‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 98 sur 146 · NOTRE VIE PASSÉE · texte numérisé non relu

NOTRE VIE PASSÉE

la léalilr. Nous devenons capables de nous rappeler, au b(jul(le plusieurs auuées, les évéïieineuls ([ui s'ace()uii)lissent maintenant autour (le nous; nous soniines en étal de raconter les in- <'idents relatifs ;\ notre laniille, fi notre village, à notre ville, à I école, où nous avons été élevés, aux lieux où nous traitions les aflaires, où nous trouvions nos récréations, oii nous pratiquions notre cullc; nous pouvons faire revivre dans les plus petits détails les scènes qui ont eu pour nous dans le temps un intén^t puissant, agréable ou pénible.

Les événements que nous connaissons par ouï-dire, ou pailes récits d'autrui, nous font une impression quelque peu différente. Nous n'avons plus devant les yeux les scènes réelles. 1! n'y a que des mots qui les représentent; le souvenir est modifié par les circonstances qui affectent l'association verbale. Si, par une supposition extrême, l'auditeur d'un récit se reporte par la pensée aux scènes et aux événements mêmes et peut les con- <*evoir à peu près avec autant de force que des scènes vivantes, lescbosesse passent alors comme dans le cas précédent: les mots servent à faire apparaître les scènes, puis ils passent. Mais peu de gens possèdent cette faculté de concevoir vivement dans leur réalité les détails des récits. D'ordinaire la succession des mots <run récit sert à faire tenir ensemble les événements qui y sont rapportés, et le souvenir d'un récit est un mélange d'associations, d'images et de mots.

Une bonne mémoire peut retenir l'histoire écrite. Quand le 111 des images des événements s'est rompu, la succession des mots ou des pages du livre peut suffire à le renouer; la faculté du souvenir se compose de ces deux éléments irrégulièrementcombinés.

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