CERCLES DE SENSATION A LA PEAU
rapprochés, m et n, devraient donner une sensation double parce qu'ils se trouvent dans la circonspection de deux fibres différentes. Mais il n'en est point ainsi. Les points c et cl ne produisent qu'une seule sensation : il en est de même, à plus forte raison, des points m et n.
Nous voyons par ce fait, qu'il est impossible que la limite d'expansion d'une fibre nerveuse atteigne l'étendue d'un cercle de sensation complet. Sans cela il devrait exister des limites sensibles où les faits devraient se passer comme nous venons de le dire, car si, avec les pointes du compas nous passions du cercle 1 au cercle 2, nous devrions éprouver subitement une double sensation dès que l'une des pointes dépasserait la limite d'un cercle et comme ceci n'a point lieu, il en résulte qu'il n'y a point, sur la peau, de confins sensibles dans le sens admis précédemment.
La meilleure explication de tous les faits rapportés jusqu'ici a été donnée par Ernest Henri Weber, qui a acquis tant de mérites dans cette partie de la physiologie et dans d'autres encore. Il admet que le champ d'expansion d'une fibrille nerveuse est beaucoup plus restreint que le cercle de sensation trouvé par la mensuration, en sorte que chacun de ceux-ci reçoit toujours un nombre assez considérable de fibres isolées. Si l'on irrite deux champs d'expansion nerveuse, on n'obtiendra une sensation double que lorsqu'il se trouvera entre eux un certain nombre de champs non excités. Ces champs, dont les fibres ne sont point irritées simultanément et qui sont situés entre les point irrités, amènent le cerveau à l'idée que deux points différents de la peau ont été touchés et ils indiquent en même temps, par le nombre des fibres non irritées, la distance à laquelle se trouvent les points touchés.
Fig. 3.
30 LE SENS m TOUCHER
Dans la figure 4 chaque petit hexagone représente le champ d'expansion d'une fibre nerveuse. Admettons qu'il faille douze de ces petits champs intercalaires pour obtenir une sensation double ; a et 6 se trouveront ainsi sur la limite de la sensation simple. Il en sera de même de c et de d puisqu'il faut entre eux le môme nombre de champs intercalaires. L'on reconnaît ainsi pourquoi, en promenant le compas sur la peau, la sensation ne se dédouble point tout à coup, car aussi longtemps qu'il existe douze champs intercalaires entre les pointes du compas, la sensation restera simple. Il résulte encore de cette explication, qu'un cercle de sensation n'a point de limites précises sur la peau et que l'on peut le concevoir déplacé à volonté ainsi que l'indique la ligne ponctuée de la figure , pourvu qu'il contienne le nombre nécessaire de champs nerveux dans toutes les directions.
Fig. 4.
Fig. B.
La peau est, par conséquent, divisée par les champs d'expansion nerveuse, à peu près à la manière d'une mosaïque : chaque fibre nerveuse correspond à un petit champ de la mosaïque que nous pouvons désigner comme l'arrondissement tactile de cette fibre. L'attouchement d'un de ces arrondissements tactiles produit la représentation d'un lieu bien déterminé de la peau, mais lorsque deux champs sont touchés en môme temps, il n'en résulté pas nécessairement une sensation double, parce que nous