‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 90 sur 146 · SUCCESSIONS · texte numérisé non relu

SUCCESSIONS

lionne lieu à la colèic, avec rcxpcricnco qiir nous avons de ci'ltc passion dans notre })ropnî esprit; et ce lien devient un Irait de la connaissanee que nous |)()ssédons désormais du caractère de cette personne. (Juand la ('olùre se [)i(3sente à nos regards, nous nous rappelons ce qui la cause; (piand c'est la provocation, nous nous rappelons la colère. Nous pouvons nous servir de la connaissance de cette succession soit pour éviter, soit pour produire l'efTel de la cause, nous pouvons le reproduire sous forme dramati(|ne; nous pouvons le généraliser comme un fait de la nature humaine en général; nous pouvons nous en servir pour expliquer la colère d'autrui. Nous notons de môme d'autres successions, et avec le temps sufiisant et des occasions propices, nous pouvons associer ensemble la cause et l'effet dans tout le cycle des actions ordinaires d'un individu. On dit alors que nous connaissons le caractère de cette personne. La connaissance que nous avons des animaux est de même nature.

I/aptitude a recevoir des impressions par suite de la présence de l'homme provient de diverses sources. 1° Toute image visible fait une vive impression sur un esprit qui a du goût pour l'histoire naturelle, la face humaine comme le reste. 2° L'aptitude à saisir et à retenir les mouvements visibles est un élément distinct, auquel se rattache le sens des formes et en particulier de la forme humaine. 3° Le penchant à la sympathie, par opposition au penchant à l'égoïsme, qui nous absorbe dans l'attention de nous-même, favorise le môme résultat en nous faisant remarquer et retenir les manières d'autrui. V Le sens artistique trouve dans l'homme la plupart des éléments qu'il met en œuvre, aussi est-il sensible à tout ce qui vient de l'homme. 5" A toutes ces causes de l'attention que nous portons aux phénomènes humains, il faut ajouter les passions vives qui agitent nos semblables, ce qui nous fait voir pourquoi l'étude de l'humanité se porte naturellement sinon exclusivement sur l'homme. La nature en elle-même est froide au prix de l'homme, aussi les séries qu'elle nous fournit jouent-elles un rôle moins important dans la production des idées de causation dans la généralité des esprits, que celles que nous offrent les membres de l'humanité.

Dans l'exposé que nous terminons nous n'avons pas fait mention de la causalité scientifique.

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