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XV. — Acquisitions» dans leH beaux-art

?iatuie des beau??-arts, qualités de Tarliste : adhésivité pour la matière de l'art; sensibililé spéciale pour les effets appelés artistiques; analogie de l'artiste et de l'ouvrier.

Dans les beaux-arts, il y a des combinaisons, des agrégats, des arrangements, des successions poétiques, de nature à faire naître en nous l'effet spécifique qu'on appelle beau, sublime, pittoresque, harmonieux, etc.; la faculté qui perçoit ces efSe\,^ .s'appelle le goût.

L'artiste, dans un domaine quelconque, doit s'élever à la faculté de produire ces combinaisons. Cette faculté résulte de la spontanéité, dirigée parle sentiment de l'effet produit: c'est un mode de la manifestation naturelle des forces de la voix ou de la main, comme au commencement de toute espèce de faculté active. Le premier musicien donna carrière à sa voix au hasard, puis il en corrigea graduellement l'action d'après son oreille. Quand cette émission naturelle eut pris une forme définie et agréable, ce fut une mélodie, un chant, qu'on apprit par imitation et qu'on se transmit d'âge en âge.

Le talent de l'artiste est nécessairement en grande partie lerésultat de l'acquisition, ou l'effet de la force de contiguïté. L'artiste apprend les combinaisons de ses devanciers, il fixe dans son esprit celles qu'il produit en lui-môme, et peu à peu il parvient à donner à son exécution le maximum de perfection dont il est capable. Les conditions de cette acquisition sont les suivantes, que le lecteur ne trouvera pas tout à fait nouvelles :

1° Une sensibilité vive et une adhésivité pour l'élément ou la substance que l'artiste met en œuvre. L'oreille du musicien doit être sensible aux sons et aux successions de sons, ce qui lui permet d'apprendre un très-grand nombre de mélodies. Le sculpteur doit avoir un sens très-vif de la forme et du contour; le peintre, de la forme et de la couleur; l'acteur, des mouvements dramatiques; le poëte, du langage et des sujets ordinaires^ de la poésie.

2" Une sensibilité spéciale pour Veffet propre deCart; le sens de la mélodie et de l'harmonie en musique; des belles courbes-

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et (li»s proporlions en sculpture et eu aichiteeture, de ces deux éléments unis j\ la couleur (l;uis la peinlui'c;, etc. Nous adruel- U)ns que le beau n'est pas arhitraiic, ([u'il y a des ellels qui plaisent à l'iiunianité tout entière. L'ailisle a pour ces ellets iuie prélereiice niarcpiée, et, en verlu de ((îlte préférence, il saisit mieux les conditions ([ui les produisent, ([ue celles qui ne les produisent pas. Le j)0(He a besoin d'une faculté qui embrasse indiirérernnient et fixe tous les l'ails concrets de la nature et tout ce ([ui est de l'iionnue, mais cela ne suffit pas; avec toutes ces connaissances il ne serait encore qu'un pur naturaliste ; il f.iut qu'il subisse un entrainement spécial vers les choses ({ui ont un intérôtpoélique, de façon à modifier les proportions de sa sensibilité, et adonner la prépondérance à un genre particulier de phénomènes. Tous les arbres, toutes les montagnes, toute la végétation, toutes les manifestations des sentiments humains, ne feront pas des impressions semblables sur un peintre et sur un poëte.

3° Un artiste est plus oximomsun ouvrier qui fait un travail mécanique, et qui pour se perfectionner dans son art a Ijesoin d'en acquérir l'adresse manuelle nécessaire. Le chanteur^ l'orateur, l'acteur, doivent cultiver leur voix. Le peintre, le sculpteur, doivent se hâter d'apprendre la pratique manuelle de leur art dans un atelier. Le poëte, pourtant, comme le penseur, n'est point assujetti à cette condition.

XVL — Hisfoiro «'< récit.

Événements constatés, mode d'adhérence qui leur est propre. — Événements donnés dans le langage.

L'histoire se compose de successions d'événements survenus dans les alfaires humaines, que la mémoire conserve et que l'on se transmet par des récits.

Les événements auxquels nous avons nous-mêmes assisté, se fixent dans notre esprit à titre d'images d'hommes et de femmes vivants, des diverses actions qui leur sont propres, et des choses qui les entourent. C'est ainsi que nous retenons l'impression d'une assemblée, d'un spectacle militaire, d'une pièce de théâtre, ou de quelque détaU de notre cercle privé ou des affaires publiques. L'esprit doué de la faculté de retenir

AOS DE l'intelligence.

les tableaux, y porte une profonde attention ei témoigne d'une grande sensibilité pour ces spectacles; il prouve son aptitude par la facilité avec laquelle il les retient. La faculté rétentive est aidée par l'intérêt général qu'inspirent les affaires humaines, et par l'intérêt particulier et personnel que nous trouvons aux événements. Le sentiment militaire attache l'esprit aux batailles, aux revues, aux mouvements de troupes ; le commerçant porte son attention sur les marchés et les entreprises commerciales ; l'homme d'État ne perd pas de vue les congrès diplomatiques et les débats politiques; l'esprit du sportman se dirige toujours vers le champ de courses; l'intérêt de famille appelle l'attention sur les incidents du cercle domestique.

Un simple fait auquel nous avons assisté délibérément est souvent de nature à s'imprimer sur la mémoire pour toute la vie. 11 semble que les événements humains fassent exception à la loi de répétition, c'est-à-dire qu'il ne soit pas nécessaire qu'une chose passe plusieurs fois devant l'esprit pour s'y fixer. Nous pouvons rendre compte de cette anomahe apparente. En effet, ces événements sont lents, ils occupent longtemps l'attention avant de se terminer; une simple course de chevaux, avec ses préparatifs, occupera l'esprit pendant une heure ; certaines affaires occupent l'esprit des jours et des mois, et absorbent fréquemment l'attention durant ce temps. Mais, ce qui vaut mieux encore, un grand nombre d'événements passés reviennent souvent à l'esprit; chacun de ces retours est une répétition du même événement dans l'esprit. Quand nous avons assisté à un spectacle excitant, nos pensées restent souvent occupées des détails; quand nous y revenons, nous portons notre attention sur des choses qui n'avaient d'abord reçu qu'un regard perdu, quand elles nous ont affectés pour la première fois. La répétition des événements dans l'esprit, après que la réalité s'est effacée, est un moyen puissant de fixer les événements de notre expérience personnelle. L'intérêt plus ou moins grand qui s'y attache manifeste sa puissance par le nombre plus ou moins grand des répétitions mentales qu'il provoque. Ce qui est indifférent s'efface, et l'on n'y revient plus; ce qui nous a excités autrefois, nous excite encore dans le souvenir, et occupe une grande place dans nos méditations. Tout est donc disposé pour fixer et afi'ermir dans la mémoire une série de circonstances qui ne sont pas susceptibles de se reproduire dans

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