‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 96 sur 146 · XIV. — Affaires, vie pratique · texte numérisé non relu

XIV. — Affaires, vie pratique

Les branches élevées de l'industrie, ou affaires, offrent aux forces de rintelligence un champ immense, le plus vaste après-

(1) Les tendances qui portent l'esprit à s'absorber dans la sensation, ou l'acluel, sont opposées à deux choses, l'une et l'autre appelées du même nom. réflexion. Une personne peut s'adonner à la réflexion (en prenant le mot dans le sens de contemplation ou de méditation) sur les phénomènes du monde extérieur. Dans ce sens, tout homme qui pense sérieusement à quelque chose ou sur quelque chose, pratique la réflexion. C'est en réfléchissant à l'avance que nous nous évitons la peine de faire des essais dans beaucoup de circonstances. Le tempérament irréfléchi et actif préférera l'essai. Un mathématicien, un physiologiste, un politique, un ingénieur, un général, un poëte, ont besoin de réfléchir beaucoup; ils ont une connaissance certaine des faits du monde extérieur, et ils doivent penser sur ces faits en les combinant de diverses manières suivant le but qu'ils se proposent.

L'autre sens du mot réflexion (celui de Locke), veut dire aperceplion interne, ou conscience de soi. Hamilton l'appellerait la faculté présentative de b connaissance de soi.

AFFAIIIKS, VIE PllATIQUE. AO.*)

celui de la scioiicc pure. Li's formalités cl \c mécanisme des allaires, la Icmic des livres, le calcul, les comples, la banque, les contrats, les actes jiMliciaires, les actes législatifs, etc., comprennent des éléments arliliciels secs, assez send)lal)l(;s aux ibrmules scienlili([ues, mais plus étroitement liés aux choses d'un intérêt usuel. Kn réalité, les branches supérieures de l'industrie, le commerce, les manufactures, le gouvernement, etc., sont des occupations ([ui conviennent parfaitementà la majorité des esprits les j)lus sérieux. Les peines (jue la richesse détourne, et les plaisirs qu'elle procure, sont assez variés et assez puissants pour servir de mobile à la masse des hommes; un petit nombre, au contraire, s'éprend de l'amour de la vérité abstraite et s'y abandonne.

Le maniement des hommes, qui constitue la portion la plus importante des alïairesdela vie, dépend de deux conditions, de certaines qualités actives qui donnent l'influence et l'ascendant sur les hommes, et d'une connaissance de leurs habitudes et de leur tempérament. A moins de posséder cette connaissance, les patrons d'ouvriers, les professeurs, les législateurs, etc., ne peuvent prétendre à la réputation d'habileté. Il y faut un genre d'observation que rendent difficile les causes mêmes qui font de l'homme un objet d'intérêt pour l'homme; en effet, ces sentiments passionnés qui arrêtent nos regards sur nos semblables, ferment l'esprit à tout jugement froid. Il n'est pas aussi aisé de déchiffrer un homme ou une femme que de déterminer un minéral.

Une personne qui a commencé un travail doit naturellement être attentive i\ la fin, car c'est cette fin qui conduit sa main. V.n maçon voit que son mur élève le fd-à-plomb et le niveau ; mais quand nous traitons avec les hommes pour les instruire, les gouverner, les persuader, leur plaire ou les servir, nous ne sommes pas aussi capables de sentir le résultat précis de nos efforts que lorsque nous agissons sur le monde matériel ni d'adapter promptement nos mouvements à la fin que nous poursuivons.

A 06 DE l'intelligence.

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