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Successions et changements de la nature, cycles, évolutions. — Une fois commencés, les mouvements de l'esprit persistent naturellement, influence de celte persistance sur la restauration des successions. — Successions de cause et effet ; les actions humaines en tant que causes. — Action et réaction de l'homme sur 1 homme. — Uôle de ces successions dans la connaissance que nous avons des êtres vivants, sensibilité pour la présence de l'homme.
A l'exception des mouvements musculaires complexes et coïncidants, comme aussi du concours simultané de sensations j:'eçues par des sens différents, toutes les associations sont successives pour l'esprit, puisque nous devons passer de l'une à l'autre, tant dans l'expérience originelle que dans le souvenir qui la suit. Les détails d'un paysage ne peuvent être aperçus que par des mouvements successifs de l'esprit, de même qu'ils ne peuvent être aperçus que par des mouvements successifs de l'œil. Mais, à ces successions uniformes qui donnent en délinitive le sinuiltané, nous opposons maintenant les variations
OU changements d'aspect des choses, les successions proprement dites.
Notons d'abord les successions qui forment un cycle, sans interruption, comme le jour et la nuit, les phases de la lune, le cours des saisons. Les différents aspects que revêtent, dans le cours de la journée, le ciel au-dessus de nos têtes et le monde qui nous entoure, s'associent dans l'esprit dans leur ordre régulier; nous pouvons les annoncer à l'avance. Ces changements lents et, pour ainsi dire, insensibles s'associent à peu près sous les mêmes conditions que les aspects de la nature morte que nous voyons se succéder en exécutant des mouvements qui changent nos relations avec eux. En eux-mêmes les deux ordres de successions sont très-différenls, mais pour l'esprit les choses qui sont simultanées dans la réalité sont successives dans l'idée. Le courant de la nature mouvante fournit des associations dans une direction constante, tandis que l'association mentale de la nature morte se fait dans tous les sens; et pourtant c'est la même faculté mentale qui noue toutes ces associations.
Ensuite viennent les successions cVévolution ; comme le développement d'une plante, d'un animal, à travers toutes ces périodes depuis le germe jusqu'à la décadence. Les associations de ces évolutions, telles qu'elles se présentent dans la nature, constituent la connaissance de l'histoire des êtres vivants. Nous rencontrons dans ces évolutions un caractère particulier, la continuité et l'identité du principal objet, et la ressemblance qui persiste au milieu du changement : deux circonstances qui concourent à imprimer les différentes époques de son histoire dans notre mémoire. Si nous possédons déjà une image durable d'un plant de sapin nous n'aurons pas dcpeineàle concevoir agrandi dans toutes les dimensions, la forme et la texture restant la même; de môme pour toute autre plante ou tout animal. Quand un être subit une transformation radicale, comme cela arrive au papillon ou à la grenouille, nous avons à réunir deux apparences différentes. En réalité, nous apprenons plus fréquemment les périodes de l'évolution en les contemplant simultanément sur différents sujets, dans une plantation d'arbres par exemple, ou dans la société humaine, où nous pouvons observer un mélange de tous les âges. L'évolution des êtres vivants, plantes ou animaux, dans leur développement et leur décomposition, excite d'ordinaire l'attention et l'intérêt, qui concou-