‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 92 sur 146 · ACQUISITIONS MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

ACQUISITIONS MÉCANIQUES

«le^ré (le délicatesse» i[u\\ liiul [)()iir percevoir les nuances musicales que les tloigts peuvent rendre. (I)

l'",n lioisiômc lieu, nous avons ;\ évaluei' les motifs dn In conrentration (le ratlnifion; le principal inotil' est nii i^oùt on un intériM, j)oni* l'occupation nu^nie, l'idée d'une lin a^n'éahle que l'attention doit nous l'aire alleindre vient après. Le ^ont prononcé pour les travaux manuels que manifestent certains tempérainenls est un sentiment complexe. Toutefois une portion de ce goût, peut-être la plus grande, provient des aptitudes mômes des muscles et des sens; et lorsque ces aptitudes sont supérieures, elles peuvent produire des effets extrêmement agréables. Il suffit de posséder les deux facteurs de l'adresse, la main et le sens, pour avoir du plaisir h se livrer à une occupation manuelle ; et cela ne vient pas seulement de ce qu'on constate sa propre supériorité, ce qui n'est pas un motif d'une valeur médiocre, mais par l'effet combiné d'un sentiment d'une certaine intensité et d'une aptitude éminente. Si nous possédons un organe puissant et flexible, nous avons du plaisir à le mettre en jeu. Il en est de même des sens ; on ne peut pas avoir une oreille délicate et juste, susceptible de faciliter les acquisitions musicales, sans goûter vivement le plaisir de la musique ; la même chose est vraie de la rouleur.

Les sentiments les plus généraux de l'esprit qu'implique l'aptitude mécanique, sont le plaisir de manifester sa force en produisant des effets, et la satisfaction des besoins et des désirs qui sont le but final de l'occupation manuelle. Nous ne parlons pas des travaux qui ont pour but le gain ou l'entretien de l'ouvrier, mais de ceux oii un assez grand nombre de personnes trouvent

(i) Dans plusieurs genres d'opérations mécaniques, la sensibilité muscu- Jaire compte double, c'est une propriété de l'organe et aussi une propriété du sens. Ainsi quand on manie de la pâte, ou qu'on tend une corde, le sens en jeu est le sens musculaire, et l'adaptation délicatement graduée du bras et de la main à l'etîet qu'on veut produire est aussi une discrimination musculaire. Par suite, le tact manuel, ou l'adresse à manier les outils et les instruments, dépend doublement de la propriété musculaire. Alors même que l'effet n'est pas jugé d'après les impressions tactiles, ou d'après le sens de la résistance, mais par l'œil, l'oreille ou le goût, la flexibilité et l'adaptation graduée avec mesure de l'organe actif impliquent le sentiment qui dislingue la force dépensée, sentiment propre au système musculaire, et qui se manifeste sans doute inégalement dans différentes constitutions.

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nii intérêt puissant, sans doute parce qu'elles possèdent les aptitudes requises. 11 y a des gens qui passent leurs heures de loisir à jardiner, à faire le charpentier, à tourner, comme d'autres à faire de la musique. Le goût de Louis XVI pour le travail du serrurier est un fait historique.

Il nous reste à considérer celles des circonstances qui facilitent l'acquisition mécanique, qui dépendent de la manière de travailler et non de facultés natives. Dans l'arméeanglaise, on fait aux recrues l'instruction trois fois par jour, pendant une heure et demie ou deux heures chaque fois, et Ton place entre chaque exercice un repas et une période de repos. On a fait un choix très-judicieux des moments où la vigueur du corps est la plus grande ; et l'on ne continue pas l'exercice trop longtemps. Quand les muscles et le cerveau sont fatigués, on ne gagne plus rien à continuer, la faculté plastique de l'association cesse de fonctionner. Enfin les leçons ne sont pas trop courtes ; car il faut un certain temps pour donner au corps le pli que nécessite l'exercice enseigné. Un exercice de moins d'une demi-heure ne se rend pas suffisamment maître de l'organisme. C'est à l'instructeur à déterminer la durée de la leçon et à hien saisir le mo- Tient où je corps est tout à fait en train et celui où la fatigue deviendrait excessive. Dans l'armée, où le temps des soldats esl à la disposition des instructeurs, le système des trois leçons quotidiennes, séparées par des intervalles de repos pendant lesquels le soldat se restaure, est en somme la meilleure combinaison ; mais on n'y tient pas compte du dégoût de l'esprit qui résulte de la monotonie du travail. Dans les premiers temps de l'instruction, il y a plus de variété et d'intérêt, et il est possible d'occuper à peu près la moitié du jour sans interruption.

La règle à suivre pour un élève ou un apprenti est très-difTérente de celle que suit un ouvrier h son travail. Pour celui-ci l'application longtemps soutenue et continue vaut mieux. Mais pour celui qui apprend, l'attention fatigue vite le cerveau; en outre, les organes n'étant pas habitués à une opération sont moins capables de la soutenir. Toutefois, quand l'ouvrier possède k fond la routine de son métier, et que ses organes ont acquis de la vigueur par une longue pratique^ il vaut mieux qu'il continue de travailler plusieurs heures de suite.

(h\ ne traite pas le jeune apprenti comme une recrue ou un

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