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XII. — Acquisitions de la voix et du langage

Acquisitions en musique vocale. — Discours ou langage parlé, — langues mères, — langues étrangères. — Acquisitions oratoires.

Les acquisitions des organes de l'articulation des sons, dans la parole et les langues, suivent les mêmes lois générales que les autres acquisitions mécaniques. Mais elles constituent une branche trop importante de l'intelligence humaine pour que nous ne leur consacrions pas un examen particulier. Voyons d'abord l'exercice de la voix dans le chant.

L'acquisition des airs de musique et des harmonies par la voix dépend des organes vocaux et de l'oreille, et aussi de certaines sensations spéciales qui viennent probablement par une autre voie que l'oreille.

Les conditions que les organes vocaux doivent présenter sont celles qui constituent les aptitudes musculaires en général : la vigueur et la spontanéité, auxquelles il faut ajouter l'étendue naturelle ou flexibilité, si toutefois cette qualité n'est pas im-

pliquée dans les deux premières. Mais la condition la plus essentielle pour une exécution délicate est une faculté discriminative d'une grande précision, qui fournit en outre la meilleure pierre de touche delà mémoire vocale.

L'oreille est le régulateur des effets produits par la spontanéité de la voix. Nous avons déjà montré que l'oreille doitjuger la hauteur des sons qui la frappent et par conséquent distinguer les harmonies et les désaccords. C'est ce genre de sensibilité qui guide l'action de la voix et ramène l'émission irrégulière de la voix à des modes réguliers qui produisent des effets musicaux.

Nous admettons aussi qu'une oreille qui distingue doit aussi retenir, autant du moins que la retentivité dépend de la qualité du sens. Ici, comme partout, le plaisir que donne Tart est un motif d'attention.

L'acquisition de la musique instrumentale dépend des mêmes conditions, seulement l'action des mains ou de la bouche remplace celle de la voix, toutes les autres circonstances restant les mêmes.

On pourrait aisément constater avec précision l'aptitude acquisitive des diverses personnes pour la musique, en fixant des points de repère pour juger de leurs progrès, et en comptant le nombre de fois que chacune doit répéter une mélodie pour l'apprendre.

La parole nous offre pareillement un exemple d'exécution vocale guidée par l'oreille, avec quelques différences qui tiennent à l'action et au sentiment. La faculté d'articuler comprend une nouvelle série de mouvements, ceux de la bouche; mais on n'y retrouve pas la dépense finement graduée de la force de la poitrine, ni la tension des cordes vocales, nécessaires dans le chant. La sensibilité de l'oreille pour les sons articulés concorde en partie avec le sens musical et en partie en diflere.

La première période du langage est l'émission de simples voyelles ou de simples consonnes avec une voyelle, comme ra, ma, pa, um. Le son oh est le plus facile de tous; les autres voyelles e, i, o, m, sont plus difficiles. Les consonnes labiales, m, /?, b, précèdent d'ordinaire mais non toujours les dentales et les gutturales, parce que l'occlusion des lèvres n'exige qu'un effort

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