émotions spéciales cxa(îlenfient comme il y a des intelligences qui ont celle de retenir les tableaux, la musique ou les langues, mais cette l'acuité n'est pas la môme chose que celle de sentir i'ortcment l'cmotion dans la réalité. Ces personnes auraient les (jualités nécessaires pour porter très-loin les associations où entrent les sentiments, pour tirer du plaisir de la mémoire d'un attachement, ou des objets qui en restent, et pour faire de ce plaisir une fin désirable.

11 en est de même pour les objets delà haine et de l'aversion, aussi bien que de la colère. Cette passion s'attache aux personnes, auxlieux, aux choses, aux événements, etc., et peut être réveillée par des objets qui n'ont pas d'eux-mêmes hi propriété de l'exciter. Nous pouvons éprouver de l'aversion pour les lieux où nous avons souffert de cruelles injures, et pour les innocents instruments des malheurs ou des maux que nous avons subis.

L'émotion égoïste et l'égotiste se répandent sur toutes les choses qui se rapportent au moi ; tous les objets dont l'homme s'entoure sont autant de miroirs où se réfléchit le sentiment de sa dignité et de son importance. Suivant qu'on s'abandonne k

coups ont la peau fine, c'est une croyance populaire, vraie ou non au point de vue scientifique. En outre, nous inclinons à croire que les parties les plus rapprochées du cerveau sont plus sensibles que les parties les plus éloignées. La douleur atroce du mal aux dents, de la névralgie faciale, des maladies du nez et de l'oreille, sont plus intenses que celles qui peuvent provenir de semblables irritations aux extrémités inférieures. Si cela provient d'une règle générale, la peau de la face devrait être plus sensible que la peau du bras ou de la main, et celle-ci plus que celle de la jambe ou du pied.

S'il s'agissait des différences de la sensibilité et de la faculté discriminative qui dépendent de Ycsprit, la théorie de Hamilton serait plus rigoureusement vraie. 11 est évident pour nous que si l'esprit et l'attention sont concentrés sur une sensation considérée conmie source de plaisir ou de peine, il n'y aura pas d'attention pour la qualité inlellectuelle. Mais il est possible que l'esprit saisisse les deux qualités, et l'une à l'occasion de l'autre. Il en est ainsi dans une certaine mesure de l'intensité de la sensation (p. 57).

M. H. Spencer a critiqué la doctrine de Hamilton [Psycliology^ p. 279) et résumé sa critique en cette phrase : « En généralisant les faits, il semblerait non pas tant que la sensation et la perception varient en raison inverse, mais qu'elles s'excluent mutuellement avec différents degrés de rigueur. »

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ce sentiment, des associations se rattachent à un grand nombre des choses diverses. Propriétés, emplois, produits du travail, symboles du rang, tout s'enfle par l'effet de cette association et rayonne sur Tesprit le sentiment, la satisfaction de soi et de l'importance. Les'membres d'une famille ne sont pas seulement les objets d'une affection tendre, mais aussi ceux de la satisfaction de soi-même ; il en est do même des amis et de tout ce que nous admirons. 11 est impossible d'aimer et d'admirer sans cesse une chose, sans en venir à la rattacher à soi-même. L'émotion désintéressée qui d'abord nous attire vers les personnes, devient, quand on s'y abandonne, une affection intéressée.

Le plaisir de l'ar^en^ est aussi un fait remarquable de sentiment associé. Tout ce qu'on peut acheter contracte dans l'esprit une association avec l'instrument universel des achats, et celui-ci devient une fin désirable. D'abord, nous sommes stimulés par les autres plaisirs que l'argent procure, mais à la fin il se développe un véritable amour de l'argent. Ce changement a lieu au moment où nous sommes tellement absorbés par \?ipoursuite de la richesse, que nous cessons de faire attention aux fins plus éloignées des plaisirs qu'on achète; l'esprit ne s'attache plus qu'à l'objet qui mesure le succès de nos efforts. Une poursuite modérée qui laisse l'esprit libre de s'attacher aux plaisirs et aux avantages que l'argent procure n'engendre pas cette passion intense pour l'or, qui le considère comme le seul but de notre activité et qui constitue la forme la plus honteuse de l'avarice.

Nous voyons encore l'association déplacer la cause et la fin première du sentiment dans l'absorption des affaires par les formes. La tenue des écritures, les formalités légales, la procédure technique, ne sont inventées que pour faciliter les transactions en affaires. En elles-mêmes elles ne sont rien, mais elles ont une grande importance par l'assistance qu'elles nous fournissent pour atteindre des résultats matériels, et nous contractons à leur égard un sentiment de respect qui n'a pas d'autre origine. Comme l'argent, ce sentiment de seconde main nous détache des fins primitives, et nous prenons plaisir à conserver des formalités que le temps et le changement ont réduites ;\ n'être plus que des formes vides de sens.

Tliéorie dubcau d' Alison. Cette doctrine célèbre nous montre

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